Le massacre de Guidado est un massacre survenu le pendant la crise anglophone au Cameroun.

Contexte

Ce massacre survient dans un contexte de recrudescence de violences depuis plusieurs mois dans la région anglophone du Nord-Ouest du Cameroun, en proie à un conflit séparatiste. Le conflit éclate fin 2016 après que le président Paul Biya a violemment réprimé des manifestations pacifiques d'anglophones des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, qui se sentaient marginalisés dans ce pays majoritairement francophone.

Les enlèvements et les assassinats d'élus, de fonctionnaires et d'enseignants accusés de collaborer avec le gouvernement sont fréquents dans la région du Nord-Ouest. L'armée et la police sont accusées de mener des expéditions punitives contre ceux qu'elles soupçonnent de sympathiser avec les séparatistes.

Selon Human Rights Watch (HRW), au moins sont tués par les forces gouvernementales et les combattants séparatistes depuis le début du conflit. Les séparatistes sont particulièrement actifs dans la région du Nord-Ouest.

Déroulement Le , vers 5 heures du matin, des hommes armés identifiés comme appartenant à des groupes séparatistes font irruption dans le quartier Guidado à Ndu, dans le département du Donga-Mantung de la région du Nord-Ouest, à une quarantaine de kilomètres de la frontière avec le Nigeria, ciblant des membres de la communauté peule Mbororo. Les assaillants, venus du département du Bui, ouvrent le feu et tuent 14 personnes, dont un homme de 40 ans, six femmes et sept jeunes enfants âgés de 2 à 11 ans. Selon le gouverneur de la région du Nord-Ouest, Adolphe Lele Lafrique, des bâtiments, greniers et véhicules sont aussi incendiés, une mosquée est criblée de balles, et quinze vaches sont abattues.

Les assaillants auraient agi en représailles à la neutralisation d'une douzaine de leurs membres par les forces armées camerounaises, dont le chef de bande connu sous le nom de , impliqué dans des enlèvements contre rançon dans la région de Ndu. Les séparatistes accusent la communauté Mbororo de collaborer avec l'armée et de fournir des informations qui ont conduit à l'embuscade meurtrière contre leurs hommes.

Bilan humain Le , le gouverneur de la région du Nord-Ouest, Adolphe Lele Lafrique, déclare à la radio publique CRTV : . Il ajoute : .

Selon un chef local, , dont , sont tuées.

Le , le maire de Ndu, Abdou Kanfon Borno, membre du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), le parti au pouvoir, déclare à RFI que l'un des blessés était décédé, portant le nombre total de morts à 15, selon lui. Il précise qu'ils appartenaient tous à la même famille.

Victimes

Alhadji Juli, 60 ans Adama Alhadji, 70 ans Hajara Alhadji, 48 ans Adama Suli, 50 ans Bibba Alhadji Tadi, 39 ans Jamilatou Amadou Tadi, 21 ans Asmau Amadou Tadi, 9 ans Nana Khadija Amadou Tadi, 6 ans Raihana Tadi, 2 ans Aboubacar Amadou Tadi, 17 ans Laditafou Tura, 29 ans Mohamadou Aminou Dairou, 2 ans Basirou Jubairou, 10 ans Mohamadou Gaddafi Ali, 11 ans.

Réactions nationales Les autorités militaires condamnent l'attaque, qualifiée de , et réaffirment leur engagement à protéger les populations civiles dans les régions anglophones du Cameroun.

Le Premier ministre Joseph Dion Ngute déclare sur X : . Il conclut en disant : .

Dans un communiqué, le Front social démocrate (FSD) se déclare . Le FSD indique qu'. Le FSD appelle à une cessation immédiate des attaques contre les populations et à des mesures . pour protéger les civils dans les régions affectées par le conflit . Le FSD demande également que les responsables de la tuerie soient identifiés et traduits en justice.

L'avocate Michèle Ndoki déclare sur Facebook : . Elle conclut en disant : .

La Mbororo Social and Cultural Development Association (Mboscuda) dit condamner des attaques , ainsi que des enlèvements contre rançon et des meurtres visant des Mbororo dans la région du Nord-Ouest. L'organisation attribue ces violences aux séparatistes et affirme disposer de statistiques cumulées faisant état de centaines de victimes et de dégâts matériels importants au sein de la communauté. Dans le même communiqué, le secrétaire général de la Mboscuda, Oumarou Sanda, demande au gouvernement .

L'avocat Felix Agbor Balla souligne la présence d'enfants parmi les victimes. Il rappelle que le ciblage délibéré de civils constitue une violation grave du droit international humanitaire et du droit international des droits de l’homme, et affirme qu’aucun objectif politique ne saurait justifier un massacre de non-combattants.

Le , une délégation se rend à l'Immeuble Étoile de Yaoundé. Le lamido de Didando déclare : et ajoute qu'ils sont . Le Premier ministre Joseph Dion Ngute condamne cet . Selon les propos rapportés, l'État s’engage aussi à soutenir et à renforcer la sécurité dans la région. La délégation ajoute en déclarant : .

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