May Howard Jackson est une sculptrice née le à Philadelphie et morte le , première femme afro-américaine à être admise à la Pennsylvania Academy of the Fine Arts, elle innove en représentant les grands leaders noirs de son époque et des personnes de couleur dans des scènes de la vie quotidiennes. Récompensée en 1928 par le prix de la fondation Harmon, elle fréquente le militant des droits civiques W.E.B. du Bois et la sculptrice Meta Vaux Warrick Fuller.
Biographie Jeunesse et éducation May Howard est née à Philadelphie le , dans une famille afro-américaine de la classe moyenne.
Elle étudie à l'école d'art de James Liberty Tadd de Philadelphie, un établissement qui utilise de « nouvelles méthodes pédagogiques ». Le fondateur de l'école est un innovateur qui « souligne l'importance de la formation aux arts visuels » pour stimuler le cerveau, et préconise un modèle d'enseignement ambidextre et six années d'enseignement artistique dès la maternelle. Dans cette école, May Howard étudie « le dessin, le dessin conceptuel, le dessin à main levée, la création de motifs monochromes, le modelage, la sculpture sur bois et l'utilisation des outils ».
Elle poursuit sa formation artistique, grâce à une bourse, à la Pennsylvania Academy of the Fine Arts (1895), et devient la première femme afro-américaine à intégrer l'institution, ouvrant ainsi la voie à une autre élève célèbre, originaire comme elle de Philadelphie : Meta Vaux Warrick Fuller. Parmi ses professeurs, on compte l'impressionniste américain William Merritt Chase, le sculpteur , un ancien élève de l'académie Julian, et John J. Boyle (un élève de Thomas Eakins, lui-même ancien professeur de l'école). Ses œuvres sont alors influencées par l'esthétique des Beaux-Arts et caractérisées par le naturalisme et le traitement dynamique des surfaces et des formes.
A l'issue de quatre années d'études à la PAFA, Howard épouse le professeur de mathématiques et futur directeur de lycée, William Sherman Jackson.
Washington, D.C. et le lycée M Street En 1902, May et William habitent à Washington D.C.. William enseigne à la , le premier lycée public pour Afro-Américains des États-Unis et, à cette époque, le meilleur établissement du pays pour les élèves de couleur. Le corps professoral de la M Street High School était « sans doute supérieur à celui des écoles publiques blanches, dont les enseignants étaient généralement diplômés d'écoles normales et d'instituts de formation des enseignants ». La majorité des professeurs de la M Street High School (dont William) sont d'anciens élèves de prestigieuses institutions universitaires, qui, malgré l'obtention de leur diplôme, ne parviennent pas à trouver un poste d'enseignant dans les universités.
Carrière vignette|May Jackson travaille sur un buste de W.E.B. Du Bois Après son installation à Washington, May Jackson « avait prévu de poursuivre ses études à l’école d’art rattachée à la Corcoran Art Gallery, mais sa candidature fut rejetée en raison de sa couleur de peau ». Un temps découragée, elle affirmera plus tard que « c’est principalement grâce à l’influence et aux encouragements de W.E.B. Du Bois qu’elle reprit son travail avec la détermination de mettre ses dons au service de sa communauté ».
Du Bois a également utilisé son travail pour illustrer The Crisis, un journal dont il est le fondateur et qui devient à partir de 1910, le magazine officiel de la NAACP. Grâce au soutien de W.E.B. Du Bois, May Jackson rompt avec le style académique des Beaux-arts et assume de représenter les leaders noirs de son époque dans son œuvre – « des portraits respectables d'hommes respectables » – et ses scènes familiales intimes de familles afro-américaines.
Expositions Dans les galeries de Washington En 1912, son buste de Du Bois, parmi d'autres œuvres, est exposé à la galerie Veerhoff à Washington. L'artiste reçoit une critique positive dans le Washington Star, qui loue la structure de l'œuvre : « L'expression est vivante et juste, le rendu des textures, la suggestion du mouvement sont bien rendus. »
Pour une femme de couleur, trouver des lieux publics pour exposer son travail constitue un défi. « Il est très rare que les galeries d'art de Washington exposent les œuvres d'artistes de couleur », observait un critique de l'époque, « et le fait que l'œuvre de Jackson ait été exposée témoigne de son talent ».
En 1917, Jackson expose à la Corcoran Gallery de Washington, dont l'école d'art l'avait refusée, pour des raisons raciales, à son arrivée dans la capitale quinze ans auparavant.
Autres Expositions vignette|Portrait de Paul Dunbar par May Jackson. Face au manque de soutien des galeries, May Jackson utilise d'autres espaces publics, tels que le « War Service and Recreation Center » du YMCA de Washington, où, en , elle présente une exposition solo de 25 sculptures.
Le lycée de M Street déménage dans de nouveaux bâtiments et est rebaptisé Dunbar School en 1916 en hommage à Paul Laurence Dunbar (décédé en 1906), intellectuel et poète afro-américain de renom (Jackson réalise un portrait en son honneur, dont une fonte en bronze devient propriété de l'établissement). La Dunbar School fonde la Tanner Art League en 1919 et tenea d'organiser une exposition annuelle pour les artistes de couleur. La première exposition présente les œuvres d'artistes de quinze États et comprenait des pièces de Laura Wheeler, Julian Abele, Meta Warrick Fuller, ainsi que des œuvres récentes de Jackson (« un buste et une statuette »). L'exposition de Dunbar en 1922 présente des œuvres de William Edouard Scott et William McKnight Farrow, ainsi que la première présentation à Washington de la sculpture de Jackson, La Fraternité, qui avait « occupé une place de choix lors d'une récente exposition de la Society of Independent Sculptors au Waldorf Astoria », aux côtés d'autres de ses œuvres.
Récompenses vignette|William Harmon, homme d'affaires et philanthrope engagé dans la promotion des artistes afro-américains. Son travail est récompensé par un prix de la en 1928. Cinq de ses œuvres sont exposées lors d'une exposition, suite à ce prix, dont deux figurent en illustration dans le catalogue (« Buste du doyen Kelly Miller » et « Tête d'un enfant noir »). Selon l'historienne de l'art May Jackson a abordé « sans compromis ni sentimentalisme, les questions de race et de classe, en particulier celles qui affectaient les mulâtres ».
Enseignement Entre 1922 et 1924, May Jackson a travaille comme professeure d'arts plastiques à l'université Howard. Elle a parmi ses élèves James Porter qui rédigera la première anthologie consacrée à l'Art afro-américain.
Dernières années May Jackson est décédée en 1931 et est enterrée au cimetière de Woodlawn dans le Bronx, à New York. Du Bois a écrit son éloge funèbre dans le numéro d' de The Crisis : « Avec son âme sensible, elle avait besoin d'encouragement, de contacts et d'une appréciation délicate. Au lieu de cela, elle s'est heurtée aux ombres de la ségrégation raciale… Dans le cas de May Howard Jackson, les contradictions et les ramifications absurdes de la ségrégation raciale ont déchiré son âme».
Références
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Bibliographie
Liens externes
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