vignette|187x187px|Halime Gülsu Halime Gülsu (1984 – ) est une enseignante d’anglais turque décédée en prison dans des circonstances controversées. Arrêtée dans le cadre des purges menées après 2016 pour des liens présumés avec le mouvement Gülen, elle serait morte en raison d’un manque d’accès aux médicaments nécessaires au traitement de sa maladie auto-immune, le lupus érythémateux systémique. Sa mort a été citée par des organisations de défense des droits humains comme emblématique d’une négligence systémique et d’abus présumés dans les établissements de détention en Turquie.
vignette|Le portrait, la robe et les médicaments d'Halime Gülsu sont exposés au musée « Tenkil ».
Biographie Halime Gülsu était une professeure particulière d’anglais originaire de Mersin, en Turquie. Elle était décrite comme pieuse et active au sein de sa communauté, et aurait apporté son soutien aux familles touchées par les arrestations massives qui ont suivi la tentative de coup d’État de 2016 en Turquie. Elle a été arrêtée le et accusée d’« appartenance à une organisation terroriste » en raison de liens présumés avec le mouvement Gülen.
Détention et décès Au moment de son arrestation, Halime Gülsu souffrait de lupus érythémateux systémique, une maladie auto-immune chronique grave nécessitant un traitement médical continu et des médicaments réguliers. Selon divers rapports et témoignages, elle aurait été privée de l’accès à des médicaments essentiels pendant sa détention. Ses anciennes codétenues affirment qu’elle est restée sans traitement pendant quinze jours et que son état de santé s’est progressivement détérioré, avec des épisodes répétés de vomissements et de fortes douleurs.
Halime Gülsu est décédée le à la prison de Tarse, dans la province de Mersin, après soixante-sept jours de détention. Sa mort a suscité une vive réaction sur les réseaux sociaux ainsi que parmi des acteurs de la société civile, en particulier ceux qui critiquaient les conditions carcérales en Turquie durant la période de l’état d’urgence instauré après la tentative de coup d’État.
Réactions et suites Le décès de Halime Gülsu a provoqué une indignation publique et de nombreuses condamnations de la part d’organisations de défense des droits humains et de parlementaires, qui ont dénoncé le système de santé pénitentiaire en Turquie. Des organisations telles que Advocates of Silenced Turkey et Broken Chalk ont cité son cas comme un symbole de la négligence médicale en détention.
Son frère, İrfan Gülsu, qui vit au Canada, a mené des campagnes internationales en son nom et a appelé à l’établissement des responsabilités des autorités, affirmant que sa sœur avait été privée des médicaments dont elle avait régulièrement besoin malgré les alertes répétées de la famille.
Controverses Alors que de nombreuses organisations de défense des droits humains soutiennent que Halime Gülsu est décédée à la suite d’une négligence médicale délibérée, les autorités turques contestent ces allégations. Le parquet de Mersin a déclaré que les médicaments nécessaires avaient été fournis et qu’aucune négligence n’avait été constatée.
Toutefois, selon certains médias indépendants, notamment Bold Medya, des éléments contradictoires indiqueraient que ses dossiers médicaux auraient été perdus ou dissimulés et que son traitement aurait été entravé. D’après ces sources, certains documents du parquet l’auraient même qualifiée de « maktül » (victime d’homicide), alimentant davantage les soupçons d’une tentative de dissimulation.
Publications En 2022, un ouvrage intitulé Halime Gülsu : Comment ai-je été tuée ? (Halime Gülsu : Nasıl Öldürüldüm ?) a été publié par Zeynep Kayadelen en collaboration avec Advocates of Silenced Turkey. Le livre rassemble des lettres et des témoignages affirmant l’existence d’une négligence systémique et détaille les circonstances entourant les dernières semaines de Halime Gülsu en prison.
Héritage Halime Gülsu est devenue une figure symbolique du discours sur les droits humains en Turquie. Son histoire est fréquemment évoquée pour mettre en lumière des problématiques plus larges telles que la négligence médicale en détention, l’emprisonnement à caractère politique et l’érosion des garanties juridiques durant la période de l’état d’urgence postérieure à la tentative de coup d’État. Des organisations de défense des droits humains, des médias indépendants et des communautés de la diaspora continuent de préserver sa mémoire et d’appeler à une enquête approfondie sur les circonstances de sa mort.
Notes et références
Catégorie:Droits de l'homme en Turquie Catégorie:Emprisonnement et détention en Turquie Catégorie:Personnalité morte en prison