Sara ou Zara, née vers 1648 et trouvée morte le à la ville du Cap, est une travailleuse domestique khoïkhoï. Tout de suite après sa mort, trois juges de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales l'inculpent de suicide, et la condamnent post-mortem à être exposée sur les fourches patibulaires.
Biographie Dès son jeune âge, Sara est placée comme servante chez le weselois Hendrik Lacus. Lors du procès de ce dernier pour vol et détournement de fonds, les indications de Sara sont incorporées aux poursuites du procureur. Toutefois, elle n'est pas autorisée à comparaître officiellement comme témoin, car elle considérée comme une par les colons, tout comme , femme esclavagisée par Lacus, ne peut comparaître car elle est réduite en esclavage. Suite à la démise de Lacus, Sara rejoint le foyer d', une femme affranchie originaire du Bengale. Peu de temps après, le , Ansela trouve Sara morte dans sa bergerie, pendue par sa ceinture. Le jour même, le procureur Hendrik Crudop convoque le en formation judiciaire au fort de Bonne-Espérance. Un coroner fait disséquer le cadavre de Sara. Dans son récit de voyage, Willem ten Rhijne présente l'anatomie génitale de Sara, divulguée par le chirurgien légiste, comme une curiosité piquante sur celles qu'il appelle les . Un point de jurisprudence sur lequel buttent les trois juges assemblés est que Sara n'étant ni esclavagisée, ni néerlandaise, elle n'est normalement pas sujette à la juridiction de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, qui prétend respecter les ordres juridiques autochtones de ses colonies. Afin de justifier la condamnation pour suicide, le conseil fait appel à la doctrine du droit naturel et statue que Sara, ayant travaillé pour des colons toute sa vie et ayant appris le néerlandais et le portugais, devrait être assimilée à une chrétienne batave et soumise au droit romain. La préoccupation majeure des fonctionnaires de la VOC est de dissuader les autres travailleuses khoïkhoï de se donner la mort en suivant l'exemple de Sara. Le médecin raccommode le corps, qui est trainé jusqu'au gibet et pendu. Le , il est retrouvé à terre. Selon l'historienne Kerry Ward, ce déplacement pourrait avoir été un acte de résistance khoïkhoï au châtiment humiliant de Sara. Les colons raccrochent la corde au gibet le .
Commémoration Dans la performance Womb of Fire créée en 2017 à Grahamstown par , le transcript de l'entrée de journal de la VOC rapportant le procès de Sara est projeté en vidéo sur un écran.
Références
Bibliographie
Voir aussi Liens externes
Fiche sur le site du projet Under Cover of Darkness
Articles connexes Maria Mouton, autre femme exposée au gibet du Cap. Krotoa, contemporaine de Sara.
Catégorie:Personnalité féminine sud-africaine Catégorie:Personnalité sud-africaine du XVIIe siècle Catégorie:Suicide par pendaison en Afrique du Sud Catégorie:Personnalité sud-africaine condamnée pour crime Catégorie:Travailleuse domestique