La crise du Groenland débute lorsque, pendant la seconde présidence de Donald Trump, les États-Unis mènent, dans le cadre de leur politique expansionniste, une campagne visant à annexer le Groenland qui est un pays constitutif du royaume de Danemark.
Elle fait suite à une tentative d'achat du même territoire par les États-Unis, lors de la première présidence de Donald Trump, rejetée par le gouvernement Lars Løkke . Durant la seconde présidence de Donald Trump, ces revendications se font plus insistantes, la Maison-Blanche déclarant que les États-Unis et que l'usage de la force .
En réaction, plusieurs pays européens participent à l'opération Endurance arctique, menée par le Danemark et servant à la fois à dissuader les États-Unis et à rassurer ces derniers quant à la puissance de l'Europe pour défendre le Groenland face à la Russie ou la Chine. Les États-Unis menacent alors les participants à l'opération de droits de douane.
Le , Donald Trump affirme renoncer à ces droits de douane, ainsi qu'à l'utilisation de la force pour acquérir l'île danoise, préférant entamer des négociations pour parvenir à un accord.
Motivations Officiellement, les États-Unis estiment que les Forces armées danoises ne sont pas capables de défendre le Groenland, et que, s'il n'est pas annexé par les États-Unis, il deviendra chinois ou russe.
Pékin et Moscou, de leur côté, nient toute velléité impériale. Le , le ministère chinois des Affaires étrangères assure que . Pour la diplomatie russe, la prétendue menace est un . Les spécialistes français confirment de leur côté l'absence de velléités russes ou chinoises d'agression du GroenlandAlexandre Jubelin, Mikaa Blugeon-Mered, « Groenland : trois semaines de folie, et après ? », Le Collimateur, Le Rubicon, 27 janvier 2026 ; les idées reçues courantes sur le sujet sont détaillées à partir de 1:50:00..
Le , une enquête de l’Organized Crime and Corruption Reporting Project (OCCRP) indique que les motivations américaines ne se limitent pas aux arguments sécuritaires officiels. Elles relèvent aussi d’intérêts économiques privés liés aux minerais critiques. L’enquête révèle que d’anciens proches collaborateurs de Donald Trump détiennent des participations dans GreenMet (Greentech Minerals Holdings Inc.). Cette société est impliquée dans un projet d’exploitation de terres rares au Groenland, via un partenariat conclu en 2025 avec Tanbreez Mining Greenland A/S. Parmi les actionnaires figurent George Sorial et Keith Schiller, deux ex-cadres de la Trump Organization, ainsi que Drew Horn, ancien responsable de la sécurité nationale sous Trump. L'OCCRP souligne que le projet recherche et obtient un soutien politique et financier d’institutions fédérales américaines. Ces éléments alimentent de sérieux soupçons de conflits d’intérêts et renforcent l’idée que la pression exercée par l’administration Trump sur le Groenland profite à un cercle restreint d’alliés économiques plutôt qu’à des impératifs stratégiques collectifs.
Contexte
vignette|redresse|gauche|Localisation du Groenland au sein du Danemark.
Le Groenland est un pays et territoire d'outre-mer du royaume de Danemark ; il est associé au Danemark et à la Norvège depuis que des colons vikings se sont implantés sur l'île, en 986.. Le voit l'arrivée des populations inuit, qui représentent aujourd'hui la majorité de la population du Groenland.
La constitution danoise de 1953 change le statut du Groenland, le passant de colonie à comté. En 1979, un référendum donne l'autonomie au Groenland, lui permettant alors de constituer son propre gouvernement local.
Durant sa première présidence, Donald Trump déclare que les États-Unis devraient « acheter » le Groenland. En réponse, les gouvernements du Danemark et du Groenland déclarent que l'île n'est pas à vendre et qu'elle ne peut pas être vendue sous la constitution du pays.
Présence militaire américaine au Groenland
Politique internationale de Donald Trump
L’escalade des menaces américaines contre le Groenland a été reliée par plusieurs commentateurs au succès apparent de l’Intervention américaine au Venezuela en 2026. Certains analystes ont également établi un lien entre la crise groenlandaise et les menaces formulées par Donald Trump contre le Canada.
L’ancien premier ministre de l’Ontario et Représentant permanent du Canada auprès des Nations unies Bob Rae a déclaré que Donald Trump « ne prend pas la souveraineté du Canada au sérieux », tandis que l’ancien secrétaire principal du Premier ministre a affirmé que, bien qu’il ne croie pas à une invasion directe du Canada, « nous allons voir beaucoup de menaces, ainsi qu’un important effort d’implantation d’activités pro-américaines dans la vie canadienne par les États-Unis ».
À la mi-, NBC News a rapporté que, selon de hauts responsables américains, Donald Trump intensifiait en privé son attention sur une nouvelle cible dans l’Hémisphère occidental, se plaignant de plus en plus auprès de ses conseillers de la vulnérabilité du Canada face aux adversaires des États-Unis dans l’Arctique.
Tactiques de négociation agressives
Les tactiques de négociation agressives de Donald Trump ont suscité des comparaisons avec la théorie du fou. Selon l'analyste James D. Boys, Trump recourrait à cette approche en projetant délibérément une image d’imprévisibilité et en formulant des menaces extrêmes afin d’arracher des concessions. Il cite le Venezuela comme un exemple où la défiance aurait été sanctionnée, avertissant qu’aucun pays n’est à l’abri. Il ajoute : « J’essaierais de rester aussi loin que possible de tout ce qui touche au Groenland et à l’alliance de l’OTAN ».
Évolution Prémices en 2025 Avant même sa seconde investiture le , Donald Trump a annoncé son désir d'annexer le Groenland, considérant qu'il s'agit d'une « nécessité absolue » pour la « sécurité nationale », et refusant de s'engager à ne pas utiliser la force pour s’emparer de l'ile. Il menace également d'imposer des droits de douane sur le Danemark en cas de refus de céder le territoire. Ces déclarations provoquent une crise diplomatique et suscitent des réactions de soutien au Danemark de la part de plusieurs pays européens, dont la France et l'Allemagne. Mette Frederiksen réaffirme alors que le Groenland appartient aux Groenlandais, et maintient que À la même période, son fils Donald Trump, Jr. effectue un voyage non officiel sur l'île, distribuant des casquettes « Make America great again » et diffusant des images sur les réseaux sociaux, pour indiquer que la population locale souhaite devenir américaine. Dans les faits, les Groenlandais intéressés par le rapprochement sont très peu nombreux, quelques centaines au plus pour un pays de habitants.
vignette|Vance à la base spatiale de Pituffik le .
Le , le vice-président J. D. Vance réalise un voyage sur la base spatiale de Pituffik au Groenland, sans invitation des gouvernements danois ou groenlandais. Dans son discours devant les soldats américains présent sur place, il critique le Danemark pour ne pas avoir mais assure que , préférant conclure un accord avec l'île.
En , le Wall Street Journal rapporte que les services de renseignement américains ont reçu l'instruction de surveiller l'île, notamment le mouvement indépendantiste, ainsi que de se renseigner sur les opinions des habitants concernant l'exploitation des ressources naturelles de l'île. En réaction, Tulsi Gabbard, directrice du renseignement national, dénonce le journal pour sa diffusion d'information classifiée, mais sans nier la véracité des faits.
vignette|Drapeau de l'Union européenne brandi lors d'une conférence de presse d'Emmanuel Macron, président français, à Nuuk en , en réaction aux menaces de Trump.
En , le président français Emmanuel Macron se rend à Nuuk, où il rencontre le premier ministre groenlandais, Jens-Frederik Nielsen, et la première ministre danoise, Mette Frederiksen. C'est le premier chef d’État français à visiter le Groenland. Dans son discours, il soutient l'intégrité territoriale du Danemark, critique la volonté américaine d'annexion de l'île, et se dit prêt à effectuer au Groenland.
En , Danmarks Radio affirme qu'au moins trois citoyens américains ayant des liens avec Donald Trump étaient sous surveillance par les services de renseignement danois après des tentatives d'infiltrations du Groenland, dans l'objective de créer des divisions entre l'île autonome et le Danemark en exploitant des désaccords (réels ou inventés), soit par la présence d'agent d'influence sur le terrain, soit par de la désinformation. DR affirme qu'un des américains essayait de rédiger une liste de groenlandais qui pourraient soutenir le rattachement aux États-Unis afin de les recruter dans un mouvement sécessionniste.
En , Donald Trump nomme Jeff Landry « envoyé spécial au Groenland », un rôle informel, puisqu'il n'est pas officiellement envoyé ou diplomate, et ne dispose d'aucune accréditation danoise. Landry déclare vouloir faire du Groenland un territoire américain, et assiste sans invitation officielle à une course de luge traditionnelle. Ces actions sont fortement contestée par le Danemark, l'ambassadeur américain étant convoqué dans la foulée.
Les services de renseignement danois classent en 2025 les États-Unis comme une menace probable, au même titre que la Russie ou la Chine.
Escalade en 2026 Déclarations américaines La crise connait une escalade après la capture de Nicolás Maduro au Venezuela. Le lendemain de l'opération, alors que le sujet n'était plus vraiment mentionné depuis les premiers mois de son mandat, Trump réitère, en réponse à une question posée par un journaliste, son « besoin » du Groenland pour des questions de sécurité nationale, affirmant que l'île est remplie de navires russes et chinois, qu'il faudra s'inquiéter de l'île dans deux mois, et qu'ils en reparleront dans une vingtaine de jours. En réaction, le Danemark affirme par la voix de sa première ministre que, si les Etats-Unis attaquent un autre membre de l'OTAN, ça serait « la fin de tout », y compris de l'OTAN.
Le chef de cabinet adjoint de la Maison-Blanche, Stephen Miller, déclare que les États-Unis ont le droit de prendre le Groenland. Sa femme tweete une carte du Groenland recouverte d'un drapeau américain, accompagnée du texte « bientôt », en lettres capitales. Trois jours plus tard, la Maison-Blanche annonce discuter d'un éventail d'actions pour « poursuivre cet important objectif de politique internationale », précisant que l'option militaire est sur la table. Un officiel américain anonyme confirme à Reuters l'existence de ces discussions, les options privilégiées étant soit l'achat à un prix non indiqué, soit la signature d'un traité de libre-association avec les États-Unis, qui ne serait cependant pas une annexion. Le secrétaire d'État américain Marco Rubio annonce quant à lui que l'objectif est d'acheter l'île au Danemark. Le , Trump nie la souveraineté du Danemark sur l'île, affirmant , avant de réitérer trois jours plus tard que les États-Unis obtiendront le Groenland « d'une façon ou d'une autre », précisant bien souhaiter une acquisition, et non pas un prêt. Le lendemain, des officiels américains annoncent à la presse que des actions seront prises « dans les semaines qui suivent ». Le , le député américain Randy Fine dépose un projet de loi devant permettre au président Trump d'acheter ou d'acquérir le Groenland. Le même jour, une trentaine d’élus élaborait un texte concurrent, visant à interdire toute invasion d’un autre État membre de l’Otan. L’initiative « bipartisane » initiée par William R. Keating, regroupe 60 parlementaires au , dont seulement deux républicains, Don Bacon et Thomas Massie. Thomas Dans, commissaire américain à l'Arctique, affirme dans une interview que Trump souhaite acquérir l'île à une grande vitesse, tout en précisant cependant vouloir obtenir le soutien du peuple du Groenland.