Maria Giudice née le 27 avril 1880 à Codevilla, morte à Rome, le 5 février 1953 est une journaliste, activiste, féministe et syndicaliste italienne.

Biographie Maria Giudice, est née à Codevilla le 27 avril 1880. Elle fait ses études à Pavie, où elle obtient son diplôme d'institutrice. Elle commence sa carrière à Voghera. Elle s'intéresse à la politique en rejoignant le Parti socialiste italien. Sa rencontre avec Ernesto Majocchi l'introduit dans le monde journalistique. Maria Giudice dirige Donna che piangere, le supplément du magazine L'uomo che ride, publié de 1895 à 1907. Elle collabore également avec le périodique Eva.

En 1902, journaliste reconnue et établie, elle attire l'attention de la police pour ses activités de propagande auprès des ouvriers du textile, notamment à Voghera où elle organise de nombreux rassemblements. L'année suivante, elle devient secrétaire de la Chambre du travail de Voghera. En 1903, elle est envoyée par le parti socialiste italien en Émilie-Romagne pour diriger la Chambre du travail de Borgo San Donnino (Fidenza).

Après avoir publié un article sur les massacres de Torre Annunziata dans La Parola dei lavoratori, elle est condamnée à plusieurs mois de prison. Enceinte de son premier enfant, elle se réfugie en Suisse. Dès 1903, elle soutient les activités syndicales des émigrants italiens, dans le secteur textile. Elle rencontre l'anarchiste Carlo Civardi. De cette union naissent sept enfants.

En Suisse, elle rencontre Lénine, Mussolini. Elle fonde avec Angelica Balabanoff le magazine bimensuel Su Compagne !. L’émancipation des femmes par l'autonomie économique est pour elle, le thème central. Elle n’est pas favorable à la création d’une organisation féministe distincte. Elle soutient que l’émancipation des femmes dépend d’une réelle amélioration morale et intellectuelle de la société, en lui garantissant ainsi des conditions de vie égales à celles des hommes.

En 1905, à son retour en Italie, elle est arrêtée, puis libérée quelques mois plus tard grâce à une amnistie. Malgré des arrestations répétées, elle poursuit sans relâche son activité de militante. En 1910, elle travaille comme institutrice à Musocco, en Lombardie. Suite à un désaccord avec la direction de l'école, elle est licenciée en 1913. Dès 1912, elle reprend son activité de journaliste au sein du journal La Difesa delle lavoratrici, pour lequel elle signe sous le pseudonyme de Magda.

En 1913, elle s'installe au Piémont, à Borgo Sesia, où elle publie dans La Campana Socialista. Élue secrétaire de la Fédération socialiste locale, elle est à la tête de la Semaine rouge, grève qui provoque de fortes émeutes dans les régions textiles de Valsesia, ce qui lui vaut d'être arrêtée et condamnée à vingt jours de prison.

En 1916, le Parti socialiste lui demande de s'installer au Piémont, où elle prend la direction de la Chambre du travail de Turin. C'est la première fois qu'une femme occupe ce poste. Elle devient également secrétaire de la Fédération turinoise du Parti Socialiste italien, tout en poursuivant son engagement journalistique en tant que directrice de Grido del Popolo.

Au début de la Première Guerre mondiale, elle défend une position anti-interventionniste. En 1916, elle est emprisonnée pour avoir participé à une manifestation sans autorisation à Turin avec Umberto Terracini. Il s'agit du premier rassemblement organisé depuis le début de la guerre. Maria Giudice affirme que le conflit est voulu par les seigneurs à des fins purement économiques.

En 1917, lors des émeutes déclenchées par la pénurie de pain et qui dégénérèrent en affrontements avec la police, faisant plus de cinquante morts, Maria Giudice, devenue la première femme journaliste de renom à Turin, est arrêtée et reconnue coupable par le Tribunal militaire qui la condamne à trois ans de prison. Amnistiée, elle quitte la ville en 1919. Carlo Civardi meurt au front des suites de l'explosion d'une grenade. En 1920, elle est envoyée en Sicile, par le Parti socialiste italien, convaincu que ses talents d'oratrice pourraient inciter les paysannes à l'action. La même année, elle préside le Congrès socialiste régional, qu'elle ouvre et préside.

En 1922, lors d'un de ses discours à Lentini, la police tire et tue deux femmes, ce qui provoque des affrontements entre les paysans et les forces de l'ordre. Considérée comme responsable de l'émeute, elle est accusée d'incitation au crime et d'incitation à la haine de classe. Elle est arrêtée, acquittée en 1923 et libérée.

Ses positions antifascistes lui valent l'attention du régime qui, en 1927, la place sous surveillance. Dès lors et jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, Maria Giudice se consacre exclusivement à la culture, lisant et étudiant surtout le grec et le latin. Sa maison devient un lieu de rencontres pour les jeunes intellectuels et les opposants. Sa fille raconte qu'ils passaient avec aisance de Rosa Luxemburg aux romans de Dostoïevski.

En Sicile, elle rencontre l'avocat socialiste Giuseppe Sapienza, et de leur relation naît Goliarda. Elle fonde avec Giuseppe le journal L'Unione qui continue à paraître malgré deux attentats incendiaires.

En 1920, Maria prononce l'oraison funèbre de Giovanni Orcel, secrétaire des Métallurgistes, assassiné par la Mafia le 14 octobre dans une rue du centre de Palerme. Dans la nuit du 30 avril au 1er mai 1921, à Palerme, lorsque le siège de la Fédération des Métallurgistes est incendié, Giuseppe Sapienza et Maria Giudice, qui habitent un appartement voisin, parviennent à s'échapper. En 1921, le couple, s'installe à Catane, où Maria Giudice intègre la Chambre du Travail et poursuit ses activités de propagande. Ses bons résultats aux élections régionales de l'année précédente incitent les dirigeants du parti à lui confier la composition de la délégation sicilienne au Congrès national de Livourne. Elle est désormais considérée comme une figure importante au niveau national.

En 1941, elle s'installe à Rome avec sa famille pour permettre à sa fille Goliarda Sapienza de fréquenter l'Académie royale d'art dramatique dirigée par Silvio D'Amico. Elle a alors l'occasion de renouer avec les dirigeants antifascistes, de participer à la Résistance et de rédiger des journaux clandestins ronéotypés.

En 1944, elle signe l'acte fondateur de l'Union des femmes italiennes (UDI), tandis qu'en 1945, avec son amie et collègue Angela Balabanoff, elle réalise un portrait du dictateur récemment déchu qu'elle avait rencontré des années auparavant lors de sa fuite en Suisse. L'œuvre s'appelle « Le traître Mussolini ». En 1947, elle apporte son soutien à l'initiative de scission sociale-démocrate du Palazzo Barberini.

Atteinte depuis le début des années 1940 de pertes de mémoire probablement dues à la maladie d'Alzheimer, elle meut le 5 février 1953 à Rome. Une foule nombreuse assiste à ses funérailles.

Publications

La nostra idea, Tipografia sociale Morello, Biella 1903; La nostra religione, Tip. Verderi, Lugano, 1904; La Spiga, ed. Avanti!, Milano, 1921; I vivi: Fantasia, Tip. Strano, Catania, 1932; Nicolo Alongi, Tip. Perna, Palermo, 1944; Il traditore Mussolini, in Piccole curiosità non del tutto inutili a sapersi, A. Balabanoff, Avanti!, Roma-Milano, 1945.

Notes et références

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