Akhbār Mulūk Banī ʿUbayd wa Sīratuhum (en ), littéralement « Les récits des rois des Banū ʿUbayd et leur biographie », est une œuvre historique médiévale composée au par l’historien maghrébin Ibn Hammad al-Sanhadji. Consacré au califat fatimide, l’ouvrage emploie le nom Banū ʿUbayd, dérivé d’Ubayd Allah al-Mahdi, fondateur de la dynastie, pour désigner les Fatimides. Le texte s’inscrit dans un contexte religieux et politique complexe, reflétant la manière dont l’historiographie sunnite médiévale présentait le califat fatimide en Ifriqiya, puis en Égypte et dans une grande partie de l’Afrique du Nord.

Auteur L’auteur de Akhbār Mulūk Banī ʿUbayd wa Sīratuhum est Ibn Hammad al-Sanhadji, historien maghrébin du , originaire de la Kalâa des Béni Hammad et appartenant à la confédération berbère des Ṣanhāja. Actif dans un espace marqué par la domination almohade puis la rupture politique et religieuse avec le califat fatimide, Ibn Ḥammād est connu pour sa sympathie à l’égard des Fatimides et de l’ismaélisme, ainsi que pour l’éloge qu’il fait des hauts faits de leurs dirigeants.

Son œuvre s’inscrit dans la tradition historiographique sunnite et témoigne d’une certaine sympathie à l’égard des Fatimides. Akhbār Mulūk Banī ʿUbayd wa Sīratuhum est l’un de ses écrits les plus cités, bien que le texte ne soit pas conservé intégralement et soit surtout connu à travers des reprises et citations chez des historiens postérieurs, notamment al-Maqrīzî et Ibn Khaldūn.

Contexte L’œuvre s’inscrit dans le contexte des rivalités doctrinales et politiques entre le sunnisme et l’ismaélisme aux . Le califat fatimide, fondé en 909 en Ifriqiya, revendiquait le titre califal en concurrence directe avec les Abbassides de Bagdad, tout en s’appuyant sur une légitimation religieuse fondée sur la descendance d’Ali et de Fāṭima.

Contrairement à certaines interprétations hostiles, le texte reconnaît la légitimité des Fatimides. L’emploi du nom Banū ʿUbayd, dérivé d’Ubayd Allah al-Mahdi, fondateur de la dynastie, souligne leur ascendance fatimide et met en valeur leur droit au pouvoir califal.

Contenu Akhbār Mulūk Banī ʿUbayd wa Sīratuhum retrace l’histoire des califes fatimides depuis les origines du mouvement ismaélien jusqu’aux différentes phases de leur domination en Ifriqiya puis en Égypte et sur une grande partie de l'Afrique du Nord.

Le récit aborde notamment la généalogie des califes fatimides, mise en avant comme authentique et légitime ; l’émergence de la da'wa ismaélienne et la proclamation du califat ; les règnes successifs des souverains fatimides, présentés sous un angle favorable ; les interactions politiques et militaires avec les Abbassides, les Omeyyades de Cordoue et les pouvoirs locaux ; ainsi que les pratiques religieuses et administratives fatimides, décrites de manière conforme aux normes de l’époque.

Le ton général de l’ouvrage est essentiellement descriptif et favorable aux Fatimides. L’auteur sélectionne et présente les événements de manière à souligner la légitimité politique de la dynastie, ses réussites administratives et militaires, ainsi que les aspects positifs de sa doctrine religieuse. L’ouvrage met également en avant la continuité et la cohérence de la lignée califale, tout en retraçant l’organisation de l’État, les institutions et les pratiques religieuses dans une perspective valorisante. Ce choix narratif reflète une approche historiographique qui vise à reconnaître et à légitimer le pouvoir fatimide plutôt qu’à le critiquer ou à le discréditer.

Importance historique Malgré son point de vue particulier, Akhbār Mulūk Banī ʿUbayd wa Sīratuhum constitue une source essentielle pour l’étude de la perception du califat fatimide dans la tradition sunnite médiévale. Le texte offre un éclairage sur les mécanismes de la controverse religieuse et sur la manière dont l’historiographie pouvait être mobilisée pour structurer des interprétations idéologiques.

Les chercheurs contemporains utilisent cet ouvrage avec prudence, en le confrontant aux sources ismaéliennes ainsi qu’à des chroniques jugées plus neutres, telles que celles d’Ahmad al-Maqrizi. Il permet notamment de comprendre les mécanismes de construction des discours sur le califat fatimide et la manière dont celui-ci était perçu dans les milieux sunnites d’Ifriqiya, d’Égypte et du Proche-Orient. Les historiens postérieurs ont largement repris ce texte, considérant certains passages comme représentatifs de la tradition historiographique sunnite ; des auteurs tels qu’Ibn Khaldun l’ont utilisé ou mentionné dans leurs synthèses, contribuant ainsi à sa diffusion et à son influence durable dans l’écriture de l’histoire du califat fatimide.

Aujourd’hui, Akhbār Mulūk Banī ʿUbayd wa Sīratuhum est principalement étudié comme un témoignage des débats doctrinaux et politiques du Moyen Âge islamique. Les historiens s’intéressent moins à l’exactitude factuelle du récit qu’aux informations qu’il fournit sur la réception du pouvoir fatimide et sur la manière dont l’histoire pouvait être utilisée pour construire une mémoire sunnite du califat et de l’ismaélisme.

Références

Lien externe

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Catégorie:Manuscrit du XIe siècle Catégorie:Islam en Algérie Catégorie:Œuvre du XIe siècle Catégorie:Calife fatimide Catégorie:Monde islamique médiéval