Chœur V’là l’Bon Vent est un ensemble choral québécois fondé en 1958 à Québec par Gilles Julien et François Provencher. Actif pendant plusieurs décennies, l’ensemble associe le chant à la danse et à la mise en scène et présente notamment un répertoire canadien et francophone. Il donne des concerts et participe à des festivals et à des tournées au Canada et à l’étranger. Au début des années 1960, il devient le premier chœur canadien à participer aux Choralies de Vaison-la-Romaine, en France.

Fondation et historique

Le Chœur V’là l’Bon Vent est fondé en 1958 à Québec par Gilles Julien, président, et François Provencher, directeur musical. En 1960, le chœur s’affilie au mouvement À Cœur Joie .

Constitué en corporation sans capital-actions par lettres patentes en date du 10 avril 1961, le Chœur V’là l’Bon Vent voit son existence juridique confirmée par un avis publique dans la Gazette officielle du Québec du 10 juin 1961 .

Le chœur réunit des choristes amateurs sous une direction musicale et fait appel à des musiciens pour l’accompagnement .

Le développement du chœur est étroitement lié à l’implication de François Provencher, qui en assure la direction musicale tout en poursuivant ses activités professionnelles, notamment à Radio-Canada.

Sous la direction artistique de Diane Lapierre, l’ensemble est également désigné comme la « Troupe V’là l’Bon Vent » .

En 1972, le Chœur V’là l’Bon Vent poursuit ses activités au Québec et à l’étranger. Une trentaine de ses membres participent à une semaine chantante internationale au Maroc, réunissant environ 400 choristes de plusieurs pays. La même année, le chœur accueille à Québec une chorale et un groupe de danseurs folkloriques irlandais rencontrés à Toronto en 1966

.

Organisation

Le chœur est administré par un conseil d’administration .

V’là l’Bon Vent se compose de trois volets : la Troupe, le Chœur et la Troupe-École, réunissant notamment des choristes amateurs et des musiciens professionnels .

Nathalie Angers, présidente François Cormier, vice-président et coordonnateur artistique Valérie Tremblay-Roy, administratrice et coordonnatrice artistique Janika, administratrice et coordonnatrice du chœur et de l’école Nathalie Labonte, administratrice

Formation

La formation occupe une place importante dans les activités de V’là l’Bon Vent. En 1983, Diane Lapierre décrit le chant choral comme une « véritable dynamique de groupe », dans laquelle le goût de chanter rassemble les participants. Elle présente également V’là l’Bon Vent comme une école où chacun apprend à développer différentes facettes de sa personnalité. Les critères de la troupe sont alors devenus plus exigeants sur le plan de la voix et de la capacité de jouer sur scène .

Cette dimension de groupe est également relevée en 1979, alors que Le Nouvelliste attribue notamment la permanence de V’là l’Bon Vent à la ténacité de ses membres et à la cohésion du groupe .

La formation destinée à la relève se développe avec la création de la Troupe-École V’là l’Bon Vent en 1999. En 2002, Le Soleil indique que celle-ci permet aux jeunes de 7 à 17 ans de s’initier à différentes formes d’arts traditionnels et de participer aux productions de la Troupe

.

Orientation artistique et répertoire

Le répertoire de V’là l’Bon Vent est en partie folklorique, mais se compose principalement de chansons populaires d’expression française, notamment québécoises .

Le répertoire comprend également des chansons québécoises, notamment des œuvres de chansonniers québécois arrangées pour le chœur .

En 1979, Le Soleil présente V’là l’Bon Vent comme un ensemble dont l’un des objectifs est de faire connaître et aimer la chanson .

En 1983, Le Soleil décrit l’évolution de la présentation scénique de V’là l’Bon Vent, le chant étant associé à la mise en scène sous la direction de Diane Lapierre .

Direction et personnes marquantes

Période Gilles Julien (1958–1964)

Cofondateur du Chœur V’là l’Bon Vent en 1958 avec François Provencher, Gilles Julien en est le président fondateur. Sous sa présidence, 129 membres du chœur effectuent une tournée de 21 jours en France en 1962 .

En 1964, Gilles Julien annonce ne plus pouvoir s’occuper activement du chœur. Guy Côté lui succède à la présidence, tandis que François Provencher demeure directeur musical .

Gilles Julien poursuit par la suite ses activités dans le chant choral. En novembre 1966 est formé l’Ensemble vocal Gilles Julien, qui prend ensuite le nom de Les Nomades .

Installé à Blackburn Hamlet en 1971, Gilles Julien dirige la chorale de l’église Saint-Claude. Celle-ci devient au cours de sa troisième saison Les Chansonniers de Gloucester, dont il est cofondateur et directeur musical. Un portrait publié en 1989 rappelle également qu’il développe dès l’âge de 16 ans un goût pour les chorales et une passion pour la chanson française et la musique .

Période François Provencher (1958–1973)

François Provencher compte parmi les fondateurs du Chœur V’là l’Bon Vent réunis à Tewkesbury (Québec) le 20 juillet 1958. Il en devient le premier directeur et chef et assure la direction musicale de l’ensemble pendant une quinzaine d’années

. En 1962, sous la direction musicale de François Provencher, V’là l’Bon Vent participe aux Choralies de Vaison-la-Romaine, en France, devenant le premier chœur canadien à prendre part à cette rencontre. L’intégration de la chorégraphie et du mouvement à ses prestations y attire notamment l’attention .

En 1967, François Provencher dirige le grand chœur lors de la Journée de la musique de l’Expo 67 à Montréal. À cette occasion est également présent César Geoffray, fondateur du mouvement À Cœur Joie, auquel l’Alliance chorale canadienne est alors affiliée .

En 1970, sous la direction de François Provencher, V’là l’Bon Vent effectue deux séjours au Japon. Un groupe de 75 chanteurs se rend notamment à l’Expo '70 à Osaka où le chœur donne des concerts aux pavillons du Québec et du Canada, avant de poursuivre sa tournée dans plusieurs villes japonaises, dont Kyoto, Nagasaki et Tokyo

.

En 1971, V’là l’Bon Vent entreprend sa quatrième tournée européenne depuis sa fondation. Le chœur se rend en France et en Suisse et donne notamment des concerts à Dijon, Lausanne et Genève .

Période Diane Lapierre (1973–2015)

En 1973, Diane Lapierre prend la direction artistique et musicale du Chœur V’là l’Bon Vent, succédant à François Provencher .

En 1975, V’là l’Bon Vent participe au Festival international de Carthage, en Tunisie

.

En 1978, Diane Lapierre décrit l’évolution progressive de V’là l’Bon Vent depuis la chorale traditionnelle vers une forme de spectacle associant au chant le mouvement, la danse et le mime. La troupe compte alors 60 membres répartis en deux équipes, l’une pouvant assurer la partie musicale pendant que l’autre danse ou mime des scènes illustrant les chansons .

La même année, environ 60 % des chansons présentées par V’là l’Bon Vent sont québécoises. Diane Lapierre indique vouloir promouvoir la chanson québécoise tout en ouvrant la troupe au monde. Après plusieurs tournées en Europe, au Japon et en Afrique du Nord, le répertoire comprend des chansons dans dix langues différentes. Le groupe revient alors d’une tournée de six spectacles en Allemagne et en Alsace .

En 1981, la Troupe V’là l’Bon Vent participe à l’émission spéciale Perry Como’s French-Canadian Christmas, tournée au Québec avec le chanteur américain Perry Como .

En 1983, à l’occasion du 25e anniversaire de V’là l’Bon Vent, la troupe effectue du 15 au 29 juillet une tournée en France comprenant six spectacles dans six villes. À cette date, ses tournées l’ont menée dans 60 villes d’Amérique, d’Europe, d’Afrique et d’Asie .

En 1986, une cinquantaine de membres de la Troupe V’là l’Bon Vent entreprennent sa 14e tournée, la première dans l’Ouest canadien depuis 1967. Le parcours comprend Vancouver, Victoria (Colombie-Britannique) et Calgary, avec 15 spectacles en autant de jours. À Vancouver, la Troupe se produit à Expo 86

.

En 1988, V’là l’Bon Vent se produit à l’Expo 88, à Brisbane, en Australie, où la troupe donne plusieurs représentations sur les scènes du River Stage et de l’Amphitheatre .

En 1992, V’là l’Bon Vent se produit au pavillon du Canada lors de l’Exposition universelle de Séville, en Espagne .

La formation destinée à la relève se développe avec la création de la Troupe-École V’là l’Bon Vent en 1999. En 2002, Le Soleil indique que celle-ci permet aux jeunes de 7 à 17 ans de s’initier à différentes formes d’arts traditionnels et de participer aux productions de la Troupe .

En 2005, Diane Lapierre est reçue à l’Académie des Grands Québécois dans le secteur culturel, alors qu’elle est directrice générale et artistique de V’là l’Bon Vent .

En 2015, Diane Lapierre partage la direction générale et artistique de V’là l’Bon Vent avec Jean-Yves Mailloux, amorçant une transition à la direction de la troupe .

Collaborations et encadrement musical

En septembre 1966, François Provencher demande au pianiste Gilles Breton de devenir pianiste du Chœur V’là l’Bon Vent .

En décembre 1972, François Provencher quitte V’là l’Bon Vent. Diane Lapierre prend alors la direction du chœur en collaboration avec le pianiste Gilles Breton .

En , le quotidien Le Soleil mentionne le pianiste accompagnateur Gilles Breton (pianiste) dans le cadre des activités du Chœur V’là l’Bon Vent, alors dirigé par Diane Lapierre, à l’occasion d’une saison de concerts en préparation. Cette mention souligne le rôle de l’accompagnement musical dans le travail choral de l’ensemble durant cette période« Une année importante s’annonce pour le chœur V’là l’Bon Vent », Le Soleil, 24 janvier 1975, cahier C, p. C4, Bibliothèque et Archives nationales du Québec..

Rayonnement et activités

Le Chœur V’là l’Bon Vent participe à la vie culturelle du Québec par des concerts, des prestations publiques et des projets liés au chant choral. Ses activités s’inscrivent dans le mouvement de diffusion de la chanson francophone et du chant collectif qui marque le paysage culturel québécois à partir des années 1960.

Le chœur est mentionné dans des publications spécialisées, notamment la revue Chanter de l’Alliance chorale du Québec, qui documente le développement du mouvement choral au QuébecAlliance chorale du Québec, Revue Chanter, articles et dossiers consacrés aux chœurs et au mouvement choral au Québec..

Le Chœur V’là l’Bon Vent dispose d’un fonds d'archives conservé dans les fonds d'archives de la Ville de Québec, situés notamment à la bibliothèque Gabrielle-Roy (4,19 m de documents textuels; photographies; cote : P035) .

Des dépliants d’information du chœur sont conservés dans ce fondsDépliants d'information du Chœur V’l’Bon Vent, consultés aux archives de la Ville de Québec, [année]..

Activités documentées dans la presse

La participation du chœur à des événements culturels publics est attestée par la presse québécoise dès le milieu des années 1970. En janvier et en , V’là l’Bon Vent figure à la programmation culturelle publiée par le quotidien Le Soleil, notamment dans le cadre d’un concert conjoint avec la Gendarmerie royale du Canada au Grand Théâtre de QuébecCalendrier artistique, Le Soleil, 29 janvier 1976, Bibliothèque et Archives nationales du Québec.« Arts et spectacles », Le Soleil, octobre 1976, Bibliothèque et Archives nationales du Québec..

En 1977, le Chœur V’là l’Bon Vent est de nouveau mentionné dans les pages culturelles du quotidien Le Soleil à l’occasion d’un concert inscrit à une programmation publiqueProgrammation culturelle, Le Soleil, 12 juillet 1977, Bibliothèque et Archives nationales du Québec..

Le 2 décembre 1978, le Chœur V’là l’Bon Vent participe à une soirée culturelle organisée à l’occasion du 30e anniversaire de la Déclaration des droits de l’homme, avec le groupe Yasu. Les profits de la soirée sont remis à Amnistie internationale. Le spectacle a lieu à l’auditorium du cégep de Sainte-Foy .