Charles Perrot, né le à Khenchela en Algérie et mort pour la France à Saint-Laurent dans le département du Pas-de-Calais, le , est un poète français du début du . Son nom est inscrit au Panthéon parmi les 560 écrivains morts au combat pendant la Première Guerre mondiale.
Biographie
Jeunesse et formation Charles François Auguste Perrot, né le à Khenchela, est le fils de Vincent Perrot (1852-1918), garde général des forêts, et de Mathilde Astier (1867-).
Il commence sa scolarité au lycée de Constantine, puis au lycée d'Alger avant de venir poursuivre ses études à Paris. Après avoir achevé des études de droit, il suit les cours de l'École des sciences politiques. Il commence son service militaire au 3 régiment de zouaves à partir d', avant d'être incorporé au régiment de zouaves en . Promu caporal en , il est nommé élève officier de réserve en octobre, suit le cours spécial d' à à Amiens et devient sous-lieutenant au 37 régiment d'infanterie en .
Il travaille comme rédacteur à l'administration centrale du ministère de l'instruction publique et des beaux-arts et est attaché au cabinet du sous-secrétaire d'état aux beaux-arts à partir de 1913.
Jeune poète récompensé par la Société des gens de lettres Alexandre Arnoux dit avoir fait sa connaissance vers 1908, peu de temps avant que son premier recueil de poèmes, La Plainte intérieure, soit couronné par la Société des gens de lettres (prix Jacques-Normand) et lui ouvre les portes d'un éditeur en 1909.
Avant son service militaire, il fréquente avec son ami poète Edmond Gojon, l'atelier d'Émile Bernard situé rue Cortot à Montmartre. Il fait partie de l'équipe de rédaction d'André Germain à la revue littéraire Le Double bouquet qui parait à partir de . André Germain écrit que « à qui les lira, les vers de Charles Perrot dévoileront toutes les délicatesses, toutes les exigences aussi de son aimante nature. […] Ils laissent vibrer les nostalgies de l’heure grise et les tendresses de la pénombre, ces aveux si tremblants et si fiers qui ont presque le même élan à se dérober qu’à s’offrir ».
En 1924, un second recueil de poèmes de Charles Perrot, intitulé Les Efforts et le destin, parait aux éditions de La Renaissance du livre.
Officier de réserve tué au début de la Première Guerre mondiale Lorsqu'éclate le Première Guerre mondiale, il est mobilisé comme sous-lieutenant de la compagnie au 237 régiment d'infanterie. Après les combats du , le régiment reçoit des renforts pour compenser les pertes et il est affecté à la compagnie.
Le lieutenant-colonel Schuhler qui commandait le régiment d'infanterie rapporte que dans les jours qui suivent le , il se rend dans la cave d'une ferme près de la Targette, près d'Arras, « pour y visiter un de mes officiers, le sous-lieutenant Perrot que l’on venait d’y transporter blessé […] La blessure de Charles Perrot, un jeune poète d’avenir, n’était qu’une contusion. Il s’était dépensé sans compter pendant ces quelques jours et était arrivé au dernier degré de l’épuisement, lorsqu’il fut atteint d’une balle à la hanche qui le jeta à terre sans pénétrer. Il tomba et s’endormit. On le porta ainsi dans les caves de la ferme pour le mettre à l’abri et je l’y trouvai dormant. […] Mon brave avait atteint la limite de la résistance à la fatigue et on peut se faire une idée de son état par l’incident que je viens de rapporter à propos de l’évanouissement de Perrot ».
Quelques jours plus tard, Charles Perrot est tué à Saint-Laurent près d'Arras le « en essayant de reprendre avec sa compagnie le château de Blangy ». François de Tessan, alors adjudant dans le même régiment, est nommé pour le remplacer dans son poste de sous-lieutenant. Il raconte la mort de celui-ci et rapporte qu'on a « trouvé dans les poches de la capote du lieutenant […] un vieil exemplaire des œuvres de Racine ».
Sa citation à l'ordre de l'armée parle de lui en ces termes : « N'a cessé depuis le début de la campagne, de faire preuve de calme, d'énergie et de sang-froid. A été frappé mortellement en entraînant sa compagnie à l'attaque de maisons fortifiées ».
Peu de temps avant d'être tué, il aurait répondu à un de ses camarades du front qui l'encourageait à aller se reposer : « On n'a jamais fini de faire son devoir ». Cette phrase mentionnée dans un article de l'académicien et écrivain nationaliste Maurice Barrès sera souvent publiée pour exalter la bravoure et le sens du devoir des soldats.
Œuvres principales
Ouvrages
Publications dans des revues et journaux
Distinctions , à titre posthume, Journal officiel du
1909 : Société des gens de lettres - Prix Jacques-Normand pour La Plainte intérieure 1915 : Académie française - Prix Jules Davaine
Hommages Le nom de Charles Perrot est inscrit au Panthéon dans la liste des 560 écrivains morts pour la France. Son nom figure sur les plaques commémoratives 1914-1918 de la faculté de droit et du Ministère de la Culture et de la Communication, au 3 rue de Valois, et sur le monument aux Parisiens morts pendant la Première Guerre à Paris. L'actrice Béatrix Dussane de la Comédie française lit des poètes de Charles Perrot lors des Matinées du à la Sorbonne. Émile Bernard écrit un poème à sa mémoire dans le numéro de du Double bouquet, intitulé À Charles Perrot. En , au salon littéraire Les Jeudis d'Aurel, l'écrivain Roger Lalli fait une causerie sur Charles Perrot, tandis que les comédiennes Cœcilia Vellini et Louise Marion lisent ses poèmes.
Bibliographie
Références
Liens externes
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