Le déficit en synthétase de carbamyle phosphate (déficit en CPS ) est une maladie métabolique autosomique récessive qui entraîne une accumulation d'ammoniaque dans le sang en raison d'un manque d'enzyme synthétase de carbamyle phosphateI fonctionnelle. L'ammoniaque, produite lors de la dégradation des protéines dans l'organisme, est toxique à des concentrations élevées et peut affecter le système nerveux.

Il s'agit d'une maladie rare associée à une mortalité infantile élevée.

Signes et symptômes Le déficit en synthétase de carbamyle phosphate se manifeste généralement dès les premiers jours de vie. Un nourrisson atteint peut présenter une apathie (léthargie), un refus de s'alimenter, ainsi qu'une respiration ou une température corporelle mal régulées. Certains nourrissons peuvent présenter des convulsions, des mouvements anormaux ou un coma. Les complications du déficit en carbamoyl phosphate synthétase peuvent inclure un retard de développement et une déficience intellectuelle.

Chez certaines personnes atteintes, les manifestations du déficit en en synthétase de carbamyle phosphate peuvent être moins flagrantes et n'apparaitre que plus tardivement dans la vie.

Génétique

Le déficit en synthétase de carbamyle phosphate se transmet selon un mode autosomique récessif. Cela signifie que le gène défectueux responsable de la maladie est situé sur un autosome, et que deux copies du gène mutant (une héritée de chaque parent) sont nécessaires pour que la personne soit atteinte de la maladie. Les parents d'une personne atteinte d'une maladie autosomique récessive sont tous deux porteurs d'une mutation du gène, souvent sans être eux-mêmes malades.

Physiopathologie Des mutations du gène CPS1 sont responsables du déficit en synthétase de carbamyle phosphate. Ce déficit appartient à la classe des maladies génétiques appelées troubles du cycle de l'urée. Le cycle de l'urée est une série de réactions qui se déroulent dans les cellules hépatiques. Ce cycle transforme l'azote en excès, produit lors de l'utilisation des protéines par l'organisme, en urée, qui est ensuite éliminée par les reins.

En cas de déficit en synthétase de carbamyle phosphate, l'enzyme, qui régule le cycle de l'urée, est endommagée ou absente. Le cycle de l'urée est alors perturbé et l'azote s'accumule dans le sang sous forme d'ammoniaque. L'ammoniaque est particulièrement nocive pour le système nerveux et son excès provoque des troubles neurologiques ainsi que d'autres manifestations.

Diagnostic Le diagnostic prénatal peut être établi par biopsie hépatique fœtale ou par analyse de l'ADN génomique extrait du liquide amniotique.

Traitement En fonction de l'état clinique et du taux d'ammoniaque dans le sang, la première étape logique consiste à réduire l'apport protéique tout en essayant de maintenir l'apport énergétique. Instaurer une perfusion intraveineuse de glucose à 10 % (ou plus, si administrée par voie centrale) et de lipides. L'administration intraveineuse de benzoate de sodium et de phénylacétate de sodium peut être utile. L'arginine est généralement administrée avec le benzoate et le phénylacétate. Ce traitement est de préférence administré dans un centre hospitalier universitaire disposant d'un service d'hémodialyse infantile. Le phénylbutyrate de glycérol est une préprodrogue qui est métabolisée pour former le phénylacétate. Les résultats d'une étude de phase 3 ont montré la non-infériorité du phénylbutyrate de glycérol par rapport au phénylbutyrate de sodium pour contrôler le taux d'ammoniaque sanguin chez l'adulte. Dans une autre étude menée auprès de jeunes enfants âgés de 2 mois à 5 ans, le phénylbutyrate de glycérol a permis une excrétion urinaire de plus homogène sur 24 heures et a réduit les symptômes liés à l'accumulation de phénylacétate. Chez les patients présentant une hyperammoniémie sévère, un traitement rapide par hémodialyse est indiqué. Les spécialistes des maladies métaboliques doivent assurer une prise en charge à long terme avec un suivi rapproché et régulier.

Une étude publiée en 2025, a évalué un approche d'édition génomique dédiée. Cette démarche s'est révélée prometteuse pour la correction des mutations génétiques délétères. En particulier, un nouveau-né atteint d'un déficit sévère en synthétase 1 de carbamyle phosphate, a bénéficié d'une prise en charge pour un traitement personnalisé. Les chercheurs ont mis au point une thérapie génique à base de nanoparticules lipidiques, conçue spécifiquement pour ce nourrisson. Après autorisation règlementaire, l'enfant a reçu deux doses du traitement à l'âge de 7 et 8 mois environ. Au cours des sept semaines qui ont suivi, le nourrisson a toléré une augmentation de son apport en protéines alimentaires et une réduction de 50 % de la dose de son médicament séquestrateur d'azote. Ces améliorations ont été apportées sans effets secondaires significatifs, même en présence d'infections virales concomitantes. Aucune complication grave n'a été rapportée. Un suivi reste nécessaire pour évaluer plus précisément l'innocuité et l'efficacité à long terme du traitement.

Notes et références

Liens externes

GeneReviews/NCBI/NIH/UW entry on Urea Cycle Disorders Overview NIH gene CPS1 carbamoyl-phosphate synthase 1 genecards.org CPS1 Gene - Carbamoyl-Phosphate Synthase 1 Carbamoyl Phosphate Synthetase 1 Deficiency-National Organization for Rare Disorders

Catégorie:Maladie génétique du métabolisme des acides aminés Catégorie:Maladie génétique congénitale rare