Veronique « Vjera/Vera » Bakotic-Mijuškovic (Šibenik, – Beograd, ) fut une partisane yougoslave, une linguiste, une traductrice de l'italien et du français vers le serbe, et la première épouse de Konstantin Koča Popović.

Biographie thumb|Trois générations de la famille Bakotic de Kaštelan-Beograd : le grand-père Ignacije ; le fils Lujo (Alojzije) ; la petite-fille Veronique Vjera Bakotic Mijuškovic

Veronique naît à Šibenik, en Croatie, dans une famille serbo-catholique originaire de Kaštel Gomilica. Vjera vient d'un milieu instruit : son grand-père et son père étaient tous deux avocats, titulaires de doctorats obtenus à Vienne et à Graz. Son père, Lujo Bakotić, fut diplomate au service du Royaume de Serbie. Sa mère meurt lorsqu'elle a deux ans ; elle et ses sœurs sont élevées à Split, par leur grand-mère, la marquise italienne Adele Gravizi di Pjetra Peroza Bakotić ; elles sont envoyées ensuite dans un pensionnat suisseСтанко Кораћ: "Преглед књижевног рада Срба у Далмацији", Загреб 1987..

Vjera fréquente l'école primaire et secondaire de Rome ; son père est ministre auprès du Vatican ; elle poursuit ses études à la Faculté de Philosophie de Belgrade, obtient en 1938 un diplôme en études romanes. Au cours de ses années universitaires, elle s'engage dans le mouvement étudiant progressiste, assume la présidence de l'Association des Étudiants en Langue et Littérature Françaises et collabore à des publications : Žena danas et Naša stvarnostKecman (1978), p. 273.

Seconde Guerre mondiale Durant la Seconde Guerre mondiale, Vjera est à Belgrade en situation irrégulière. Au début de l'année 1942, elle est arrêtée par la Police Spéciale. Au printemps 1944, elle contacte le mouvement de résistance et rejoint les partisans. Elle est nommée à la tête du « Département de Propagande de Presse de la Deuxième Division Prolétarienne » et intégrée aux activités du Parti. Elle est démobilisée en 1946, et affectée à Tanjug, puis au « Comité Central du Front des Femmes Antifascistes de Yougoslavie », au Département des Relations ExtérieuresБАКОТИЋ-МИЈУШКОВИЋ ВјераWomen in Serbia in NOB (1975), p. 328.

Vie professionnelle À sa demande, en , elle est mutée à la Faculté de philosophie (désormais Faculté de Philologie) de l'Université de Belgrade. Elle donne des cours de théorie de la littérature durant les deux premières années, au département de Langue et Littérature Serbo-Croates.

À compter de 1950, elle exerce au département d'Études Italiennes, d'abord comme chargée de cours, puis, jusqu'à son départ à la retraite, en qualité d'associée professionnelle seniorYugoslav contemporaries: Who's who in Yugoslavia (1970), p. 82.

Elle traduit un certain nombre d'œuvres relevant des domaines de la fiction, des essais, de la philosophie et de la littérature dramatique, depuis l'italien et le français : Leonardo da Vinci, Giordano Bruno, Girolamo Savonarola, Alberto Fortis, Niccolò Machiavelli, Angelo Beolco Rucante, Carlo Goldoni, Luigi Pirandello, Francesco de Sanctis, Edmondo de Amicis, Lionelo Venturi, Alberto Moravia, Stendhal, Balzac, Henri Lefebvre, Giraud, etc.

Elle est l'auteur de nombreux avant-propos, critiques, articles et essais, dans la littérature et la culture italiennes. Elle s'adonne également à la critique théâtrale. Elle remporte un prix au Concours d'Essai Littéraire pour les Italianistes étrangers à Pérouse en 1956. Le Théâtre National Serbe de Novi Sad représente la pièce L'histoire de Rucante après son retour du champ de bataille et La mouche dans sa traduction.

Vie personnelle

thumb|De gauche à droite : Vjera Bakotic, Paul Eluard accompagné de son épouse et Koča Popović. Paris, 1939.|left

Vjera Bakotic fait la connaissance de son premier époux, Konstantin « Koča » Popović, en 1930. Ils se marient en à Novi Sad. Le couple entretient des liens avec le mouvement surréaliste, Vjera figurant dans des œuvres de l'artiste surréaliste Vane Bor en 1931.

thumb|Auteur : Stevan Živadinović (Vane Bor), 1931.

Après la guerre, Koča Popović demande le divorce, sur injonction du parti. La même année, Vjera se maria avec son collègue de Tanjug, Marko Mijušković et restera avec lui jusqu'à la mort de celui-ci en 1989.

En 1988, pour son quatre-vingtième anniversaire, Koča Popović publie l'ouvrage Notes sur la Guerre. Il renferme, outre les événements, . L'héritage de Konstantin-Koča Popović et de Leposava Perović conserve la correspondance amoureuse entre Vera et KočaЛегат Константина-Коче Поповића и Лепосаве-Лепе Перовић (Историјски архив Београда).

thumb|Vjera Bakotić, dessin au crayon sur papier ; auteur Koča Popović, 1931.

Bibliographie

Encyclopédie de Yougoslavie, (tome premier). Institut lexicographique yougoslave, Zagreb, 1955.

Personnalités yougoslaves contemporaines : Qui est qui en Yougoslavie ?, Chronomètre, Belgrade, 1970.

Les femmes de Serbie dans la NOB, Nolit, Belgrade, 1975.

Jovanka Kecman, Les femmes yougoslaves dans le mouvement ouvrier et les organisations féminines (1918-1941), Institut d'histoire contemporaine de Belgrade et Narodná knjiga, Belgrade, 1978.

Références

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