L’avenue Montaigne est une avenue située dans le de Paris.

Situation et accès Longue de 615 mètres et large de 33 mètresLes voies du « triangle d'or »., elle part de la place de l'Alma, en bordure de la Seine, et se termine au rond-point des Champs-Élysées.

Elle marque la limite sud du « triangle d'or ».

Ce site est desservi par la ligne 9 du métro à la station Alma - Marceau et par les lignes 1 et 9 du métro à la station Franklin D. Roosevelt.

Description Cette avenue qui monte en pente douce vers les Champs-Élysées est agrémentée de jardinets clôturés de grilles pouvant évoquer des cours anglaises. Il s'agit, au même titre que la rue du Faubourg-Saint-Honoré située un peu plus au nord, d'un des hauts lieux de la mode parisienne. Après la Seconde Guerre mondiale, l'installation de Christian Dior entraîne le développement du commerce de luxe dans l'avenue. Dans les récentes années, l'avenue Montaigne semble avoir connu un nouvel essor au détriment notamment de la rue du Faubourg-Saint-Honoré « Paris's Avenue Montaigne is reborn », International Herald Tribune... On y trouve les boutiques de grandes enseignes de luxe françaises et étrangères.

L’avenue Montaigne présente des différences certaines avec l'avenue des Champs-Élysées toute proche : elle est moins animée et davantage tournée vers le luxe, en particulier vers la haute couture. Le prix des loyers commerciaux, en revanche, y est sensiblement moins haut, même s'il est l'un des plus élevés de Paris. Au premier semestre 2007, les loyers annualisés pour un mètre carré en pied d'immeuble s'étageaient entre et , contre à sur les Champs-Élysées CCIP.. En 2024, le prix moyen du m sur l’avenue se situe dans une fourchette comprise entre et , avec un prix moyen de « Avenue Montaigne, 75008 Paris », sur meilleursagents.com.. En 2026, ce prix moyen au m passe à , faisant de l'avenue la rue la plus chère de ParisDelphine Denuit, « En 2026, les rues parisiennes les plus chères sont... », Le Parisien, 5 avril 2026..

Depuis 1911, l'avenue abrite le célèbre théâtre des Champs-Élysées, exemple de style Art déco, et le Plaza Athénée, l'un des douze palaces parisiens.

Depuis le , l'avenue Montaigne est jumelée avec la Madison Avenue à New YorkAnne Raulin, Manhattan ou la mémoire insulaire, Institut d'ethnologie, Paris, 1997., avec les quartiers Ginza de Tokyo depuis 1989 et Sakae Machi de Nagoya depuis 1998. Le intervient le jumelage avec le quartier de l'avenue Louise à Bruxelles.. Enfin, l'avenue entreprend le jumelage avec la Königsallee, à Düsseldorf (Allemagne), en 2014, tous ces lieux regroupant le pôle Luxe de leurs villes respectives..

Depuis le début du siècle, le Comité Montaigne (fondé en 1973) s’attache à faire rayonner l’image de l’avenue Montaigne et de la rue François- en France et dans le monde. Présidé par Jean-Claude Cathalan, le mari de Hiroko Matsumoto et ancien responsable du groupe Révillon-Luxe (Révillon, Karl Lagerfeld…), des Parfums Caron, et de la maison de haute couture Jean-Louis ScherrerJean-Pierre Thiollet et M.-F. Guignard, L'Anti-Crise, Éditions Dunod, ., il réunit la plupart des maisons de couture et de luxe qui y sont installées et organise des événements destinés à marquer l’agenda parisien, comme les Vendanges Montaigne en septembre, la fête des catherinettes ou la mise en lumière des arbres pour les fêtes de fin d’année.

Origine du nom vignette|Portrait présumé de Montaigne. Cette voie rend hommage, depuis 1850, au philosophe Michel de Montaigne (1533-1592).

Historique En 1672, on trouvait à l'emplacement de cette avenue Montaigne un simple chemin desservant les cabanes des jardiniers du marais des Gourdes, terrain appartenant aux dames de la Visitation-Sainte-Marie, limité à l'ouest par le Grand Égout descendant de Ménilmontant vers la Seine (correspondant à l'actuelle rue Marbeuf), à l'est par le côté impair de l'avenue Montaigne, au nord par les Champs-Élysées et au sud par la Seine. Le mot « gourde » désignait une sorte de courge, car on y cultivait des légumes. On l'appelle aussi « allée des Soupirs » vers 1720 et « avenue Verte » vers 1750.

vignette|gauche|Allée des Veuves. Cette allée fut plantée d'une double rangée d'ormes en 1770 sur ordre du marquis de Marigny, directeur général des Bâtiments du Roi, et surnommée « allée des Veuves », car on y rencontrait des femmes seules à la recherche d'une aventure galante en dehors de la ville. C'était un lieu mal éclairé et mal famé où l'on ne trouvait que quelques guinguettes louches à l'instar de celle qu'Eugène Sue y place dans Les Mystères de Paris (1838). C'est d'ailleurs au pied de l'un des ormes de l'allée des Veuves, situé devant la maison d'une certaine femme Brûlé, que furent enfouis les bijoux de la Couronne dérobés à l'hôtel du Garde-meuble en André de Fouquières, Mon Paris et ses Parisiens, Paris, Pierre Horay, 1953, , .. C'est dans cette allée des Veuves que Hippolyte Triat fit construire à partir de 1846 son gymnase couvert, possédant un plancher de 40 mètres de long..

En 1850, l'avenue est rebaptisée « avenue Montaigne ». Lors de l'Exposition universelle de 1855, le Palais des Beaux-Arts, construit par l'architecte Hector-Martin Lefuel, est édifié avenue MontaigneAnne Martin-Fugier, La vie d’artiste au siècle, Pluriel, 2016 .. Des maisons élégantes commencent à se construire le long de l'avenue, qui change complètement de caractère et devient l'un des lieux à la mode du nouveau quartier des Champs-Élysées.

vignette|L'avenue pendant la crue de la Seine de 1910. Jusqu'à la fin du , l'avenue Montaigne était essentiellement résidentielle, bâtie de beaux immeubles et d'hôtels particuliers, habités par la noblesse et la haute bourgeoisie. Au , le prestige de l'adresse attira industriels et banquiers qui choisirent d'y installer le siège de leurs entreprises et certains couturiers commencèrent à y établir leurs ateliers. Après la Libération, les maisons de haute couture les plus luxueuses y ouvrirent des boutiques.

Son prolongement, de l'autre côté des Champs-Élysées, s'appelait « rue Montaigne », comme en témoignent encore divers commerces. Il a été débaptisé pour honorer l'aviateur Jean Mermoz en 1937.

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire vignette|L'avenue à hauteur du Plaza Athénée. Bâtiments existants Le producteur de cinéma Jean-Pierre Rassam (1941-1985) a vécu avenue Montaigne, logeant à un moment le futur président algérien Chadli Bendjedid, avant d'emménager avec Carole Bouquet avenue de La Motte-Picquet.. (et 46, rue Jean-Goujon) : l'ingénieur des Arts et Métiers et grand collectionneur Émile Chouanard (1876-1930) habite à cette adresse, au quatrième étage, dans les années 1900« Interview de M. Chanouard », Paris : ancienne gazette des étrangers, 1908, sur Gallica., dans un appartement dont le vestibule est décoré par le peintre Gaston La Touche (1854-1913) ; ce panneau se trouve aujourd'hui au Petit PalaisCollection Émile Chouanard : Rodin au pinacle, facture de la vente au 2, avenue Montaigne, reproduite au catalogue, vente salle 7 le 17 juin 2009, à Paris Richelieu-Drouot, Mathias SVV, cabinets Perazzone-Brun, Scheller dans la Gazette de Drouot.. Entre autres enseignes, le rez-de-chaussée a abrité un magasin de mode Paul & Joe. En 2022, une boutique de la marque de parfumerie de luxe française Henry Jacques s'installe à cette adresse« Le temps retrouvé de la haute parfumerie selon Henry Jacques », Le Figaro, 17 mai 2022.. : André de Fouquières, Mon Paris et ses Parisiens, , .Voir « Maison de Talleyrand-Périgord ».. : Jean Jules Jusserand (1855-1932), diplomate, ambassadeur de France aux États-Unis, membre de l’Institut de France, grand-croix de la Légion d'honneur, avait son domicile à cette adresse et y est décédéArchives de Paris, 1932, Décès, 08, 8D 208, .. La Bibliothèque historique de la Ville de Paris conserve une série de photos signées de Thérèse Bonney, datées de 1926, le représentant dans son appartement« Jean Adrien Jusserand : photographie / Thérèse Boney » Bibliothèque historique de la Ville de Paris.. : hôtel de Dampierre. Hôtel particulier du baron de Dampierre (en 1895). Henri Rillart de Verneuil, homme politique français, sénateur, y possède un appartement à partir de 1895 ; il y meurt le Archives de Paris, 1948, Décès, 08, 8D 238.. L'hôtel abrita la clinique orthopédique du François Calot (1861-1944), spécialisée dans le traitement du mal de Pott. : hôtel de Durfort, construit en 1884 par les architectes Louis Charles Guinot et Ernest-Félix Trilhe, de style néo-Louis XVProtections patrimoniales, arrondissement, Ville de Paris, Règlement du PLU, tome 2, annexe VI, .. La comtesse de Durfort (1876-1962)Née Sybille de Chateaubriand, elle épouse en 1898 Jacques de Durfort Civrac de Lorge (1865-1938), union sans postérité., qui lui a donné son nom, née Chateaubriand, était la petite-nièce du vicomte de Chateaubriand, le célèbre écrivain, et la propriétaire du château de Combourg. L'homme de lettres André de Fouquières écrit en 1953 : .

: hôtel de Lesseps. Acquis par Ferdinand de Lesseps (1805-1894) au nom de la jeune femme qu'il a épousée en secondes noces en 1869, Louise-Hélène Autard de Bragard (1848-1909), qui lui donnera douze enfants s'ajoutant aux cinq enfants de son premier mariage, et habité ensuite par sa famille. Selon le New York Times du : Résidence en 1953 de la comtesse de Villiers-TerrageAndré de Fouquières, Mon Paris et ses Parisiens, , .. : Marlene Dietrich y occupa de 1980 jusqu'à sa mort, en 1992, un petit appartement de situé au . Le chah d'Iran Reza Pahlavi y a résidé (nom inscrit dans l'annuaire) lors de ses passages à Paris ainsi que le prince Rainier de Monaco. : théâtre des Champs-Élysées, inauguré en 1913. . : dans cet immeuble, situé en face du palace Plaza Athénée, le marchand d’art Daniel Wildenstein (1917-2001), « l’homme aux », possède un appartement de Renaud Lecadre, « Empire Wildenstein : l’art de la fugue fiscale », Libération, 20 mai 2012.David Bensoussan, « Les secrets de la fortune des Wildenstein », Challenges, 16 mars 2012., un penthouse situé au neuvième étage où il passe une grande partie de l’annéeYvonnick Denoël, Jean Garrigues, Histoire secrète de la corruption, 2014.. Magali Serre, Les Wildenstein, 2013. À sa mort, l’appartement devient la propriété de ses fils, Alec Wildenstein et Guy WildensteinClaude Dumont-Beghi, Les Milliards cachés des Wildenstein, 2016, éleveurs et marchands d’art. : siège de Antenne 2 puis de France 2 de 1981 à 1998 et depuis siège du groupe LVMH et d'une boutique Louis Vuitton. : hôtel Plaza Athénée, inauguré en 1913. : immeuble d’habitation, avec local commercial au rez-de-chaussée, construit en 1937 par l’architecte Louis Duhayon, signé en façade« 26, avenue Montaigne », sur pss-archi.eu.. Les ferronneries sont l’œuvre de Raymond Subes, les grès de l’usine Gentil et Bourdet. Cet immeuble, de style Art déco, est protégé au titre du PLU« Compte-rendu de la séance du 22 novembre 2022 », Commission du vieux Paris.. : ancien hôtel de Saint-Vallier (en 1910). Surélevé et dénaturé. C'est dans cet hôtel, ou peut-être dans un hôtel édifié précédemment au même emplacement, que vint loger en 1857 la comtesse de Castiglione. André Becq de Fouquières écrit : : ancien hôtel de Gustave Schlumberger, membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres.