Cet article est une chronologie de l’affaire Clearstream 2.

1997

1997 : François Heilbronner et son gendre Imad Lahoud s’associent et créent un fonds spéculatif, le Volter Fund Limited, immatriculé aux Îles Vierges britanniques.

1999

: Matra fusionne avec Aérospatiale et prend le contrôle d’Airbus.

2000

: Denis Robert, auteur de Révélation$, reçoit un second listing de comptes de Clearstream. : le groupe EADS, né de la fusion des activités du français Matra-Aérospatiale, de l’allemand DASA et de l’espagnol CASA, est créé. La présidence est assurée conjointement par un Allemand et un Français. Le mandat est de cinq ans, renouvelable. Si en Allemagne tout est calme tant la succession semble lointaine – elle est programmée pour –, à Paris l’affrontement est déjà âpre. Le patron d’Airbus, Noël Forgeard, fort des résultats de son groupe, revendique la place occupée à la tête d’EADS par Philippe Camus.

2001

Février 2001 : le livre de Denis Robert, Révélation$, est publié.

: le film Les Dissimulateurs est diffusé pour la première fois sur Canal+ à 22h00. : Après la découverte en Suisse de plus de 500 millions USD sur les comptes d’Andrew Wang, intermédiaire du groupe Thomson CSF, une seconde information judiciaire est ouverte pour « abus de biens sociaux » dans l’affaire des frégates de Taïwan. L’enquête, qui porte sur d’éventuelles rétrocommissions versées à des personnalités françaises en marge de cette vente en 1991, est confiée aux juges Renaud Van Ruymbeke et Dominique de Talancé. 2001 : en réponse aux accusations de Denis Robert et de Révélation$, Clearstream demande un audit au cabinet Arthur Andersen, qui mandate une équipe de 30 personnes pour vérifier les procédures de la chambre de compensation. Parmi ceux-ci, un jeune auditeur, Florian Bourges, découvre plusieurs anomalies et rédige une trentaine de mémos qui restent ignorés de sa hiérarchie. : ayant dupliqué les listings suspects, Florian Bourges contacte Denis Robert par courriel pour lui faire part de ses découvertes : « Bonjour…, je possède la base clients complète (de Clearstream) avec comptes dont actifs. La base date du . Elle possède de nombreuses infos comme la date d’ouverture et de fermeture du compte… Je peux vous transmettre un mode d’emploi de cette base pour la comprendre… » Signé : Jonathan Gantry, héros du livre Cartel de Paul-Loup Sulitzer. Fin : Arthur Andersen rend son rapport d’audit à la direction de Clearstream. RAS… Florian Bourges transmet à Denis Robert un listing de comptes. Fin 2001 : le prestigieux cabinet d’audit comptable Arthur Andersen fait naufrage dans les suites de l’affaire Enron dont elle n’avait pas dénoncé les fraudes manifestes.

2002

Courant 2002 : Denis Robert reçoit de Florian Bourges comptes client, extraits en par le jeune auditeur (source : procès-verbal de la déposition de témoin de Florian Bourges sur les faits reprochés à J.-L. Gergorin, le - diffusé par lefigaro.fr). : un changement est réalisé à la tête de la DGSE avec la nomination de Pierre Brochand, frère du maire UMP de Cannes, Bernard Brochand, en remplacement de Jean-Claude Cousseran. : Pierre de Bousquet de Florian, ancien conseiller technique à l’Élysée de 1995 à 1998, est nommé la tête de la DST. Après celles de la DGSE, ces mutations seraient la conséquence d’enquêtes de la DST et de la DGSE sur les relations japonaises (Soichi Osada) et libanaises (Rafiq Hariri) de Jacques Chirac. : Imad Lahoud sort d’une détention préventive dans l’affaire du Volter Fund. : Imad Lahoud déjeune avec son frère Marwan Lahoud, président de MBDA (branche missile d’EADS) à la cafétéria d’EADS. Jean-Louis Gergorin les rejoint. Il va faire travailler Imad Lahoud en tant que consultant, pour la division fusions-acquisitions d’EADS. Il n’a pas de bureau dans l’entreprise et rend seulement des rapports. Hiver 2002-2003 : son frère Marwan Lahoud, président de MBDA met en contact son frère Imad Lahoud avec Philippe Rondot, conseiller pour le renseignement et les opérations spéciales du ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie. Imad Lahoud a travaillé pour la banque Merrill Lynch et prétend connaître les comptes de la famille ben Laden. Le général le fait travailler pour lui sur le financement du terrorisme à titre d’honorable correspondant bénévole.

2003

: Jean-Louis Gergorin, vice-président d’EADS, présente au général Philippe Rondot, Imad Lahoud, frère de Marwan Lahoud qui dirige MBDA, la branche missile d’EADS. Il affirme avoir (ou pouvoir obtenir) des informations sur les finances du terrorisme islamiste et « avoir géré les comptes de la famille Ben Laden. Il aurait gardé des traces de ces opérations, conservées par des proches à l’étranger » (in La traque du corbeau dans Le Monde). Certaines de ses informations se révèleront sérieuses et exactes. Philippe Rondot le présente à son tour à Alain Juillet, directeur du renseignement de la DGSE et neveu de Pierre Juillet, proche conseiller de Georges Pompidou et de Jacques Chirac. Début : Philippe Rondot, le CROS de Michèle Alliot-Marie et la DGSE confient à Imad Lahoud (nom d’espion « Typhose ») une mission sur la mouvance Al-Qaïda et son financement. Trois missions sont organisées au Liban qui resteront sans suite. : Jean-Luc Lagardère, patron du groupe Lagardère et du groupe Matra-Hachette, se fait opérer de la hanche à la clinique du Sport, dans le arrondissement de Paris. Tout se déroule normalement. : Jean-Luc Lagardère, bien que légèrement fatigué, dîne en famille avec un de ses voisins, le célèbre couturier Emanuel Ungaro, et son épouse, ainsi que Marie-Laure de Villepin, la femme du ministre des Affaires étrangères Dominique de Villepin. : Le patron de Matra est retrouvé inerte sur le sol de sa chambre à coucher. Il a arraché son pyjama, sans avoir eu le temps d'appuyer sur la sonnette d'alarme, directement reliée au commissariat. Jean-Luc Lagardère a sombré dans un coma dont il ne sortira jamais. : Mort de Jean-Luc Lagardère après plusieurs jours d'hospitalisation dans le service de réanimation de l'hôpital Lariboisière. Le Didier Payen évoque une encéphalomyélite aigüe auto-immune. Des rumeurs d'assassinat courent dans les milieux de l'armement et chez EADS. Une enquête préliminaire est ouverte par le procureur de la République de Paris. : Par l’intermédiaire du journaliste Éric Merlen, qui travaille depuis plus de vingt ans sur des affaires politico-financières françaises et qui est actuellement conseiller de Michel Destot, député maire de Grenoble, Imad Lahoud entre en contact avec Denis Robert et Pascal Lorent (réalisateur de deux films sur Clearstream). Selon Denis Robert, Imad Lahoud se serait présenté comme victime du système de dissimulation de transactions mis en place par Clearstream. Denis Robert détient un certain nombre de listings informatiques de comptes de Clearstream en date de 2001, confiés par Florian Bourges, qui fit partie d'une équipe d'audit de Clearstream par le cabinet Arthur Andersen. Ces longues listes informatiques recensent plus de clients de Clearstream. Un autre cédérom en recense plus de . Denis Robert affirme les avoir remis à Imad Lahoud devant témoin. Imad Lahoud ne conteste pas les avoir vus, mais nie les avoir conservés ou utilisés. : Imad Lahoud confie les listes de comptes Clearstream aux services de la DGSE. 2003 : L'auditeur d'Arthur Andersen, Florian Bourges, est mis en relation avec Imad Lahoud par Denis Robert. Ils se seraient rencontrés trois fois, dont une fois en . : La DGSE juge sans intérêt les listes de noms de personnes censées détenir des comptes à Clearstream. La DGSE cesse toute collaboration avec Imad Lahoud. Début : Le général Philippe Rondot aurait sollicité Imad Lahoud pour qu'il continue ces missions jusqu'en . Imad Lahoud entre dans le centre de recherche CRC du groupe aéronautique EADS (EADS Corporate Research Centre), pour y développer des produits de cryptage et de décryptage des transmissions. : Denis Robert présente à Imad Lahoud sa source, Florian Bourges, l'auditeur d'Arthur Andersen qui lui a transmis le listing de comptes d'. La rencontre a lieu au Palais de justice de Paris, lors d'un procès en diffamation opposant Denis Robert à Clearstream. Imad Lahoud reverra Florian Bourges trois fois et obtiendra de lui d'autres documents informatiques. : Denis Robert apprend, en lisant dans Marianne un article sur le financement du terrorisme islamiste, qu’Imad Lahoud travaille pour la DGSE. : Le général Philippe Rondot supervise l'opération avortée qui vise à récupérer Íngrid Betancourt en Colombie, sous la direction de Dominique de Villepin, ministre des Affaires étrangères. : Lors d'une rencontre avec Florian Bourges, Imad Lahoud fait une copie de plusieurs dizaines de fichiers sur l'ordinateur de M. Bourges grâce à une clé USB biométrique qui reconnaît l’empreinte digitale. Selon Florian Bourges, il dit travailler pour la DGSE (Le Monde du ). : Imad Lahoud affirme à Denis Robert qu'il travaille pour la DGSE sur le financement d'Al-Qaïda, traités directement par Philippe Rondot, conseiller pour le renseignement et les opérations spéciales (CROS) de Michèle Alliot-Marie et Alain Juillet, directeur du renseignement à la DGSE. : Jean-Louis Gergorin signale au général Philippe Rondot, chargé de la coordination du renseignement au cabinet du ministère de la Défense, qu'Imad Lahoud a mis au jour une « vaste entreprise de corruption à des fins de déstabilisation, affectant nos services de renseignement, certaines sociétés et le monde politique ». 9 et : Philippe Rondot rend compte succinctement à Philippe Marland, directeur de cabinet du Ministre de la défense, Michèle Alliot-Marie. 5 et : Jean-Louis Gergorin aurait remis au général Philippe Rondot un listing informatisé comportant des noms, des numéros de comptes et mouvements de fonds liés aux commissions dans l’affaire des frégates de Taïwan. Des noms de personnalités politiques apparaissent sur la liste des bénéficiaires : Nicolas Sarkozy (appelé Bocsa et Nagy), Michel Rocard, Dominique Strauss-Kahn, Laurent Fabius ainsi que Alain Madelin. Gergorin aurait expliqué que le listing provient de la pénétration du système informatique de Clearstream par l'informaticien Imad Lahoud. : Philippe Rondot décide d'engager une opération pour vérifier les assertions d'Imad Lahoud et Jean-Louis Gergorin. : Philippe Rondot fait part de l'existence de cette liste à Philippe Marland, directeur de cabinet du ministre de la défense, Michèle Alliot-Marie. : Dix jours après la remise des listes par Jean-Louis Gergorin, Philippe Marland ordonne une enquête interne du ministère de la Défense sur ces documents confiée à Philippe Rondot par Philippe Marland. Cependant, la véracité de cette liste étant douteuse, ce dernier ne devra enquêter que sur les personnalités non politiques de ce listing (des hauts fonctionnaires). Rapidement, Rondot arrivera à la conclusion que les listes ont été montées par un affabulateur. Il en avertit le ministre de la Défense début 2004. Malgré les doutes de Philippe Rondot, Jean-Louis Gergorin alerte Dominique de Villepin. : Le général Philippe Rondot est en mission au Liban.

2004

: Jean-Louis Gergorin rencontre seul Dominique de Villepin au Ministère des Affaires étrangères. Il lui demande de saisir la DGSE, comme le souhaite le général Rondot. Il déclarera devant les juges en : « Il m’a dit que ce n’était pas à lui d’apprécier mais m’a demandé une note courte et synthétique qui lui permettra d’en parler au Président de la République. » « J’ai rédigé cette note conjointement avec Imad Lahoud » a expliqué Jean-Louis Gergorin, qu’il dit « avoir déposé en main propre à l’assistante de Dominique de Villepin » au ministère des Affaires étrangères.