María del Socorro Sánchez del Rosario, née le à Saint-Domingue et morte dans cette même ville le , est une enseignante et journaliste dominicaine.
Elle est la première journaliste féministe de la République dominicaine.
Dans le domaine de l'enseignement, elle fonde la première école laïque mixte de la République dominicaine, ainsi que la première bibliothèque pour femmes, la première école normale pour femmes et les premiers cours de formation en pharmacie pour femmes de son pays.
Plusieurs écoles du pays portent aujourd'hui son nom.
Famille et jeunesse María del Socorro Sánchez del Rosario est née le sur l'île d'Hispaniola, à Saint-Domingue, qui fait alors partie de la République d'Haïti.
Sa mère est María Olaya del Rosario de Belén, femme libre d'origine européenne et africaineet son père est Narciso Sánchez Ramona, descendant d'esclaves. Sa tante, María Trinidad Sánchez, est exécutée pour sa participation à la guerre d'indépendance dominicaine. Sa mère est coiffeuse et fabrique des peignes, tandis que son père travaille dans le commerce de la viande, vendant, abattant et élevant du bétail.
María del Socorro est l'une des onze enfants de la famille : Francisco (1817–1861) ; Tomás (1819-1878) ; Eugenio (1822-1889) ; Manuel de Jésus (1823-?) ; María de la Cruz (1824-?) ; Juan Francisco (1826-1845) ; Jacinthe (1827-1900) ; Pablo Marcial (1829-?) ; Ana (1832-?) et Idelfonso (1834-1897). Son frère Francisco est reconnu comme l'un des pères fondateurs de la République dominicaine.
Biographie María del Socorro Sánchez grandit dans une famille nationaliste critique du régime haïtien qui gouverne le pays de 1822 à 1844 et de l'annexion espagnole du pays, qui dure de 1861 à 1865. Elle est fortement influencée par sa tante María Trinidad Sánchez et son engagement pour l'indépendance de la République dominicaine. Madame Roland, écrivaine et figure majeure de la Révolution française, exerce également une influence sur elle. Sánchez commence à écrire et à publier ses idées, ouvertement et sous le pseudonyme de Rosa Cruz. Première journaliste féministe du pays, elle dénonce publiquement la corruption des autorités et est qualifiée de en raison de sa franchise. Outre ses convictions nationalistes, Sánchez écrit des articles plaidant pour l'éducation et l'emploi des femmes. Elle collabore à divers journaux, dont El Dominicano, El Telégrafo et El Telegrama, tous des titres importants du pays.
Après l'exécution de son frère Francisco pour s'être opposé à l'invitation du président Pedro Santana à l'Espagne de recoloniser le pays, Sánchez est exilée à Saint-Thomas, une île faisant alors partie des Antilles danoises, mais pour laquelle l'Espagne a fait une offre d'acquisition. À son retour à Saint-Domingue en 1863, elle passe un an en prison pour avoir exprimé ses opinions antigouvernementales. Parmi les sujets jugés répréhensibles par les autorités figurent ses déclarations en faveur de la souveraineté dominicaine, de la liberté d'expression et de l'éducation des femmes.
Sánchez commence sa carrière comme enseignante, dispensant des cours à Cibao et à Saint-Domingue. En 1870, elle s'installe à Santiago de los Caballeros et fonde la même année le premier établissement scolaire mixte et laïc du pays, le Colegio Sagrado Corazón de María (Collège du Sacré-Cœur de Marie). Ses élèves, issus de la haute société de la ville, paient des frais de scolarité, mais elle exonère de paiements les plus démunies. Parmi les diplômées de cet établissement figurent Eugenia Dechamps, Matilde Grullón, Rita Infante, Clementina Jiménez, Altagracia Perelló et Justina Perelló. Membre du Club des Femmes du , elle participe activement aux salons littéraires et créé en 1876 la première bibliothèque féminine du pays, située au 50, Calle Sol, à Santiago.
De retour dans la capitale, en 1881, Sánchez fonde le Colegio La Altagracia (Collège de la Haute Grâce) à Saint-Domingue, qui deviendra l'Escuela Superior de Señoritas (École supérieure pour jeunes filles) et diplômera les premières filles du secondaire du pays. L'année suivante, elle créé un cursus de formation de pharmaciennes pour les femmes au sein de cette école. La première institutrice diplômée du pays , Dolores Rodríguez de Objío (1883), et les premières femmes pharmaciennes (1887) du pays le furent de cet établissement.
Mort et héritage Sánchez meurt le à Saint-Domingue. Sa nécrologie publiée dans n'est pas flatteuse, la qualifiant de et ajoutant que Sánchez était connue pour [son ministère dans l'éducation publique, dans l'ingérence agitée de ses énergies dans la vie politique du pays et dans l'effort audacieux qu'elle a toujours déployé pour se distinguer de ses concitoyens]. Elle est initialement enterrée dans la Capilla de los Inmortales (Chapelle des Immortels) dans la Basilique-cathédrale de Santa María la Menor, mais ses restes sont transférés en 1974 au Panteón Nacional.
Une rue du quartier Gascue de Saint-Domingue, qui portait son nom, est rebaptisée dans les années 1920. En 2002, l'Escuela Básica Socorro Sánchez (École primaire Socorro Sánchez) ouvre ses portes dans des locaux loués à Los Alcarrizos. En 2016, un nouveau bâtiment est inauguré pour l'établissement. En 2015, une école portant le même nom est créée à Villa Altagracia.
Bibliographie . . . . . .
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Références
Liens externes
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