Gilles Hallet, né le à Liège et mort le à Rome, est un dessinateur et artiste peintre originaire de la principauté de Liège.
Après s'être formé à Liège chez Walthère Damery, dont il est le cousin germain, le peintre s'installe dès 1655 à Rome, où il réside et travaille jusqu'à sa mort en 1694. Il devient un de la Ville éternelle, où il est aussi connu sous le nom dEgidio Hallet (parfois écrit Alè ou Alet).
Traitant surtout des sujets religieux, Gilles Hallet . Ses quelques tableaux connus se fondent tellement dans la peinture romaine de l'époque . Parmi les plus célèbres figurent sur le thème de saint Antoine de Padoue qui décorent une chapelle de l'église Sant'Isidoro a Capo le Case, la Nativité de la Sainte Vierge qu'il exécute vers 1680 pour l'église Santa Maria dell'Anima et deux versions identiques de sa Vierge à l'Enfant, qu'il réalise entre 1685 et 1692, pour les églises de Santa Maria delle Grazie alle Fornaci et San Gregorio al Ponte dei Quattro Capi.
Différents critiques et commentateurs des le considèrent comme mais manquant d'originalité. L'historien de l'art Pierre-Yves Kairis estime, quant à lui, .
Biographie Gilles Hallet, né à Liège le ..., est le cousin germain du peintre Walthère Damery, dont il est probablement aussi l'élève dans sa jeunesse. Dès 1655, il part se perfectionner à Rome et s'y fixe définitivement.
gauche|vignette|Adoration des bergers, avant 1694 (huile sur toile ; ), collection privée.|alt=Un groupe d'hommes et de femmes est agenouillé devant un bébé couché sur une chaise alors qu'une femme vêtue de bleu est aux côtés du nouveau-né. Des angelots descendent du ciel et admirent également le bébé.
Selon les mots du critique d'art Alfred Michiels, . En effet, il apparaît dans en 1656, puis dans d'autres registres postérieurs qui permettent de suivre la trace de l'artiste au gré de ses différentes résidences à Rome : d’abord dans la paroisse San Lorenzo in Lucina, puis à San Lorenzo in Damaso et enfin à San Tommaso in Parione, où il finit ses jours.
Comme le remarque Jules Helbig, Gilles Hallet devient un . La notoriété qu'il remporte lui permet d'être admis en à la confrérie des Virtuosi al Pantheon, dont il devient même régent (président) peu avant sa mort. Il s'occupe aussi de la formation artistique de son petit-cousin Laurent de Froidmont de 1680 à 1685.
vignette|Adoration des mages, avant 1694 (huile sur toile ; ), collection privée.|alt=Un groupe d'hommes est prosterné devant un enfant assis sur les genoux d'une femme alors que des angelots dansent en cercle dans le ciel.
Même s'il effectue le reste de sa carrière à Rome, le peintre n'oublie pourtant pas sa ville natale. Il fait qu'il envoie à ses amis liégeois, mais ont aujourd'hui disparu car la maison de son oncle, Laurent Damery, est détruite pendant le bombardement du mois de . Au fil du temps, Gilles Hallet acquiert , ce qui est confirmé dans le testament qu'il rédige le devant sept témoins italiens. Il y lègue et cède . Comme celle-ci n'a pas d'héritier, les revenus des biens qu'elle reçoit de l'artiste sont destinés, à son décès, à .
Le peintre, aussi connu localement sous le nom d'Egidio Hallet (parfois écrit Alè ou Alet) meurt célibataire, à Rome, le . Selon le souhait exprimé dans son testament, il est enterré dans l'église Santa Maria in Vallicella.
Œuvre Gilles Hallet est essentiellement un peintre de sujets religieux. D'après l'historien de l'art Pierre-Yves Kairis., les quelques tableaux connus de l'artiste, qui , se fondent tellement dans la peinture romaine de l'époque . Les rares œuvres de sa main sont majoritairement conservées dans des églises de Rome.
Il a, entre autres, exécuté , ses selon l'historien de l'art Jacques Hendrick., sur le thème de saint Antoine de Padoue qui décorent des lunettes dans une chapelle de l'église Sant'Isidoro a Capo le Case.., l’église romaine des franciscains irlandais. Les toiles dépeignent, , saint Antoine prêchant aux poissons et le même saint rappelant à la vie un enfant mort. Elles . Il est également l'auteur de deux toiles, signées et probablement réalisées pour des clients privés, de lAdoration des bergers. et de lAdoration des mages. qui sont passées en vente aux enchères chez Christie's en ... Un tableau représentant Saint Maur sauvant saint Placide de la noyade, vendu en 2006 puis en 2007, lui est aussi attribué.... Enfin, son dessin de Paysannes et enfants assis devant une chaumière, provenant de la collection du chanoine Henri Hamal, est conservé au cabinet des Estampes et des Dessins de Liège.. Dans , faite à la sanguine, il représente un groupe de femmes et d'enfants qui sont assis sur le sol près d'une chaumière alors qu'au second plan, deux voyageurs s'éloignent.
Peintures de l'église Santa Maria dell'Anima
vignette|redresse|Nativité de la Sainte Vierge, vers 1680 (huile sur toile, ), Rome, église Santa Maria dell'Anima.|alt=Une femme tient un bébé sur les genoux, tandis que deux jeunes filles, portant des langes et un bassin, se préparent à donner leurs soins à l'enfant qui vient de naître. Une vieille femme, qui se tient debout derrière ce groupe, observe, émue, la scène. Dans la pénombre du fond, une femme est couchée sur son lit, tandis qu'au second plan, un homme semble prier et lève les yeux au ciel.
Gilles Hallet réalise vers 1680 pour cet édifice religieux, qui est alors l'église romaine du Saint-Empire romain germanique dans lequel la principauté de Liège est intégrée. La participation d'un artiste liégeois à sa décoration n'a donc rien de surprenant, et pourrait être due à une commande du cardinal Jean Gautier de Sluse (1628-1687), originaire de Visé, qui est mentionné à diverses reprises dans les archives de l'église aux alentours de 1680 et qui, par ailleurs, y est inhumé en 1687.
La Nativité de la Sainte Vierge., la meilleure des quatre compositions (les trois autres étant Le Mariage de la Sainte Vierge, L'Annonciation et La Visitation) selon Jules Helbig, dépeint la scène suivante :
Selon le même auteur, .
En 1987, Jacques Hendrick mentionne uniquement, comme œuvres de l'artiste dans l'église Santa Maria dell'Anima, la Nativité de la Sainte Vierge et non les trois autres compositions du Mariage de la Sainte Vierge, L'Annonciation et La Visitation qui sont citées par Helbig en 1903. Par contre, il fait référence à , repris dans le Catalogo generale dei Beni Culturali italien et déjà évoqués par Jules Helbig et Joseph Philippe, qui ornent les caissons couronnant la niche de l'autel de cette même église et qui représentent Dieu le Père., saint Henri. et saint Antoine..
Les deux Vierge à l'Enfant des églises de Santa Maria delle Fornaci et de San Gregorio al Ponte dei Quattro Capi
La première Vierge à l'Enfant que le peintre effectue au milieu des années 1680. est une commande du père calabrais Giuseppe Faraldi, qui et qui . Suivant la suggestion d'une de ses élèves, Faraldi décide de demander une œuvre représentant la Vierge et confie son exécution à un artiste connu pour sa grande piété, Gilles Hallet.
vignette|redresse|Vierge à l’Enfant, vers 1685 (huile sur toile, ), Rome, église Santa Maria delle Grazie alle Fornaci.|gauche|alt=Une femme voilée de bleu porte un enfant sur les genoux. Les deux portent une couronne dorée. L'enfant tient un globe de la main gauche et il tend l'autre main, on ne sait si pour saisir celle de sa mère ou pour effectuer une bénédiction.
La composition, basée sur une icône médiévale, présente . La peinture est installée dans un édicule situé dans le quartier des Fornaci (ou des fourneaux à cause du voisinage des fours à terre cuite) et est rapidement l'objet d'une grande vénération en raison . Le succès est tel que la construction de la future église Santa Maria delle Grazie alle Fornaci commence bientôt, à l'emplacement où se situe l'édicule, et s'achève dès 1689. L'image miraculeuse du peintre y est conservée depuis lors.
C'est durant une épidémie de peste qui a lieu en 1691 et pour répondre à la piété du flot de pèlerins que la confrérie de la Congregazione degli Operai della Divina Pietà commande à Gilles Hallet une copie à l'identique du tableau. Comme l'église des Fornaci est située en dehors des remparts et les portes de la ville sont fermées pendant l'épidémie, l'œuvre originale est temporairement déplacée afin dans un couvent intra-muros, appartenant aux Oblates de Sainte Françoise Romaine et situé à Tor de 'Specchi dans le rione de Campitelli. L'artiste achève la vers 1691-1692.. Les deux versions sont examinées par Carlo Maratta qui les déclare .
On sait que le successeur du père Giuseppe Faraldi, en tant que de l'église des Fornaci, donne effectivement une des deux toiles à la confrérie de la Congregazione degli Operai della Divina Pietà, qui a son siège à l'église San Gregorio al Ponte dei Quattro Capi, mais il ne peut être établi avec certitude si c'est la première version de 1685 ou la copie que l'artiste exécute en 1691-1692 qui est finalement installée à l'église San Gregorio. Au demeurant, les deux églises de Santa Maria delle Grazie alle Fornaci et de San Gregorio al Ponte dei Quattro Capi .
Reproduction de ses œuvres par la gravure La première version de sa Vierge à l'Enfant est gravée par Benoît Farjat, originaire de Lyon et résident à Rome depuis 1673, sous le titre de Maria interceditrica di gratie. Egidius Halet leodien Pina. Rom. superior perm. 1685. Bened. Farjat sculp. Rome. Dans celle-ci, . D'après Jean-Simon Renier, cette œuvre .
Le même artiste grave aussi, toujours d'après Hallet, La Translation par les anges de la maison de la Sainte Vierge à Lorette. Dans cette œuvre, il représente la maison . La gravure est annotée de par dessous : Transvolavit ad nos Sta Domus tamquam navis quæ pertransit fluctuantem aquam et in civitate sanctificata requievit. Chap. 5.10.— Maria Virgo Lauretana, fons pietalis et lætitiæ. Ægid. Hallet inven. et delineavit. Bened. Fariat sculpsit Romæ, c'est-à-dire .
Réception critique Pour Adolphe Siret, Gilles Hallet . En 1903, Jules Helbig estime également que ses œuvres , mais . Par après, Joseph Philippe et Jacques Hendrick abondent dans le même sens lorsqu'ils remarquent, respectivement en 1964 et 1987, que l'artiste est un et que . Plus récemment, Pierre-Yves Kairis considère pour sa part .
École liégeoise de peinture
L'École liégeoise de peinture est une filière de peintres du et du premier tiers du , qui a vu le jour dans la principauté de Liège et qui s'est distancée du bouillonnement baroque sous l'impulsion de Gérard Douffet. Sa production, dans la foulée de la Contre-Réforme, est axée sur la peinture religieuse et de portraits. Les œuvres témoignent davantage du classicisme de Nicolas Poussin et du naturalisme du Caravage que de la grandiloquence du rubénisme. Outre Douffet, les peintres François Walschartz, Alexandre de Horion, Bertholet Flémal, Walthère Damery, Gérard Goswin, Jean-Guillaume Carlier, Gérard de Lairesse, Gilles Hallet, Englebert Fisen, Louis Counet et Théodore-Edmond Plumier sont les principaux représentants de ce mouvement.
Notes et références
Notes
Références
Annexes
Bibliographie
Catalogues d'expositions ou de musées
Dictionnaires
Études monographiques sur l'artiste
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Ouvrages et articles sur l'art
Articles connexes École liégeoise de peinture
Liens externes
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