Le Kouang-Tchéou-Wan (), également orthographié Quang-Tchéou-Wan du temps de la présence française ou encore Guangzhouwan« Chine / France : des historiens vont retracer l'histoire de la concession française de Guangzhouwan », Chine Nouvelle (Xinhua), 16 août 2011.Pierre Brocheux et Daniel Hémery, Indochine : la colonisation ambiguë 1858-1954, La Découverte, 1994, ., est un territoire de situé dans le sud de la Chine continentale, cédé par bail à la France en 1898 à la suite du traité de Kouang-Tchéou-Wan et rétrocédé à la Chine en 1945. Rattaché administrativement à l'Indochine française, il englobait des territoires situés sur la côte nord-est de la péninsule de Leizhou, à l'ouest du Guangdong, comptant notamment la ville actuelle de Zhanjiang, ainsi que les îles Donghai, Naozhou (alors respectivement translittérées, Tan-hai et Nau-chau) et Nansan (alors appelée île des Aigrettes).

Histoire Après la conquête française, le territoire est cédé par la Chine pour une durée de par l'accord du Jean Charpentier, Pratique française du droit international public. In: Annuaire français de droit international, volume 5, 1959, pp. 877-902, sur persee.fr, consulté le 11 janvier 2014. "Le territoire de Kouang-Tchéou-Wan était rattaché administrativement à l'Indochine, mais il restait soumis, en vertu de la convention franco-chinoise du 16 novembre 1898, à la souveraineté chinoise (J.O. A.N. , ).". Le chef-lieu administratif est baptisé Fort-Bayard (actuel Zhanjiang). En 1900, le territoire de Kouang-Tchéou-Wan passe sous l'autorité du gouverneur général de l'Indochine française.

En s'emparant de ce territoire, la France cherche à étendre sa zone d'influence à partir de l'Indochine au Sud-Ouest de la Chine (Yunnan, Sichuan et Guangdong). Elle souhaite faire du port de Kouang-Tchéou-Wan un grand port de commerce, pour contrebalancer les influences britannique (Hong Kong) et portugaise (Macao) dans le sud de la Chine. Au départ, pour son projet colonial en Chine, la France voulait conquérir l’île de Hainan, mais les Britanniques refusèrent une telle conquête. L’île de Hainan sera toutefois sous influence française, une influence surtout économique.

La France utilise ce comptoir pour l'expédition des produits miniers tirés des concessions accordées par la Chine. En 1900, le territoire est rattaché à l'Indochine sous l'autorité directe de son gouverneur généralFrançois Joyaux, Nouvelle histoire de l'Indochine française, Perrin 2022 .

Des projets français d'extension des chemins de fer indochinois vers le Yunnan (Chemins de fer de l'Indochine et du Yunnan, la ligne Hanoï-Kunming) est terminée en 1909 et ouverte en 1910.. La gare de Pi-che-Tchai dans le Yunnan construite par un ingénieur français est un important port d'échange pour les empires européens. Pendant plus de trente ans, la gare joue un rôle de première importance sur cette ligne, dans l'exportation d'étain, de fourrures et de riz. Français, Britanniques, Américains, Allemands, Japonais et Grecs s'y relaient successivement de manière ininterrompue. D'autre lignes vers le reste de la Chine sont envisagées, qui échoueront à cause de problèmes de délimitations du territoire.

Pour mettre en valeur le territoire et le rendre accessible aux navires de commerce, les Français érigent un phare en 1904, toujours visible de nos jours.

En outre, le territoire de Kouang-Tchéou-Wan connaît un important trafic d'opium, couvert par le gouvernement français et soutenu par la Banque d'Indochine..

Cependant, le territoire ne connaît pas la même croissance rapide de population que d'autres parties de la Chine côtière, cette population passant de en 1911 à seulement en 1935.

En 1914, la France, par l'intermédiaire du gouverneur de l'Indochine française, demande au Royaume-Uni d'assurer la sécurité du territoire ; la France, déjà en guerre, ayant du mal à gérer militairement l'Indochine française. Entre 1914 et 1919, environ de l'Armée des Indes britanniques sont déployés à Kouang-Tchéou-Wan. Durant cette période, la Chine reste encore instable et n'attaque pas le territoire. En , le commandement britannique est relevé et deux unités d'artilleurs des troupes coloniales du Tonkin remplacent les cipayes des Indes britanniques.

À partir de 1920, les Français comprennent que le projet initial est un échec, le territoire ayant de nombreux retards. La Chine voisine est instable depuis 1911 et la présence française est toute relative, l'attention coloniale du plus grand nombre d'investisseurs se portant à cette époque sur l'Indochine française.

Au début des , le ministère français des Colonies constate que ce territoire n'égalera jamais celui des Britanniques, Hong-Kong.

En 1925, devant les vues et l'impérialisme japonais sur la Chine, la France envisage de faire du territoire un port de guerre. À partir de 1931, le projet se concrétise, mais les budgets manquent et la France, en retard elle-même sur son armement face à l'Allemagne, ne le finalise pas (le projet sera mené à terme par la Chine qui fera du port de Zhanjiang une grande base navale). À partir de 1930, la France commence à être touchée par le krach boursier de 1929, et la crise économique pénalise donc le projet de port militaire, qui est suspendu.

Le territoire est occupé par l'empire du Japon en 1943. Le à Chongqing (Tchoungking), alors que les Japonais occupent toujours Kouang-Tchéou-Wan (le Japon avait capitulé le ), Jean Daridan, diplomate français, et Kuo Cheng Wu, vice-ministre des Affaires étrangères de la République de Chine, signent la Convention entre le Gouvernement provisoire de la République française et le Gouvernement national de Chine sur la rétrocession du territoire à bail de Kouang-Tchéou-Wan.. Après le départ des troupes d'occupation japonaises du territoire fin , des représentants des gouvernements français et chinois se rendent à Fort-Bayard pour effectuer le transfert administratif. Le drapeau français est abaissé pour la dernière fois le Matot, Bertrand. Fort Bayard. Quand la France vendait son opium. Éditions François Bourin, 2013, Paris, .. Le territoire était donc officiellement sous domination française jusqu'en , mais il n'y avait plus d'administrateurs, ni militaires français depuis 1943. En , les Chinois reprennent pleinement leur souveraineté sur le territoire. Si à l'époque la rétrocession du territoire de Kouang-Tchéou-Wan passe pratiquement inaperçue en France, en revanche, elle favorise et encourage les nationalistes du Vietminh, en Indochine française, qui luttent pour l'indépendance du Vietnam, où la nouvelle est largement diffusée.

Depuis la « pinyinisation » de l’écriture chinoise, Fort-Bayard, dont le nom chinois initial était Tsamkong (lecture en cantonais), est connu sous le nom de Zhanjiang.

Héritage de la présence française

thumb|right|250px|Le pont Cunjin, qui marqua la frontière entre les territoires chinois et le territoire français. La France avait formé une petite élite francophone, mais ces francophones sont restés isolés du reste du monde des années 1940 — le lycée français fut fermé en 1943 lors de l'invasion japonaise — aux années 1980, surtout pendant la période de la révolution culturelle dans les années 1960, . Avant 1943, il y avait aussi une école franco-chinoise où de jeunes enfants scolarisés issus de l'élite locale, recevaient un enseignement bilingue en chinois et en français.

Au début des années 1990, le nombre de francophones était estimé à un millier d'individus, des personnes âgées, issues de l'ancienne élite, et ayant connu la colonisation française, mais le plus souvent, ils parlaient mal ou avaient oublié le français. En 2014, cette petite élite semble avoir complètement disparu en même temps que les anciennes générations. La France n'envisage pas d'ouvrir un nouveau lycée français ou Alliance française.

Zhanjiang est aujourd'hui une base navale, qui reçoit une partie de la flotte de guerre de la marine de la République populaire de Chine, opérant en mer de Chine et dans le Pacifique. La région est rigoureusement contrôlée par crainte de l'espionnage, et très limitée aux Occidentaux, dont les Français : pour accéder à la zone, un laissez-passer est nécessaire mais il est rarement accordé. De ce fait, la zone est déserte d'Occidentaux, ce qui ne favorise guère la vitalité d'une forme de francophonie dans la région. À partir de 2010, l'accès à la région est facilitée pour les visiteurs occidentaux, mais ils ont interdiction d'accéder aux installations militaires, tout comme prendre des photos des navires, ou tout ce qui relève de l'armée. Le visiteur peut être convoqué à tout moment par les policiers, qui peuvent contrôler les appareils photos ou smartphones, par exemple.

L'héritage de la colonisation française se retrouve de nos jours surtout à travers la religion catholique, et les 5 % de catholiques de Zhanjiang, où avant 1943, il y avait une paroisse qui dépendait directement du vicariat apostolique d'Hanoï, en Indochine, tandis que l'arrière-pays dépendait du vicariat apostolique de Pakhoi.

En une délégation de la ville de Zhanjiang a visité la Norvège, la Grande-Bretagne et la France (Paris, Brest, Nice) dans le but de développer les relations économiques, en particulier dans le domaine de l'ingénierie maritime..

Subdivisions

En 1926, le Territoire de Kouang-Tchéou-Wan comprenait. : deux « centres urbains » : Fort-Bayard (aujourd'hui Xiashan) et Tchekam (ou « Tchia-K’am. ») ; sept « délégations » : Poteou, Tamsoui, Potsi, Tchimoun, Taiping, Tongsan, Sanka-Wo.

Garnisons Garde indigène : elle comprenait et indigènes. Ils étaient dirigés par des sous-officiers annamites ou tonkinois, souvent avec des origines chinoises.

Le colonel était un Français de métropole, ainsi que les deux officiers encadrant la garde indigène.

Galerie

Liste des commandants et administrateurs vignette|Tableau des administrateurs de Kouang-Tchéou-Wan exposé dans le musée de la résidence de l'Administrateur, à Zhanjiang.