La fontaine de la manufacture de Sèvres, ou de Sandier, est un ancien monument de la fin du installé à l'Exposition universelle de 1900, à Paris.

Histoire La fontaine est érigée pour l'Exposition universelle de 1900 sur les plans de l'architecte Alexandre Sandier, directeur des travaux d'art à la manufacture nationale de Sèvres et est sculptée par Alfred BoucherJournal de Beaune, 24 avr. 1900, p. 2/4 .. À travers cette structure monumentale, la manufacture souhaitait mettre en avant son expertise et impressionner les visiteurs. En , l'État fait don à la Ville de Paris de ce petit monument censé rester à son emplacement. Le Figaro commente positivement l'exposition de Sèvres en 1900, en la comparant à celle de 1889 qui : on voit en la fontaine Le Figaro, 9 juil. 1900, p. 3/6. ..

Après l'Exposition, elle est vandaliséeLa Presse, 7 févr. 1901, p. 3/4. .Le Journal, 14 mai 1901, p. 3/6. . Début février notamment, quatre des six grandes vasques sont brisées à coups de pierre, des amateurs emportent quelques-unes des tortues qui entouraient le second bassin, une des six grandes coquilles est enlevée et un grand nombre de coquillages et de petits attributs sont détériorés. En , . Rien n’est alors décidé à son sujet, quoiqu’est envisagée la possibilité d'être transportée dans les jardins qui bordent, près du Petit Palais, l’avenue des Champs-Élysées. L’administration n'entreprend que peu d'actions pour la protéger : quelques planches provenant de vieilles caisses d’emballage, enlevées deux jours après leur pose. Par contre, des amateurs apprennent qu’il reste encore des parties pour leurs collections : sur douze tortues, par exemple, trois seulement disparaissent, deux sont décapitées et sept demeurent intactes. Fin mai, il ne reste plus que cinq carapaces de tortues sans tête, queue ni pattes, ce qui laisse la fontaine dans un état de ruineLe Figaro, 29 mai 1901, p. 1/6. . En , on signale que des neuf tortues qui demeuraient encore, trois disparaissent et les six autres sont en piteux état. Les vasques brisées ont été enlevées par les soins de l’administration, mais les fûts qui les supportaient sont laissées et sont également en proie à la déteriorationLe Figaro, 7 nov. 1901, p. 1/6. .. Seul le trio de muses sur la colonne est épargnée. Devenue irréparable, Sandier prépare un remplacement pour combler toutes les vasques qui l’entouraient et le grand bassin central qui était placé au-dessous de ce groupe : il en termine le dessin et le modelage, et quelques-unes de ces vasques sont soumises aux feux de Sèvres le . Ces dernières sont beaucoup plus légères et plus évasées que les premières et, par une série de cuissons successives et minusieuses, il est même prévu de leur donner une « féerie d’arcs-en-ciel » plus vives que les couleurs originellesLe Figaro, 3 juil. 1901, p. 1/6. .. La gelée a aussi raison de la structure puisque la vasque se brise sous son action durant l'hiver 1901-1902Le Petit Sou, 5 janv. 1902, p. 1/4. ..

Un plan d'urbanisme à l'étude en prévoit notamment de replacer définitivement la fontaine à l'abri des vandales après restauration sur un rond-point au sein d'une promenade dans l'axe de la porte postérieure du Petit PalaisLe Figaro, 21 avr. 1902, p. 1/4. .. La direction des Promenades décide finalement vers début de transporter ce qui reste du monument dans les jardins du palais Galliera. Un ouvrier vient spécialement de la manufacture de Sèvres et achève le , de desceller les pièces de la partie centrale de la fontaine. Cette opération est complexe, car le béton coulé à l’intérieur de la céramique . La nouvelle fontaine, composée presque totalement de nouvelles pièces cuites à Sèvres, est édifiée dans le jardin actuel du jardin du palais GallieraL'Écho de Paris, 9 juin 1902, p. 1/6. . Elle est, en fait, mises dans les sous-sols du palais où elle attend réparation, selon l'administrateur de la manufacture BaumgartLe Matin, 14 juil. 1902, p. 2/6. .

Devant le délai de réédification, Baumgart indique en : L'Écho de Paris, 26 sept. 1903, p. 1/6.

De nos jours, la colonne centrale avec Les Ondines ou Les Nymphes de la Seine est conservée au musée Camille-Claudel à Nogent-sur-Seine.

Structure La colonne centrale comprend une sculpture de trois nymphes ou ondines, représentant des divinités ou des génies liés à la Seine, qui forment une ronde autour de la colonne. Leur position, dos à dos, ainsi que la légèreté des drapés rappelle Les Trois Grâces de Germain Pilon, un monument conservé au musée du Louvre, dont Boucher avait un dessin dans sa collection personnelle. Le traitement du grès, avec ses nuances de bleus et de verts, ainsi que le mouvement fluide des drapés, évoquent le cours de l’eau associé à la rivière. Le modèle inspire notamment une jardinière, aujourd'hui exposée au Petit Palais, pour laquelle Boucher donne son accord à la manufacture l'autorisation : les trois figures sculptées sont surmontées d'un vase dont la forme a été dessinée par Alexandre Sandier.

Références

Annexes

Articles connexes Portique de la manufacture de Sèvres Fontaine d'Hébé Fontaine Wallace

Liens externes

Photographie de la fontaine, en état de fonctionnement. Photographie de la fontaine, parue dans La Décoration.

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