John Warren Davis (né le et mort le ) est un enseignent, président d'une université historiquement noire. De 1919 à 1953, il a exercé la présidence de l'Université d'État de Virginie-Occidentale à . Militant des droits civiques américain, il a combattu la ségrégation dans les universités américaines.
Biographie Né à Milledgeville, il s'installe à Atlanta en 1903 et étudie à l'université d'Atlanta Baptist College (devenu plus tard le Morehouse College ). Il obtient une licence ès lettres en 1911 et se lie d'amitié avec John Hope, Mordecai Wyatt Johnson, Samuel Archer, Benjamin Griffith Brawley, Booker T. Washington et W.E.B. Du Bois. Il poursuit ses études par un master en chimie et en physique à l'Université de Chicago de 1911 à 1913 puis travaille à Morehouse en tant que registraire d'université et professeur de chimie et de physique. Pendant son séjour à Atlanta, dans le Sud américain ségrégué, John Davis a été en proie à la discrimination raciale, notamment en étant forcé de quitter une ville du Mississippi sous la menace d'une arme pour être entré dans un magasin qui refusait de servir les Afro-Américains, et en étant empêché d'assister à une conférence à l'Université d'Etat de Géorgie par le Ku Klux Klan. John Davis fonde l'une des premières sections locales de la National Association for the Advancement of Colored People (NAACP).
De 1917 à 1919, Davis occupe le poste de secrétaire exécutif de la à Washington. Il est ensuite élu président de l'Université d'état de Virginie occidentale. Sous sa direction, l'établissement devient l'un des plus prestigieux collèges et universités historiquement noirs et universités d'agronomie aux États-Unis, tant sur le plan académique que sportif. L'Université d'état de Virginie occidentale devient ainsi le premier établissement supérieur afro-américain à obtenir l'accréditation de la (NCA) en 1927. Sous sa direction, le collège accueille des élèves sourds et aveugles de couleur, ainsi que le service de vulgarisation agricole de Virginie-Occidentale destiné aux Afro-Américains. John W.Davis obtient également, pendant la Seconde Guerre mondiale, une unité du Programme de formation des pilotes civils (CPTP) et un programme de formation spécialisée de l'armée (ASTP). En 1954, John Davis refuse la subvention de 4 millions de $ qui lui est proposée pour créer un cursus de Master dans l'Université qu'il préside et qui ne propose pas à l'époque de formation au-delà du niveau licence. Son but est, en effet, de mettre fin à la ségrégation dans les études supérieures dans l'État de Virginie occidentale et de créer des établissements non-ségrégués comme il en existe déjà dans le nord et l'ouest du pays. Il négocie pour cela, avec le gouverneur démocrate , l'admission de 3 étudiants noirs dans un cursus de Master et sélectionne, en , trois étudiants afro-américains, deux juristes et la mathématicienne Katherine Johnson qui se voient proposés d'entrer l'Université de Virginie-Occidentale . John Davis a ensuite jeté les bases de la transition de l'Université d'État de Virginie-Occidentale vers une institution non-ségréguée et les étudiants blancs ont commencé à s'inscrire en grand nombre vers la fin de sa présidence. En 1965, les étudiants blancs représentaient 71 % des effectifs de l'université.
Le président américain Harry S. Truman nomme Davis membre fondateur du premier Conseil national des sciences de la Fondation nationale pour la science (NSF), où il siège de 1950 à 1956. Par ailleurs, le président Truman le nomma directeur du programme d'administration de la coopération technique au Libéria de 1952 à 1954. Davis contribua à la création du Fonds de défense juridique et d'éducation de la NAACP (NAACP LDF) et fut directeur spécial du Programme d'information et de sécurité des enseignants du NAACP LDF de 1955 à 1972. Plus tard, Davis est nommé à la Commission nationale américaine pour l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO). Il a continué de travailler comme consultant actif pour le NAACP LDF et à diriger son fonds Herbert Lehman, jusqu'à sa mort en 1980.
Hommages et récompenses Davis a reçu 14 doctorats honorifiques au cours de sa vie , en lettres et en droit, et a été décoré de l'Ordre national d'honneur et de mérite d'Haïti (en 1948) et de l'Ordre de l'Étoile d'Afrique du Libéria (en 1955) pour ses services rendus à ces pays.
Autres engagements Davis était membre des fraternités et Phi Beta Kappa, ainsi que franc-maçon du Rite écossais ancien et accepté et de Prince Hall.
East Hall alt=Photograph of a white two-story frame building with a front porch with green tree branches and dappled shade in the foreground|vignette|East Hall, la résidence de Davis à l'Université d'État de Virginie-Occidentale de 1919 à 1953 Durant ses 34 années à la tête de l'Université d'État de Virginie-Occidentale, Davis a habité à East Hall, sur le campus. En 1937, il fait déplacer la maison de l'est du campus, afin de libérer de l'espace pour un nouveau bâtiment d'éducation physique. Selon sa seconde épouse, Ethel Johnson, le couple organisait des réceptions dans la grande véranda d'East Hall, notamment pour les dignitaires de passage et les étudiants de première et de dernière année . Parmi leurs invités figurent Eleanor Roosevelt, Langston Hughes, W.E.B. Du Bois, George Washington Carver et Ralph Bunche. La maison a été classée monument historique.
Voir aussi Articles liés Katherine Johnson Bibliographie
Notes et références
Catégorie:Étudiant de l'université de Chicago Catégorie:Fonctionnaire de l'UNESCO Catégorie:Membre de la National Association for the Advancement of Colored People Catégorie:Étudiant du Morehouse College Catégorie:Universitaire américain du XXe siècle Catégorie:Naissance à Milledgeville (Géorgie) Catégorie:Naissance en février 1888 Catégorie:Décès en juillet 1980 Catégorie:Décès à 92 ans