Catarina Zenab (1848-1921) est une missionnaire catholique soudanaise. Convertie au catholicisme au , elle est considérée comme la première missionnaire chrétienne dinka connue et comme une figure importante des débuts du christianisme dans le Soudan moderne.

Biographie

Origine et formation Zenab naît vers 1848 dans le village dinka de Gog, dans le sud du Soudan. Elle est la fille de Manyan e Agol, un chef local de rang modeste. En 1854, les missionnaires catholiques de la Congrégation des Pères de Vérone fondent leur première station au sud du Soudan, près de son village. En raison d’une forte mortalité parmi les missionnaires européens, cette station est abandonnée en 1860..

Zenab fait partie d’un petit groupe d’enfants dinka qui accompagnent les missionnaires survivants jusqu’à Khartoum avec Daniel Comboni. Ils constituent les premiers convertis soudanais au christianisme au . Son nom dinka d’origine est inconnu. Elle est baptisée sous le nom de Catarina dans la foi catholique en Égypte, en 1860.

Elle est formée dans des écoles catholiques en Égypte puis à Vérone, en Italie. Parlant couramment le dinka et l'arabe, elle aide les missionnaires à élaborer un dictionnaire et une grammaire de la langue dinka.. Elle est confirmée à Vérone en 1862. En 1867, elle retourne au Caire, où elle enseigne dans les nouvelles écoles missionnaires et travaille en particulier comme catéchiste auprès des Dinka..

Retour à Karthoum En 1873, elle revient à Khartoum pour enseigner dans l’école de la mission et participer aux baptêmes. À cette période, les prêtres catholiques la décrivent comme une missionnaire particulièrement douée. Bien qu’elle n’ait jamais prononcé de vœux, elle est alors considérée comme la première religieuse chrétienne dinka.

Elle épouse en 1874 un charpentier italien, Cesare Ongano. Elle donne naissance à une fille, Emilia, quelques mois avant la mort de son mari en 1875. Zenab reprend son travail auprès de la mission, mais Emilia meurt à l’âge de deux ans en 1878. Après ce décès, Zenab quitte la mission et vit avec l’explorateur autrichien , employé par le gouvernement égyptien comme gouverneur de , à la frontière éthiopienne. Le couple ne se marie pas mais a un fils, Jacob Ernst, né à Fashoda en 1880. Celui-ci est baptisé à Khartoum en 1881 et qualifié d’illégitime dans les registres ecclésiastiques.

Période mahdiste et fin de vie Les deux décennies suivantes sont marquées par des difficultés. Ernst Marno meurt à Khartoum en 1883, peu après le début du mouvement mahdiste qui renverse la domination égyptienne au Soudan et forme le Soudan mahdiste. Zenab survit au siège mahdistes de Khartoum et s’installe avec son fils à Omdurman, capitale de l’État mahdiste, où vivent également d’autres réfugiés chrétiens.

Durant cette période, de nombreux chrétiens sont soupçonnés d’avoir renoncé à leur foi. Zenab est elle aussi suspectée d’apostasie, bien qu’il soit possible qu’elle ait continué à participer discrètement aux rites chrétiens pratiqués clandestinement à Omdurman. Elle demeure dans la ville jusqu’à la chute de l’État mahdiste, renversé par les forces anglo-égyptiennes en 1898.

Peu après la prise d’Omdurman, Zenab se rend au Caire, puis retourne à Khartoum en 1902, où elle travaille comme interprète pour la mission catholique rétablie. L’Église envisage de l’affecter à une nouvelle station missionnaire parmi les Shilluk, sur le Nil Blanc, mais son état de santé ne le permet pas. Elle ne reprend pas d’activité missionnaire formelle et vit jusqu’à sa mort d’une pension versée par le gouvernement égyptien en tant que veuve d’Ernst Marno. Zenab meurt à Khartoum en 1921.

Notes et références

Catégorie:Traductrice du XIXe siècle Catégorie:Personnalité féminine soudanaise Catégorie:Naissance en 1848 Catégorie:Décès en 1921