L'affaire Eugen Grigore désigne l'attaque au camion commise en par le chauffeur routier roumain Eugen Grigore contre des nomades roms, tuant 24 individus et blessant 50 autres. Celle-ci fait suite au meurtre de l'épouse et des trois enfants du chauffeur par des roms.

Grigore est condamné à perpétuité la même année, il est libéré en 2001 et meurt percuté par un camion en 2009.

L'affaire n'est pas médiatisée à l'époque en raison de la volonté du régime communiste de ne pas attiser la haine ethnique.

Contexte En , Eugen Grigore est un chauffeur routier de 27 ans travaillant environ 14 heures par jour pour subvenir aux besoins de sa famille. Il a une épouse, trois enfants ainsi qu'une maison dans le quartier Copou de Iași. Un jour, le directeur de son lieu de travail lui dit de rentrer chez lui parce que sa maison est en feu. L'auteur Traian Tandin affirme qu'un groupe de femmes et de mineurs roms, appartenant à la tribu nomade rom installée près de Ciurea, pensent que la maison est vide et y pénètrent donc pour la cambrioler. Or, la femme de Grigore ainsi que ses trois enfants sont dans le jardin. Selon Tandin, ils entendent des bruits dans la maison, y pénètrent et seraient immobilisés par les roms qui mettent le feu à la maison, un incendie ayant tué la femme ainsi que les trois enfants. Les enquêtes de la milice seraient bloquées parce que les voisins de Grigore ne veulent pas collaborer comme témoins, car ils craignent des représailles de la part des roms.

Attaque Après deux mois, convaincu de l'incompétence des autorités et menacé, semble-t-il, par les roms qui promettent de se venger s'il ne retire pas sa plainte, Grigore décide de se venger. Un jour, en , à midi, après avoir bu un demi-litre de cognac, il fonce avec son camion dans les tentes des Roms, tue 24 personnes et en blesse environ 50.

Conséquences Le régime communiste interdit à la presse de publier quoi que ce soit sur l'incident, afin d'éviter un conflit ethnique entre les roumains ainsi que les roms. Les nomades roms ont quitté Iași pour s'installer à Botoșani. Eugen Grigore est condamné à l'emprisonnement à perpétuité, mais en 1990, sa peine est réduite à 28 ans de prison. En 1995, il est transféré de Botoșani à l'hôpital de neuropsychiatrie. En 2001, il est relâché et vit dans la rue. Grigore meurt en lorsqu'il est percuté par un camion à Iași.

Dans la culture populaire En 2008, un ancien policier devenu écrivain, Traian Tandin, écrit sur l'affaire Eugen Grigore dans un ouvrage intitulé Cei mai odioși 100 criminali români (« Les 100 criminels roumains les plus odieux »).

En 2012, l'affaire « Eugen Grigore » a attiré l'attention de tout le pays, car lors d'un match Steaua Bucarest – Rapid Bucarest, les supporters du Steaua ont déployé une banderole sur laquelle on pouvait lire « Respect à Eugen Grigore ». Ceci est perçu comme une forme de manque de respect envers Rapid. L'incident a également suscité des réactions de la part du président de l'UEFA, Michel Platini, et de la Commission européenne contre le racisme et l'intolérance.

Notes et références

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