La Fédération nationale pour l'inclusion des personnes en situation de handicap sensoriel et dys en France (FISAF) est une association de type loi de 1901, reconnue d'utilité publique depuis 2003. Elle rassemble et fédère un réseau de structures spécialisées qui accueillent et accompagnent des personnes en situation de handicap sensoriel (sourdes ou aveugles) ou porteuses de Troubles dys, à tous les âges de la vie, en favorisant leur autonomie..
Historique Le , Alexandre Lemesle, directeur de l’école de sourds et d’aveugles de Nantes (La Persagotière), fonde une fédération destinée à unifier un réseau d’établissements d’enfants sourds ou aveugles, la future FISAF.. La fédération s’appelle alors « Fédération des associations de patronage pour sourds et aveugles de France » et compte une quinzaine d’adhérents, soit un total de d’accueil d’enfants déficients sensoriels.. La fédération s’inscrit dans un héritage religieux et médical par son lien avec l’abbé de L’Épée, un homme d’État du à l’origine de la première école de France pour déficients visuels. On y retrouve principalement deux congrégations : les frères de Saint-Gabriel (dont fait partie Lemesle) et les Sœurs de la Sagesse. En 1925, le besoin primordial d’une fédération comme la FISAF est de répondre à un besoin de former des professeurs spécialisés pour sourds et aveugles..
Le fonctionnement de la FISAF est assuré par des bénévoles qui participent à la vie associative en organisant des congrès scientifiques au rayonnement national, réunissant des chercheurs sur des thèmes strictement pédagogiques. Par ailleurs, le premier congrès national de la FISAF est organisé à Nantes le ..
Dans les années 1970, l’intitulé de l’association change pour devenir la « Fédération des instituts de sourds et d’aveugles de France ». Ce changement s’inscrit dans la mise en retrait progressive des congrégations et de la transformation de ses adhérents, devenant de plus en plus des gestionnaires.. On observe également une réforme des statuts et une modification du système des instances dirigeantes. De fait, il y a désormais une triple représentation qui s’étend des élus associatifs, aux directeurs d’établissements et enfin aux personnels hors direction (professeurs, éducateurs…).
En 1970, la fédération marque un tournant dans son histoire associative avec l’engagement du premier salarié permanent : Gérard Bourigault. Cette évolution administrative et juridique va de pair avec l’évolution de l’environnement social de l’époque. En effet, depuis 1965, les parents demandaient à l’État un principe d’intégration scolaire des enfants handicapés.
En 1975, les religieux qui partent à la retraite sont progressivement remplacés par des laïcs ce qui marque la fin de paysage congréganiste de l’association. Cette même année souligne par ailleurs la position décisive de la FISAF dans le paysage politique du médico-social français. Cette année-là, deux lois sont appliquées et deviennent essentielles pour le secteur; la loi d’orientation et la loi sur les institutions sociales et médico-sociales... La préparation de ces deux lois n’a pu se faire que par la concertation entre le secrétaire d’État Lenoir et la FISAF qui s’inscrit alors comme une force de proposition dans le secteur de la déficience sensorielle. Ce rôle d’interlocuteur de la FISAF est accentué en 1978 où les professeurs des établissements spécialisés pour l’enfance «inadaptée» et handicapée sont intégrés dans l’éducation nationale. En revanche, les professeurs d’instituts nationaux du secteur de la déficience sensorielle, bien que fonctionnaires, n’ont pas rejoint le ministère. De fait, les adhérents de la FISAF, de statut privé, ont dû faire appel au rôle d’interlocuteur privilégié (par les pouvoirs publics) de l’association pour proposer une solution provisoire. Ainsi, le une circulaire règle «provisoirement» le problème du statut des adhérents de la fédération (toujours en vigueur en 2003).
Dans les années 1980 et 1990, le développement de l’intégration scolaire marque une nouvelle étape de l’histoire de la FISAF. La réforme des annexes XXIV quater et quinquies est spécialement dédiée aux déficients sensoriels. Lors de la réalisation de cette réforme, la FISAF est de nouveau restée comme principale figure de force en proposant nombre de textes élaborés lors des congrès et des réunions de travail. Dans les années 1990, l’État prend en charge à l’université de Chambéry, la formation des professeurs, d’abord pour sourds, puis pour aveugles, formations que la FISAF assurait depuis 1925. Cette décision allait amener de nouveaux changements d’orientations de la fédération. Les années 1990 voit aussi le renforcement de directives à l’échelle de l’Europe. Les nouveaux traités fondateurs de l’UE, notamment les articles 13 et 21 du mettent en avant les principes de non-discrimination en raison du handicap..
La refonte de l’administration de la FISAF entamée dans les années 1990 se poursuit jusqu’en 2002 et est couplée à une demande de reconnaissance d’utilité publique. En , la fédération participe au renouvellement complet du conseil d’administration conformément à ses nouveaux statuts. Pour des raisons de notoriété, le sigle est inchangé mais la FISAF se renomme « Fédération pour l’insertion des personnes sourdes et des personnes aveugles en France ». Ce nouvel intitulé répond aux nouveaux objectifs de la fédération et aux . La modification du système administratif apporte au sein d’une fédération en France.
En 2004, la FISAF est la seule fédération à avoir au plus haut niveau décisionnaire, des usagers, des professionnels et des bénévoles associatifs.. Le public de l’association a lui évolué avec les nouvelles réformes. Jusqu’alors, les enfants étaient de la responsabilité des adhérents de la FISAF. Désormais, peuvent adhérer à la fédération des établissements et services s’occupant d’adultes ou des aînés en situation de handicap sensoriel.
Cette même année, la FISAF représente 122 établissements adhérents soit 7000 personnes en situation de handicap sensoriel, soit, 50% de l’ensemble de l’offre de service pour le handicap sensoriel. Cette évolution résulte des nombreux débats et prises de décisions qui ont lieu lors des Congrès et des groupes de travail organisés par l’association. En 2005, la loi sur l’accessibilité est appliquée avec une concertation préalable de la FISAF. Cette loi doit garantir «l’autonomie et la participation des personnes ayant un handicap en réduisant voire supprimant les discordances entre leurs capacités, leurs besoins et leurs souhaits». Elle vise également, à l’échelle des associations, à voir des fédérations comme la FISAF et l’UNIOPSS collaborer. Cette collaboration permet de représenter les intérêts des personnes handicapées visuelles, apporter une expertise et défendre les valeurs associatives. Pour la FISAF, prendre en compte les attentes des personnes handicapées, ce n’est pas seulement faire passer une loi, c’est modifier la représentation que la société tout entière a du handicap.
En 2012, l’environnement sociétal est encore en transformation. Une nouvelle sémantique apparait avec les termes d’inclusion, d’accessibilité universelle, d’évaluation, de traçabilité, de performances. Les techniques rééducatives sont-elles-aussi impactées. Il y a une mutualisation des institutions, suivit d’une démarche d’évaluation qui s’impose aux établissements. Ces évaluations visent à garantir la qualité des formations..
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes
Handicap en France Liste d'associations françaises reconnues d'utilité publique Histoire de l'éducation des sourds en France La Persagotière Frères de Saint-Gabriel Maryvonne Lyazid
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