Dkhissa ou Dekhissa (en arabe : الدخيسة) est une tribu arabe issue de la confédération des Banu Maaqil, originaire du Sahara, installée dans la région de Meknès au Maroc.

Origines Les Dekhissa sont une tribu arabe issue de la confédération des Banu Maaqil, originellement issue de la région de Laghouat et d'Aïn Madhi, avant de prêter allégeance à la dynastie Alaouite, migrant dès lors dans la région du Tafilalet et enfin de s'installer dans la région du Saïss entre Fès et Meknès au XIXe siècle.

La migration jusqu'à Meknès aurait une explication mystique, un "saint-homme", du nom de Sidi Mohamed ben Abderrahmane, celui-ci s'installa parmi les Dkhissa et maria une femme d'entre eux. Il eut un fils avec elle. Ce dernier jouait un jour avec des camarades au bord de l'eau, mais il fût jeté et noyé. Les anciens de la tribu rendirent visite à l'homme mais celui-ci, étant en prière totale, ne prêta aucune attention aux hommes. Suite à l'incident, la source où s'abreuvaient les Dkhissa fût asséchée. Comprenant alors que cela venait du tort commis, ils retournent chez l'homme pour lui implorer son pardon. Sidi Mohammed sortant de torpeur leur dit « Tu m'as enlevé mon foieLe foie est traditionnellement au Maroc l'équivalent du cœur en Occident dans l'image de l'amour et de l'attachement à quelqu'un, c'est-à-dire par le fait d'avoir enlevé son foie, d'avoir arraché son fils, que Dieu te chasse de mon pays, le premier avec de l'aide, le dernier sans aide ! ». Après ses mots, une année de sécheresse s'abattit sur la tribu, et aurait forcé les Dkhissa à migrer vers Meknès.

Histoire Période post-saadienne Les Dkhissa seront un soutien solide à Sidi M'hamed el-Ayachi, opposant aux Dilaïtes, dans la région de Fès où les Dilaïtes étant très puissant dans la région.

Période alaouite Ère de Mohammed C'est vers 1650, lorsque Mohammed ben Cherif conçoit de conquérir Tlemcen, que le premier contact entre la dynastie Alaouite et les Dkhissa est fait, ces derniers vivant dans les déserts aux alentours de Laghouat. Ils offrent l'hospitalité au chef du Tafilalet, lui prête allégeance et le guide dans les villages et campements de la région. Les Dkhissa et Ouled Nssir suivront ensuite Mohammed Ier jusqu'à Sidjilmassa où ils s'installeront et deviendront une des tribus majeur du guich Alaouite, ils participeront aux conquêtes du Maroc avec les sultans alaouite suivant. Ils participeront aux conflits contre les Semlali dans le Tafilalet au nom des Alaouites avec les Arab Sabah, les Ouled Ghenam, les Doui Menia, les Maadidh et les Hamiyan. Ces mêmes tribus passent sous la bannière de Mohammed en 1650 devenant fidèles à son émirat.

Ère de Moulay Rachid Lorsque Mohammed Ier mort au combat durant une bataille dans la plaine de l'Angad contre les partisans de son frère Rachid, les autres frères, Mahrez et El-Hafid prêtèrent allégeance au fils de Mohammed Ier, Mohammed ben Mohammed ben Cherif, avec le soutiens du cheikh des Dkhissa, Cheikh Mohammed ben Sghir ad-Dkhissi. Cependant ce camp sera défait lors du siège et la campagne que Rachid fait suite à cette allégeance dans le Tafilalet avant de retourner pour assiéger Fès.

Ère de Moulay Ismaïl Les Dkhissa participent, avec d'autres tribus vivant sur cette frontière entre Maroc et Algérie telle que les Hamiyan, les Mhaya, les Beni Amer, les Segouna, les Amours, les Hachem, les Lahrar, les Ouled Djerir et les Doui Menia, à la campagne de Moulay Ismaïl sur Tlemcen. Celui ci arriva jusqu'à un lieu dit nommé el-Qouiya, à l'entrée de la vallée du Chelif où il y pose son camp. Les troupes de la régence d'Alger apprenant cela décident de s'y rendre avec plusieurs canons et d'attendre la nuit pour attaquer. Dès qu'elle fût tombée, les canons grondent, faisant fuir les Beni Amer puis le reste des tribus alliées sur le chemin, ne laissant que les troupes marocaines, forcées de se replier.

Ère de Mohammed III En 1773, les Oudaya, ainsi que leurs partisans dont les Dkhissa, les Hamiyan, les Ouled el-Hadj, les Mghafra, les Guerrouanes, les Ait Iskatwa, les Alwan, les Ait Wallal, et certains clans des Zemmours, entrèrent en révolte, et jurent de rester unis, qu'aucune tribu ne devait être au dessus d'une autre qu'importe arabe ou berbère. Ils déclarent ouvertement leur sédition, refusent d'obéir aux ordres du sultan, comptant le renverser et d'établir un autre émir. De son côté, Mohammed III lui avait les Abid Bukhari, les Ait Imour et les Ait Idrassen dans son camp, le caïd Abd al-Wahhab ben Ahmed al-Imouri commandant les Ait Imour, puis le caïd Said ben al-Ayyashi commandant les Abid et les Ait Idrassen. Les Oudaya mobiliserent leur propre armée et avec leurs alliés marchent sur Meknès. Les Oudaya campèrent aux alentours d'un lieu nommé Ahbouqi, leurs alliés non loin. Le 9 avril, aux portes de Meknès, les deux armées se rencontrent, entre temps les troupes du sultan sont renforcées d'hommes des Beni Mtir, Ait Ayache, et Ait Oufella, face à eux les Oudaya sont l'étendard des arabes et les Guerrouanes ceux des berbères. Le camp révolté est défait durant la bataille qui fait rage, forcé de se replier et leurs campements abandonnés sont pillés, nombreux chefs révoltés meurent au combat. Suite à cette bataille, les révoltés furent brisés et n'étaient plus en capacités de se révolter à nouveau.

Ère de Moulay Slimane Lors de la guerre opposant Moulay Ibrahim ben Yazid, fils du défunt sultan Moulay Yazid, à son oncle le sultan Moulay Slimane, les Dkhissa et les Ouled Nssir décideront de se joindre au corps de tribus étant pro-Slimane, dont les Beni Ahsen, les Oudaya, les arabes du Gharb et les Abid Bukhari, menant la guerre avec eux contre les partisans de Moulay Ibrahim. Ce soutien indéfectible de ces tribus sera également la cause d'un raid mené de nuit par le caïd Mohammed ben Yishou, partisan de Moulay Ibrahim. Également lorsque ce sera au tour d'un autre frère, Moulay Slama, celui-ci ira faire le tour des tribus pour les inciter à l'allégeance notamment les Dkhissa aux alentours de Meknès, le prétendant leur dit « Vous êtes ceux qui ont soutenus Moulay Mohammed ben Cherif [Mohammed Ier], que Dieu lui fasse miséricorde, dans sa guerre contre les Dilaïtes », c'est par ce prétexte qu'il leur offrit des grandes sommes de monnaie, en or et en argent.

Ère de Moulay Abderrahmane Les Dkhissa, avec les Ouled Nsir, et les Dhoui Menia de Marrakech, seront la cible du campagne du sultan entre mai et juin 1825, pour les « discipliner » d'une révolte. Plus de 100 prisonniers seront faits et ces tribus seront obligées de fournir du contingent dans l'armée.

Ère de Hassan Ier En 1879, les berbères Beni M'Tir attaquent les tribus arabes Dkhissa et Ouled Nssir pour venger et récupérer les terres des tribus Mejjat que le sultan avait confisquées et octroyées aux Dkhissa et Ouled Nssir. Malgré une forte résistance des Dkhissa, dont les arabes pour certains s'étaient enchaînés pour ne pas fuir le combat, les berbères furent trop nombreux face à eux et tuèrent plus de 200 hommes des deux tribus. Le sultan, de retour de Marrakech, décida alors de partir en expédition punitive contre les Beni Mtir, en se rendant directement au cœur de leur territoire, notamment à Akria, El-Hajeb et autres. Hassan rallie plusieurs tribus, les Beni Mguild qu'il plaça au long de la forêt d'Aqfaf, frontière entre eux, les Ait Seghrouchen et les Ait Youssi. Ces derniers, accompagnés des Ait Walan et Ait Ayash se sont positionnés sur le front nord vers Oued Najat. Le caïd Larbi ben Mohammed Chergui, surnommé Aba Mhammed, ayant sous son contrôle les tribus du Gharb et du Haouz de Marrakech se positionna sur l'Ouest. Les Beni Mtir furent encerclés, les tribus et soldats du sultan se jettent sur eux, les pillant de leurs biens et leurs récoltes. Les Beni Mtir implorèrent la grâce. Le sultan, épris de pitié, leur accorda le pardon et les soumit à des amendes, au paiement de leurs droits et à la réparation des griefs causés.

En 1891, les Dkhissa participent à la « Mehalla Gharbiyah », corps expéditionnaire dirigé par le Pacha Ould Ba Mhammed Chergui, avec les Oudaya, les Beni Ahsen, les Cherarda, les Cheraga, les Beni Malik, les Sefyane, les Hyayna, les Ouled Nssir et les Ait Youssi, se dirigeant vers Rabat et Bouznika et rejoignant les troupes du Haouz pour se dirigeant vers Meknès puis Marrakech dans le but de participer à plusieurs expéditions.

Période coloniale EEn 1916, les Dkhissa sont rattachés au caïdat de la grande tribu des Zehroun. Dans les années 1930, les Dkhissa et Mejjat subissent des dépossessions massives de leurs terres, en effet, plus de 100 000 hectares de ces dernières seront distribués à des Européens, ne laissant que 35 000 hectares aux agriculteurs marocains.

Démographie et fractionnement Les Dkhissa sont une très petite tribu, en 1961, ils ne représentent qu'uniquement 5000 individus, mais avec un sentiment tribal et généalogique fort, ils sont divisés en deux fractions : Ouled Abd Allah Ouled Raho

Eux-mêmes divisés en plusieurs plus petit douars. La tribu fût longtemps dirigée par un caïd, qui avait à sa subordination les shuyukh (pluriel de cheikh) tribaux qui dirigés des familles ou des douars.

Relations inter-tribales Relations avec les Imjadh Les relations entre les deux tribus furent mouvementées, notamment autour de terres fertiles dont les Imjadh firent une longue pression sur les tribus arabes des Dkhissa et des Ouled Nssir les forçant à renoncer aux terres.

Personnalités Personnalités politiques Cheikh Mohammed ben Sghir ad-Dkhissi, cheikh des Dkhissa attesté vers 1665, fervent support de Mohammed ben Mohammed ben Cherif al-Alaoui, fils de Mohammed , face à Moulay Rachid. Personnalités sportives

Notes et références

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