Unwan al-Diraya fi man ourifa min al-ulama fi al-mia al-sabia bi Bijaia (en ), également connu sous le titre français (Titre de la connaissance des savants connus au septième siècle à Béjaïa), est un ouvrage de biographies consacré aux savants de Béjaïa au VIIe siècle de l’Hégire. Il a été rédigé par l’imam et cadi Ahmed ben ahmed ben Abdullah ben mohamed ben ali al-Ghabrini, connu sous le nom de Abi al-Abbas al-Ghabrini (mort en 704 AH). Il constitue une source majeure pour l’histoire intellectuelle et religieuse de Béjaïa médiévale, en mettant en lumière les réseaux savants et les institutions d’enseignement de la ville. L’ouvrage est fréquemment utilisé par les historiens pour reconstituer le paysage culturel du Maghreb central au XIIIe siècle.

Auteur Le cadi et jurisconsulte Ahmed Al Ghabrini naquit au VIIe siècle de l’Hégire, vers l’an 644 H (1246), dans un village relevant d’une tribu amazighe situé à proximité de la ville de Béjaïa, aux abords du bassin de l’oued Soummam. Il appartenait à la tribu des Aït Ghobri, établie dans la région d’Azazga, au sein des populations berbères du Maghreb central, dans la haute vallée de l’oued Sebaou. Il grandit à Béjaïa, où il reçut l’essentiel de sa formation, qu’il compléta également à Tunis, où son père, Abou al-Qasim Ahmed al-Ghabrini, exerçait la fonction de mufti.

Figure éminente de la vie intellectuelle de son époque, il joua un rôle important dans la vie judiciaire et savante de Béjaïa et en participant activement aux cercles d’enseignement religieux. Il laissa plusieurs ouvrages, parmi lesquels figurent Unwan al-Diraya, Al-Mawrid al-Asfa et Al-Fusul al-Jami‘a wa al-Hudud al-Mania‘a, qui constituent des sources majeures pour l’histoire religieuse et culturelle du Maghreb médiéval.

Versions et éditions Le bibliothèque numérique française Gallica conserve une version numérisée du manuscrit ʾOnvan al-diraya, indexée sous le titre Dictionnaire biographique des hommes célèbres de la ville de Bougie au VIIe siècle de l'hégire, comprenant 128 pages, et daté de 1883. Le titre de cette version est (en ) et le texte est rédigé en Neskhi maghrébin claire. Le manuscrit original se compose de 119 pages et a été intégré dans les collections de la Bibliothèque impériale française le sous le numéro « Arabe 2155 ». Il a été rendu accessible au public par la Bibliothèque nationale de France conformément à la loi n°78-753 du .

Le professeur Mohamed Bencheneb (1869‑1929) a réalisé la première édition critique du manuscrit, avec annotations, publiée ensuite à l’imprimerie Tha‘alibiya à Alger en 1910 (1328 H). Pour cette édition, il s’appuya sur quatre manuscrits : celui de la Bibliothèque internationale d’Alger (n° 1734), celui du juriste Sidi Abdel Razzaq al-Ashraf, cadi de Batna, celui du savant Sidi Ali ibn al-Hadj Moussa, conservé à la mosquée du sanctuaire de la zaouia de Sidi Abdel Rahman Tha‘alibi à la Casbah d'Alger, et celui du juriste et lettré Sidi Abi al-Qasim al-Hafnaoui, enseignant à la grande mosquée de la Casbah d’Alger.

L'écrivain libanais Adel Nuwayhed réalisa également une édition critique annotée, publiée à Beyrouth en 1969 par les Publications de la Dar al-Afaq al-Jadida, avec des index complets. La première édition parut en 1969 et la seconde en , sur 460 pages.

Enfin, le chercheur Rabah Bounar publia une nouvelle édition critique en 1970, dans la collection Dhakha’ir al-Maghrib al-‘Arabi, comprenant 351 pages. Il expliqua que la réédition était nécessaire car les exemplaires imprimés de l’édition de Mohamed Bencheneb étaient épuisés et contenaient de nombreuses erreurs. Dans sa propre édition, Rabah Bounar utilisa comme référence principale l’édition de Mohamed Bencheneb, qu’il considérait comme la version la plus importante, tout en comparant avec le manuscrit de la Bibliothèque nationale d'Algérie

Contenu Ahmed al-Ghabrini ouvre son ouvrage par une introduction rimée en prose (saj') d’environ quarante lignes, qui témoigne de sa parfaite maîtrise de la langue et de son habileté à agencer les mots avec élégance, comme s’il ornait son livre de parures stylistiques. À travers des phrases courtes et des ornements rhétoriques, il cherche à capter l’attention du lecteur et à l’inciter à poursuivre la lecture. Cette introduction s’inscrit pleinement dans la tradition littéraire de son époque ainsi que dans celle des auteurs qui l’ont précédé. Il expose ensuite les raisons qui l’ont conduit à composer cet ouvrage, parmi lesquelles figurent la prospérité économique, commerciale et culturelle dont jouissait Béjaïa, devenue un véritable pôle d’attraction pour les savants et les lettrés venus de toutes parts. Il souligne également le développement de l’enseignement et l’intense activité culturelle qui caractérisaient la ville.

Ce contexte l’a amené à s’intéresser au genre biographique à travers un ouvrage consacré aux vies de cent neuf personnalités ayant vécu ou séjourné à Béjaïa et dans la région de Kabylie (Zawāwa) au VIIᵉ siècle de l’Hégire (XIIIᵉ siècle). Il y présente les savants, juristes, soufis, imams, érudits et mystiques, tout en s’intéressant également aux littérateurs, poètes, philosophes et figures issues de divers domaines du savoir, en détaillant leurs parcours, leurs œuvres et leur influence sur la société béjaïenne. Dans chaque notice, il met en valeur l’identité complète de la personnalité, son nom, kunya, filiation et origine, ainsi que sa position sociale, ses lieux de naissance, de décès et de sépulture, ses qualités intellectuelles et sa formation. Chaque biographie se conclut par des vers de poésie, des passages en prose ou des maximes, et, dans certains cas, par la mention de ses maîtres, de ses disciples et de ses écrits

L'ouvrage Unwan al-Diraya contient 109 notices biographiques de savants, parmi lesquels figurent :

Liste non exhaustive

Importance L’importance de cet ouvrage réside dans sa grande valeur historique, intellectuelle et culturelle. Il constitue une source majeure pour l’étude de l’histoire du Maghreb central et de la vie savante à Béjaïa au VIIᵉ siècle de l’Hégire (XIIIᵉ siècle), en offrant une matière scientifique riche sur la production intellectuelle et littéraire de la cité. À travers ses notices biographiques, il fournit une image claire et fidèle des conditions culturelles et scientifiques de cette métropole médiévale, tout en mettant en lumière les réseaux de savants, les institutions d’enseignement et les courants religieux et philosophiques qui ont contribué à façonner son rayonnement.

L’ouvrage souligne également le rôle de Béjaïa comme centre d’attraction pour les érudits venus des principales villes du Maghreb, d’al-Andalus et même de l’Orient islamique, révélant ainsi l’ampleur de ses échanges intellectuels. Par son approche méthodique,al-Ghabrini ne se limite pas à retracer les parcours individuels, mais documente aussi les contributions scientifiques et spirituelles de chaque personnalité, offrant un panorama culturel de premier ordre. Unwān al-Dirāya apparaît ainsi comme un véritable registre de l’âge d’or intellectuel et religieux de l’Algérie médiévale, mettant en évidence le rôle central des savants dans la transmission du savoir, la consolidation de la tradition malikite et l’encadrement de la société.

Références

Liens externes

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