L'église Saint-Saturnin d'Aimargues est une église catholique consacrée en 1879 et dépendant du diocèse de Nîmes.

Historique

Le , le nouveau curé Roland Lempereur est chargé par le conseil paroissial de fabrique de mener à bien la construction d'une nouvelle église paroissiale à Aimargues, en remplacement de l'église Sainte-Croix, estimée trop exigüe et . En décembre, le conseil municipal approuve les plans et le devis. Lempereur parvient à réunir 40 000 francs pour financer les travaux, et à obtenir une subvention gouvernementale de 4 000 francs en 1864. En 1856, la fabrique acquiert la maison Bozanquet et son jardin, tandis que la commune se porte acquéreuse de l'ancien four communal et de la maison Peyronnet, édifices à l'emplacement desquels il est prévu de bâtir le nouveau lieu de cultes. Les travaux, menés par Henri Révoil, sont appuyés par des charrois d'habitants, qui vont récupérer bénévolement des matériaux aux carrières de Lunel. Mais entre 1862 et 1864, le chantier est mis en pause après les protestations de propriétaires mécontents de devoir les financer via une taxe extraordinaire. Le , les reliques d'Artimidora sont solennellement translatées en présence d'Henri Plantier, depuis la catacombe de Saint-Calixte, pour être déposées dans une chapelle latérale de la nouvelle église. Le lendemain, la pose de la première pierre est bénie. Henri de Bornier rédige un poème à cette occasion : « À M. Lempereur, curé d'Aimargues ». La même année, le devis est revu à la hausse par le conseil municipal.

Les travaux s'achèvent en 1869, et l'édifice, doté en 1874 d'un carillon de trois cloches, est consacré le par Louis Besson. Selon Jean Vidal, le résultat final .

Après sa mort en 1888, le curé Lempereur est enterré au sein même de l'église, après la table de communion.

En 1895, une grille est ajoutée devant la façade.

En , la statue de la Vierge est dégradée par des militants anticléricaux ; restaurée, elle est placée dans une chapelle latérale. Peu après les élections municipales ayant vu la victoire de la liste républicaine, la nouvelle municipalité conduite par Léon Fontanieu fait apposer la devise républicaine sur le fronton de l'église, où elle demeurait en 2026.

En , l'église accueille en grande pompe la statue de Notre-Dame de Boulogne, en présence de Jean Girbeau et d'une délégation emmenée par le maire Augustin Pourreau ; ce geste est présenté implicitement comme une sorte de réparation de la dégradation de 1905.

Une nouvelle cloche paroissiale, baptisée Du nom de sa marraine, Mélanie Bosc., est bénie et « baptisée » par l'évêque en ; à cette occasion, Pierre Afflatet donne une allocution en provençal.

Au fil des ans, des travaux de rénovation et de consolidation s'imposent, notamment du fait d'un violent coup de foudre en 1959. En 1964, l'installation électrique et la sonorisation sont revues, un panel de chaises plus modernes est installé, l'orgue est amplifié, et un chauffage à air pulsé est mis en place. Trois ans plus tard, un rapport de la Société de contrôle technique et d'expertise de la construction sonne l'alarme, notamment quant à l'état des fondations et de la charpente ; d'où, derechef, d'importants travaux, sous la conduite de René Berthet. Pendant ce temps, on se remet à célébrer dans l'ancienne église. C'est aussi à cette époque que le maître-autel, le chancel et la couverture de la chaire sont retirés ; on ignore ce qu'ils sont devenus.

Alors qu'à l'origine, seul le chœur était peint, l'église est peu à peu ornée d'un bleu parsemé d'étoiles, de fresques représentant des figures allégoriques, ainsi que de motifs (losanges, fleurs de lys).

Depuis 1989, s'y tient une fois par an une messe en provençal, en hommage à Fanfonne Guillierme.

En , ce sont les reliques de Thérèse de Lisieux qui sont présentées dans l'église.

Liste des curés Jusqu'en 1888 : Roland Lempereur 1889-1911 : André Calvas 1911-1921 : Raphaël Domergue 1921-1933 : Paul Sattes 1933-1936 : Jean-Baptiste Marcon 1936-1948 : Antonin Castamagne 1948-1958 : Pierre Afflatet 1958-1969 : René André 1969-1996 : Étienne Cartairade 1996-2003 : Joseph Dufay

Patrimoine Le clocher, dont Philippe Chareyre note qu'il , et témoigne ainsi de la à Aimargues, s'élève à 38 m.

Les murs comportent divers graffitis, généralement signés par leurs auteurs.

Jean-Louis Py recense, parmi les divers éléments ornant l'église : des médaillons peints : quatre au niveau de la tribune gauche (représentant une fille portant un ciboire, Thérèse de Lisieux, ainsi probablement que Catherine d'Alexandrie et Hélène), et quatre autres à droite (probablement le patron de l'église, Saturnin, Jean-Marie Vianney, François de Sales et Jacques le Majeur) ; des fonts baptismaux en marbre ; les stations d'un chemin de croix, sept d'un côté, et sept de l'autre ; la chaire déjà mentionnée, et où sont représentés le Christ, les quatre évangélistes ; les grilles de la tribune axiale ; la chapelle de la Vierge et ses deux statues, l'une à l'Enfant réalisée en marbre par Léopold Morice en 1870, et l'autre de Miséricorde (celle, déjà mentionnée, qui avait été placée dans l'église après sa dégradation en 1905), ainsi que son vitrail en rosace dépeignant le couronnement de Marie ; une autre chapelle avec un vitrail représentant un évêque vainqueur d'un dragon, identifié par Py comme étant, ici encore, Saturnin ; une chapelle, surmontée d'un vitrail montrant Michel vainqueur d'un dragon, et renfermant les reliques de sainte Artimidora dans leur châsse ; une chapelle dédiée à Joseph, avec sa statue, et surmontée d'un vitrail représentant son couronnement ; une Montée au calvaire de Simon de Châlons, peinte sur panneaux de bois en 1548, restaurée en 1990 et classée MH ; les stalles et boiseries du chœur et le maître-autel figurant le Christ et les évangélistes (ca 1878) ; deux vitraux représentant le Christ, l'un bénissant, l'autre en Ecce Homo.

Les chapelles de la Vierge et de Joseph sont peintes par Marc Gaïda.

Le vaisseau comporte une élévation sous les voûtes de la nef à croisées d'ogives et bas côtés, un transept et un chœur tous deux éclairés par des roses et vitraux qui forment un ensemble datant de 1869 exécutés par les ateliers d'Édouard Didron.

Les dix-neuf vitraux du chœur représentent de façon chronologique, de droite à gauche : Abel, Noé, Abraham, Melchisédech, Moïse, David, Isaïe, Jean le Baptiste, la Trinité, Pierre de Rome, Paul de Tarse, Grégoire le Grand, Augustin d'Hippone, François d'Assise, Claire d'Assise, Louis IX de France et Germaine Cousin.

Elle renferme en outre une collection de vêtements liturgiques..

Notes et références

Annexes Bibliographie . . . . .

Liens externes

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