La bataille de Rossignol fait partie d'un , une des composantes de la bataille des Frontières. Elle a lieu le autour du village de Rossignol, en Gaume (l'extrémité sud-est de la Belgique).

Il s'agit d'une bataille de rencontre entre des unités françaises et allemandes, se concluant par une victoire allemande et par la quasi destruction d'une des divisions du colonial français.

Signification stratégique Le combat résulte de la rencontre, presque à l'aveugle en raison du brouillard matinal, entre les forces allemandes et les forces françaises, les premières ayant reçu l'ordre de marcher vers le sud dans le cadre du mouvement tournant du plan Schlieffen, les secondes vers le nord comme première étape d'une offensive préparée par le plan XVII.

La française a reçu pour ordre de se rendre en une étape sur une ligne Gedinne-Paliseul-Offagne-Bertrix et Florenville. Elle s'avance donc sur plusieurs axes, dont deux confiés au corps colonial, avec en tête : la d'infanterie coloniale sur l'axe Gérouville-Neufchâteau ; et la d'infanterie coloniale (réserve du corps colonial) sur l'axe Suxy-Neufchâteau.

À sa gauche, la d'infanterie du d'armée avance sur l'axe menant à Léglise par Bellefontaine et Tintigny. À sa droite se trouve le d'armée qui progresse vers Virton. En deuxième échelon et en réserve d'armée, la d'infanterie coloniale qui a reçu comme consigne de ne pas dépasser Jamoigne.

Ordre de bataille

vignette|Panorama de la commune des Bulles en Belgique avant 1909. Côté allemand, il s'agit des (commandée par le général von Weber) et d'infanterie (général Chales de Beaulieu) appartenant au d'armée (général von Pritzelwitz) de la armée du Kronprinz.

Côté français, c'est essentiellement la d'infanterie coloniale (général Raffenel), avec la participation tardive et marginale de la d'infanterie coloniale (général Leblois), deux divisions appartenant au corps colonial (général Lefèvre) et à la armée française (général Langle de Cary).

Déroulement tactique Au matin du , les avant-gardes françaises, après avoir franchi la Semois, remontent en colonne la route au nord de Rossignol et s'engagent dans la forêt de Chiny. Vers du matin, elles tombent sur des éléments allemands (du d'infanterie) disposés en embuscade de part et d'autre de la route.. Les fantassins de la de la d'infanterie coloniale française et les unités de la d'infanterie allemande se déploient et s'affrontent alors dans la forêt. Mais côté français, seule cette brigade formant la tête de colonne peut être pleinement engagée, car la troisième brigade coloniale est bloquée plus au sud au pont de Breuvanne par l'artillerie de la d'infanterie allemande (qui a passé la rivière à Tintigny, plus à l'est)..

Une partie de la division française se retrouve donc bloquée autour de Rossignol ; la est rejetée de la forêt vers et se replie autour du village et à l'intérieur de celui-ci. Le général de division, Raffenel, meurt pendant l'après-midi, remplacé par le général de brigade Charles Rondony. Une tentative de retraite des restes de la est dispersée par une grêle d'obus et de balles. Après un long pilonnage, l'infanterie allemande donne l'assaut au village de Rossignol en début de soirée : les soldats français survivants sont faits prisonniers, dont les deux généraux de brigade Charles Félix Eugène Montignault et Charles Rondony (tous deux blessés, le second meurt dans la nuit), tandis que les du régiment d'artillerie divisionnaire sont pris par les troupes allemandes.

Les éléments de la d'infanterie coloniale qui ont réussi à s'échapper sont eux bloqués à Breuvanne, ainsi que quelques groupes dispersés qui ont traversé les lignes allemandes à la faveur de la nuit. Le drapeau du d'infanterie coloniale est démonté, la soie cachée sous la capote d'un sergent ; celui du est enterré à la lisière sud d'Orsinfaing (hameau à l'est de Rossignol).

Sept mille Français sont tués dans la bataille. Parmi les victimes les plus connues, on compte l'écrivain Ernest Psichari, petit-fils d'Ernest Renan.

Lendemains Les Allemands regroupent en soirée ainsi que le lendemain leurs à la sortie nord de Rossignol, en un lieu-dit dénommé depuis « Camp de la Misère », jusqu'à leur départ en captivité le . Les civils sont réquisitionnés pour enterrer les cadavres des humains et des chevaux dans des fosses communes. Ces fosses furent regroupées en 1917 aux frais des communes dans trois cimetières, dont deux subsistent...

La retraite de la française se poursuit le lendemain, avec, comme instruction de coordination, la consigne de rester au niveau des et pour éviter toute menace sur leur flanc. Le au matin, les restes de la coloniale française sont regroupés en France à Margut sous les ordres d'un colonel. La ( et d'infanterie coloniale) ne compte plus à cette date que , sur les avant le matin du 22.. Le même jour, toute la armée retraverse la Chiers. Cette retraite en bon ordre se poursuit jusqu'à la bataille de la Marne.

Le , de Rossignol, huit de Breuvanne et cinq de Saint-Vincent sont fusillés le long du chemin de fer, accusés par les Allemands d'avoir tiré sur leurs troupes..

Notes et références

Voir aussi Bibliographie . . . Abbés Jos. Hubert et Jos. Neujean, Le drame de l'invasion allemande dans le Luxembourg belge. Rossignol, Imprimerie Duculot-Roulin, Tamines, 1929, 226 pp. . . Jean-Michel Steg , Le jour le plus meurtrier de l'histoire de France : 22 août 1914, préface de Stéphane Audoin-Rouzeau, Editions Fayard, 2013, 254 p,

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Articles connexes Bataille des Frontières Bataille de Dinant (1914) Ernest Psichari

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