Le SS Otsego est un paquebot mixte lancé en Allemagne en 1901 sous le nom de . Les États-Unis le réquisitionnent en 1917 et le renomment Otsego. En 1919, il sert dans la marine américaine sous le nom d'USS Otsego (ID-1628). Il passe les années 1920 et 1930 dans la marine marchande sous le nom dOtsego. En 1941, il devient le navire de l'armée américaine USAT Otsego. En 1945, il est transféré à l'Union soviétique, qui le rebaptise Ural. En 1947, il est peut-être renommé Dolinsk. Il est soit désarmé, soit démoli en 1955.
Pour la compagnie HAPAG, le assure des liaisons régulières entre Hambourg et la côte est de l'Amérique du Sud jusqu'en 1906, puis des croisières Atlas dans les Caraïbes jusqu'en 1914. Il secourt des citoyens américains lors du en Jamaïque. Le navire reste désarmé à New York depuis le début de la Première Guerre mondiale en 1914 jusqu'en 1917, date de l'entrée en guerre des États-Unis et de la saisie par ceux-ci des navires allemands présents dans leurs ports.
En 1917, l'United States Shipping Board (USSB) prend possession du navire et le rebaptise Otsego. Il effectue des traversées de l'Atlantique en tant que navire marchand jusqu'à la fin de la guerre, puis est intégré à la marine américaine comme transport de troupes en 1919. Transformé en cargo en 1920, il est ensuite désarmé jusqu'en 1923.
En 1924, la société l'achète et le fait réaménager pour transporter à nouveau des passagers. Il transporte des provisions, du saumon en conserve et le personnel de Libby, principalement entre Seattle et l'Alaska, jusqu'en 1941.
Fin 1941, les États-Unis rentrent dans la Seconde Guerre mondiale. La War Shipping Administration affrète lOtsego pour l'armée américaine, qui le fait transformer en transport de troupes. Il transporte des troupes et du matériel entre Seattle et l'Alaska jusqu'à peu avant la fin du conflit.
Début 1945, lOtsego est transféré à l'URSS dans le cadre du programme Prêt-Bail et rebaptisé Ural. Il opère dans l'Extrême-Orient russe. En 1947, il est peut-être renommé Dolinsk. Il est soit désarmé, soit démoli à Vladivostok ou dans ses environs en 1955.
Les paquebots de la classe Prinz gauche|vignette|Le prince Eitel Friedrich de Prusse Le est le premier d'une série de cinq paquebots à hélice unique construits par les chantiers navals allemands entre 1901 et 1903 pour la Hamburg-Amerikanische Packetfahrt-Actien-Gesellschaft (HAPAG). Ces cinq bateaux portent le nom de princes de la maison de Hohenzollern. Ce premier navire est baptisé du nom du prince Eitel Friedrich de Prusse. Construit par à Hambourg (numéro de chantier 408), il est lancé le et achevé le .
Reiherstieg S & M construit également le , qui est lancé en et achevé en . Neptun Werft à Rostock construit le . La Flensburger Schiffbau-Gesellschaft à Flensburg construit le et le .
Dans le même temps, Bremer Vulkan, à Brême, construit le et le . Ces derniers sont légèrement plus grands, possèdent des hélices jumelées et forment ainsi soit une sous-classe, soit une classe distincte.
Description Le a une longueur de , son maître-bau est de , son creux fait , sa profondeur est de . Il possède deux ponts continus et neuf cloisons étanches. Ses cales ont une capacité de de fret. Il dispose de quatre écoutilles de chargement : deux à l’avant et deux à l’arrière. Son tonnage est de et et son déplacement est de ().
À sa construction, il dispose de 100 couchettes en première classe au milieu du navire et de 634 en entrepont sur le pont principal. Son équipage de 46 hommes est logé dans le gaillard d'avant. Ses espaces communs comprennent un salon-salle à manger et une petite salle de réception, tous deux situés sur le pont promenade, ainsi qu'un fumoir à l'arrière de la salle des machines. Il embarque huit canots de sauvetage sur bossoirs radiaux. Il est réputé pour « l'utilisation somptueuse d'acajou sur la timonerie et les façades de la passerelle ».
Une machines à vapeur à quadruple expansion, avec des cylindres de diamètre respectif de , , et , et dont la course du piston fait , développe une puissance nominale de 318 chevaux, ce qui correspond à une puissance de .
Son unique hélice ainsi entraînée permet au navire une vitesse de . Deux chaudières écossaises à charbon à double foyer fournissent de la vapeur à . Sa capacité de soute est d'environ , ce qui lui confère une autonomie de . Il a une cheminée et deux mâts.
En 1910, le est équipé d'un système de signalisation sous-marine et de la télégraphie sans fil. En 1913, son indicatif d'appel télégraphique sans fil est DSI.
Service à la HAPAG
Lignes Hambourg - Amérique du Sud La HAPAG enregistre le à Hambourg. Son code est RMLJ. Ses premiers voyages le mènent de Wilhelmshaven, en Allemagne, à Saint-Thomas, dans les îles Vierges, transportant des marchandises diverses à l'aller et des fruits frais au retour. En , la HAPAG l'affecte à sa ligne entre Hambourg et le Brésil. La ligne dessert Rio, Santos, Bahia, Boulogne et Hambourg. Il reste sur cette ligne pendant les quatre années suivantes. vignette|Publicité HAPAG pour une croisière Atlas de 25 jours dans les Caraïbes à bord , janvier 1912
Ligne Atlas En 1901, la HAPAG a repris la ligne Atlas. En 1906, elle transfère le pour ce service, en tant que l'un des cinq navires proposant des croisières hivernales. Pour rejoindre ce service, le navire quitte Hambourg avec 572 passagers, arrivant à New York le .
La compagnie Atlas propose finalement des croisières aller-retour au départ de New York d'une durée de 11, 18 ou 25 jours avec un navire quittant New York chaque semaine. En 1913, elle exploite huit navires sur ce service.
Le semble n'avoir assuré presque exclusivement que des croisières de 25 jours, généralement avec son navire jumeau, . Les clients potentiels se voient offrir « des prestations équivalentes à celles des célèbres paquebots transatlantiques de la Hamburg-American Line », ainsi qu’une « cuisine et un service excellents ».
Les itinéraires de croisière varient d'une année à l'autre, mais incluent généralement la Jamaïque, Haïti, Cuba, la Colombie, le Costa Rica et le Panama. Depuis Panama, les passagers peuvent prendre une correspondance pour le Pérou et le Chili . L'escale à Panama dure généralement deux ou trois jours, avec des excursions à terre facultatives, le temps que les navires transbordent leurs cargaisons et embarquent les passagers en correspondance. Le canal de Panama est encore en construction et les navires de la HAPAG transportent souvent des matériaux de construction.
Séisme de Kingston (1907) Lors de sa première saison de croisière d'hiver, le subit les conséquences du tremblement de terre de 1907 en Jamaïque. Il quitte Colón, au Panama, le et doit arriver à Kingston, en Jamaïque, le lorsque le séisme frappe, faisant victimes et causant d'importants dégâts. On croit d'abord, à tort, que le navire est bloqué dans le port avec plusieurs autres navires. En réalité, c'est son navire jumeau, le , qui s'est échoué, et a été considéré comme une .
Le , le quitte Kingston avec 160 réfugiés américains. Ses cabines de première classe sont « saturées ». Le , le navire est le premier navire à atteindre New York après la catastrophe. À son arrivée, ses passagers adoptent une résolution condamnant les autorités britanniques en Jamaïque pour « inactivité et inefficacité totale » après le tremblement de terre, et pour avoir prétendument négligé les citoyens américains au profit des réfugiés britanniques.
Dès 1911, la HAPAG propose des croisières Atlas Line toute l'année. Les tarifs commencent à environ pour les croisières d'été et de à pour celles d'hiver.
En , Michel Oreste, président d'Haïti, abdique face à l'avancée des rebelles, et s'enfuit avec sa famille et son entourage à bord du . Ils débarquent à Kingston le .
Première Guerre mondiale
Internement vignette|5 navires allemands internés à New York. De gauche à droite, Prinz Joachim, Prinz Eitel Friedrich, König Wilhelm II, Hamburg, and Allemannia. Tous seront saisis par les États-Unis en 1917. Le , à l'aune de la Première Guerre mondiale, la HAPAG annonce la suspension immédiate des services de l'Atlas Line. États-Unis étant alors neutres, les navires de la HAPAG déjà présents dans les ports américains reçoivent l'ordre d'y rester, et ceux en transit vers un port américain celui de terminer leur voyage puis de cesser leurs opérations. Le , le est toujours en transit des Bahamas à New York. Il longe la côte du New Jersey pour le reste du voyage, et reste dans la limite des trois milles marins des États-Unis, afin d'éviter d'être capturé par les navires de guerre alliés. Avant l'aube du , tous ses feux de navigation, sauf les feux de position, étant occultés, le navire entre dans le port de New York. Il y reste interné pendant les deux années et huit mois suivants.
Saisie vignette|Des policiers gardent des navires de la HAPAG à New York, en février 1917. Ils se tiennent devant la proue du König Wilhelm II (à droite). À l'arrière-plan, le . Le , les États-Unis rompent leurs relations diplomatiques avec l'Allemagne suite à la reprise par cette dernière de la guerre sous-marine à outrance. Une surveillance policière est mise en place autour des navires dans le port de New York.
Le , les États-Unis déclarent la guerre à l'Allemagne et s'emparent de plus de 90 navires allemands, dont le . Les équipages allemands doivent quitter leur bord pour être internés à terre. Les navires sont remis à l'USSB en vue d'une éventuelle utilisation à des fins militaires. Peu après, l'USSB rebaptise le navire qui devient Otsego.
Transport de troupes Pendant la guerre, lOtsego transporte des munitions et du matériel américains en Europe, ainsi que des troupes. Après la guerre, le contingent étranger de la force de croiseurs et de transport américaine se retire, et l'US Navy développe rapidement sa flotte de transport de troupes pour rapatrier ses soldats. LOtsego est l'un des 56 navires appartenant au gouvernement américain sélectionnés pour être transformés en transports de troupes. Du au , la société de Hoboken (New Jersey), effectue sa transformation pour . Alors que les travaux de transformation sont toujours en cours, le navire est transféré à l'US Navy le et mis en service le même jour sous le nom d'USS Otsego (ID-1628). La transformation lui confère une capacité d'accueil de 28 officiers et 984 hommes du rang, et un équipage de 21 officiers et 168 hommes du rang.
LOtsego est affecté à la division de Newport News de la force de croiseurs et de transport. Il effectue quatre allers-retours pour rapatrier des troupes de France vers les États-Unis entre le et le . Lors de sa première traversée, il transporte du foin et des pièces automobiles jusqu'au Verdon-sur-Mer et revient de Bordeaux à New York le avec officiers et hommes des , , , , et compagnies de ballons. Parmi ses passagers lors de ce voyage figurent 74 hommes des , , et détachements de convalescents de Bordeaux, dont la plupart ont subi une amputation de la jambe.
Lors de son voyage suivant depuis la France, lOtsego quitte Bordeaux le avec 24 officiers et 987 hommes de troupe, dont l'état-major et les détachements médicaux du 1er Bataillon et des compagnies A, B et C du Régiment d'infanterie, Division, et arrive à New York le . Son arrivée, prévue le , est retardée de quatre jours en raison d'un problème de chaudière, perturbant apparemment les plans du gouverneur du New Jersey, , qui s'était rendu à Brooklyn le pour accueillir le navire. Il reçoit néanmoins un accueil chaleureux le , saluée par une flottille de bateaux à vapeur « avec fanfare, drapeaux et bannières indiquant les différentes villes d'origine », tandis que les soldats à bord de lOtsego « se pressaient sur les ponts, acclamant et cherchant leurs proches parmi l'escorte maritime ». Parmi les soldats de retour de ce voyage figurent sept hommes décorés de la Distinguished Service Cross par le général Pershing avant leur départ.