Laccident ferroviaire d'Adamuz se produit en Espagne au soir du , sur le territoire de la commune d'Adamuz, dans la province de Cordoue en Andalousie. Il résulte du déraillement des voitures de queue d'un train à grande vitesse, qui sont ensuite percutées par un autre train à grande vitesse arrivant en sens inverse sur la contre-voie.
Douze jours après la catastrophe, le bilan est de et plus de .
Il s'agit de la première collision jamais survenue entre deux trains sur le réseau à grande vitesse espagnol.
Contexte En 2026, l'Espagne possède le deuxième réseau de lignes à grande vitesse le plus étendu au monde, avec de voies, derrière la Chine. Inaugurée en 1992, la LGV Madrid - Séville fut la première ligne à grande vitesse opérationnelle en Espagne. Le réseau ferré espagnol est géré par Administrador de infraestructuras ferroviarias (ADIF), une entreprise publique détenue par l'État espagnol.
Plusieurs opérateurs ferroviaires exploitent des trains à grande vitesse en Espagne. Renfe Viajeros, opérateur public historique, exploite notamment le service Alvia, qui a la particularité d'utiliser des trains pouvant circuler indifféremment sur le réseau à grande vitesse espagnol, à l'écartement standard, et sur le réseau classique espagnol, à l'écartement ibérique. ILSA, entreprise publique détenue majoritairement par l'opérateur italien Trenitalia, exploite depuis 2022 en Espagne des trains ETR 1000 sous la marque Iryo.
L'Espagne a déjà connu de graves accidents ferroviaires. Le plus récent est celui de Saint-Jacques-de-Compostelle, survenu en 2013 et qui a fait et . Cet accident impliquait un train à grande vitesse Alvia mais il circulait alors sur une voie de liaison à vitesse réduite..
Accident vignette|Épave de l'ETR 1000 d'Iryo dans la nuit de l'accident. La catastrophe se produit le et implique deux trains à grande vitesse : un ETR 1000 de la compagnie ILSA, qui assure le service Iryo 6189. Ce train est parti à de Malaga pour rallier Madrid-Atocha, et transporte , quatre membres d'équipage, et un conducteur ; un S-120 de la compagnie Renfe, qui assure le service Alvia 2384. Ce train est parti à de Madrid-Atocha pour rejoindre Huelva, et transporte .
Ces deux trains circulaient sur la ligne à grande vitesse Madrid - Séville. À , sur le territoire de la commune andalouse d'Adamuz, au niveau d'un aiguillage, les trois voitures de queue de l'ETR 1000 de l'ILSA déraillent. Ces trois voitures se déportent sur la contre-voie où elles sont percutées une dizaine de secondes plus tard par le S-120 de la Renfe qui arrivait en sens inverse. La collision fait dérailler à son tour la tête du train de la Renfe, qui tombe le long du talus en bordure de voie...
Le train de la Renfe assurant le service Avlo 02187 au départ de Séville à , qui suivait le Iryo 6189, est automatiquement arrêté en pleine voie à deux kilomètres du lieu de l'accident, en raison d'une perte de tension sur la caténaire qui déclenche le freinage du train..
À , le conducteur de l'Iryo contacte le centre de régulation du trafic afin de signaler un « accrochage » mais ne semble pas conscient de la collision avec l'Alvia. Le centre de régulation se met en lien à avec la cheffe de bord de l'Alvia, qui signale avoir reçu un coup à la tête et fait savoir qu'elle va tenter de contacter le conducteur. Une minute plus tard, le centre de sécurité déclenche les services d'urgence et de sécurité..
Selon le récit des premiers agents de la Garde civile arrivés sur les lieux, aux alentours de , personne sur le site n'avait connaissance de la présence de l'Alvia accidenté. Ce sont deux gendarmes, partis inspecter la voie, qui ont rencontré des voyageurs du train de la Renfe utilisant la lampe torche de leurs téléphones portables et ont alors pris la mesure de la catastrophe..
Il s'agit du premier accident mortel sur le réseau à grande vitesse espagnol depuis son lancement en ..
Enquête Le ministre espagnol des Transports, Óscar Puente, qualifie l'accident d'« extrêmement étrange » car il s'est produit sur un tronçon de voie rectiligne, rénové en après d’euros d'investissement et supposé en parfait état de fonctionnement, et implique un train Iryo récent, mis en service quatre ans auparavant. Le président de l'entreprise Renfe, Álvaro Fernández, indique qu'aucun des deux trains ne circulait à plus de . Le tronçon en question est limité à , ce qui semble exclure un accident lié à la vitesse.. Selon le ministère des Transports, le des causes de la catastrophe pourrait être la , sans que l'on sache encore si cela a provoqué le déraillement ou n'en est que la conséquence. Le ministère précise que .
La commission d'enquête sur les accidents ferroviaires (, CIAF), organisme indépendant, est chargée d'une investigation à caractère technique.. Une information judiciaire est confiée à un juge d'instruction du tribunal d'instance de Montoro..
La CIAF remet son rapport préliminaire le . Elle indique travailler sur « l'hypothèse » de la rupture d'un rail au niveau d'une soudure entre deux tronçons, qui serait antérieure au passage du train Iryo. Le rapport démontre en effet que les voitures de l'Iryo qui n'ont pas déraillé ainsi que les trois trains qui l'ont précédé présentent des encoches au niveau de certaines roues et souligne que « ces entailles [...] et la déformation observée sur la voie sont compatibles » avec la casse d'un rail. La CIAF précise que ce postulat « devra être corroboré par des calculs et des analyses détaillés ultérieurs »..
Le 27 mars 2026, la Garde civile émet un rapport intermédiaire dans lequel elle annonce que la voie a connu la veille de l'accident une rupture qui n'a pas été détectée. Dans le même document, elle écarte ...
Bilan humain Un bilan provisoire dans la nuit du 18 au fait état d'au moins tuées et blessées. Dans la matinée du , le bilan est réévalué à et dont cinq très grièvement et .. Parmi ces personnes, 33 se trouvaient dans le train de la Renfe, le train percuteur, et six dans le train de l'ILSA, le train percuté. Le nombre de morts est relevé à 42 au soir du puis à 43 dans l'après-midi du 21. Deux corps sont retrouvés dans les décombres du train de la Renfe le , portant le bilan à . Le , le bilan est rehaussé à 46 victimes à la suite du décès d'une passagère de l'Alvia, hospitalisée à Cordoue.
Réactions Le , le président du gouvernement espagnol Pedro Sánchez décrète trois jours de deuil national. Il souligne que , et que les familles et les victimes ..
Au matin du , à l'initiative du comité d'entreprise de Renfe et de syndicats de cheminots, cinq minutes de silence sont observées dans plusieurs grandes gares du pays en hommage aux victimes de l'accident. En gare de Madrid-Chamartín, ces cinq minutes se concluent par une série de sifflets de trains en hommage au conducteur de l'Alvia 2384. Le conseil municipal de Punta Umbría, ville dont sont originaires plusieurs victimes de l'accident, organise également un rassemblement silencieux en fin de matinée.
Le même jour, le roi et la reine Letizia se rendent sur les lieux de l'accident..
À la suite de signalements effectués par des conducteurs concernant d'importantes vibrations et en application du principe de précaution, le gestionnaire du réseau ADIF limite la vitesse à sur plusieurs tronçons de la ligne à grande vitesse Madrid-Barcelone les et et de la ligne à grande vitesse Madrid-Valence le , le temps de procéder aux vérifications nécessaires.
Les syndicats de conducteurs de train lancent le un appel à la grève pour les , et , en réaction à la mort de deux cheminots dans les accidents d'Adamuz et de Gelida..
Références
Voir aussi Liste d'accidents ferroviaires en Espagne
Adamuz 2026 Adamuz Adamuz Catégorie:2026 en Espagne Catégorie:Janvier 2026 Catégorie:18 janvier