En organologie, une clé est un dispositif mécanique permettant d'ouvrir ou de fermer les trous d'un instrument à vent qui sont hors d'atteinte des doigts. On trouve un clétage élaboré sur les hautbois, les saxophones, les clarinettes, les bassons et les flûtes traversières.

L'objectif est la suppression des défauts de justesse ou l'amélioration de l'ergonomie de l'instrument.

L'artisan chargé de la confection des clés d'un instrument de musique s'appelle un clétier. (clétière au féminin).

Nécessité des clés

L'anatomie humaine n'autorise la manipulation que de dix orifices avec les deux mains. La plupart des instruments cités n'emploient que 9 doigts, le pouce de la main droite étant souvent utilisé au maintien de l'instrument.

Le cas de la flûte à bec montre qu'avec seulement huit trous, on obtient toutes les notes de la gamme (les sept situés au-dessus du tuyau pour les notes de la gamme, et celui en vis-à-vis du pouce gauche pour favoriser le passage en mode harmonique). La position de la main gauche placée en haut de l'instrument rend le petit doigt complètement inopérant parce que trop court pour atteindre le corps de l'instrument.

Selon l'instrument, la gamme diatonique est alors complétée par des doigtés fourchés ou des obstructions partielles qui produisent les notes altérées avec une justesse pas toujours satisfaisante. De plus suivant la taille de l'instrument, les orifices se trouvent rapprochés ou écartés ce qui peut le rendre peu ergonomique.

Le neuvième doigt (souvent le pouce de la main gauche), accède à un trou qui permet le saut au registre supérieur, qui correspond en général à l'octave ; dans le cas des clarinettes, qui quintoient, le saut ramenant à plus haut, la gamme est incomplète : on a recours à des clés supplémentaires pour étendre le registre.

Tous les instruments à clés s'appuient sur cette disposition à ; le système de clés apportant des extensions ou des facilités de jeu.

De plus chaque main ne peut guère couvrir plus de (écart maximal entre le pouce et l'auriculaire). Donc pour les grands instruments, comme le basson, il est nécessaire de proposer un déport de commande, en quelque sorte un prolongement des doigts.

Histoire vignette|Clés carrées montées sur bosselage sur une flûte d'amour (Monzani à Londres, 1813).

Les premières clés apparaissent sur les instruments en bois au pour étendre le registre vers les notes graves. Leur mécanique est sommaire. Les clés ont probablement été introduites par les facteurs de la famille Hotteterre. vers 1660 de La Couture, musiciens à la cour du roi. Progressivement les facteurs qui sont avant tout des tourneurs sur bois s'adresseront à des spécialistes du métal. Les clés sont fixés dans une fente réalisée dans un bosselage tourné dans le corps de l'instrument. Les premières clés sont équipées d'un feutre pour boucher les trous d'harmonie sans lèvre effectués dans le corps. vignette|Clé carrée en argent d'un instrument baroque, sans tampon (ca. 1800).

Après les clés carrées, les clés rondes et plates ont été utilisées en France entre 1815 et 1830 puis remplacées par des clés en forme hémisphérique dite en .. Ces clés étaient équipées de tampons rembourrés de laine recouverte d’un cuir tendre, de boyau ou de peau de poisson. La fabrication du trou d'harmonie évolue également et présente une lèvre plane pour améliorer l'étanchéité du tampon. vignette|Clés en forme de pelle-à-sel sur une clarinette à neuf clés.

À partir des années 1860-1870, les clés prennent la forme actuelle dite en .

Au cours du , la fabrication des clés se mécanisera. L'effervescence des inventions de cette période augmente le nombre de clés des instruments et nécessitera l'ajout de tourillons pour maintenir les clés avec précision..

Classification des clés

Les différentes clés présentes sur ces instruments répondent à des besoins qui se distinguent par leur effet, et qu'il faut resituer à chaque fois par rapport à un instrument sans clé :

Clé ergonomique

Lorsqu'un trou est trop éloigné des doigts, on met à disposition une rallonge directe, ou par pièce(s) interposée (s). C'est le cas de la plupart des clés sur les grands instruments (basson, saxophones, clarinette basse...)

Il en est de même pour les trous dont le diamètre est supérieur à celui des doigts. Dans ce cas on a recours à des palettes portant un tampon, qui peuvent être en vis-à-vis des doigts ou déportés.

Clé de transfert de doigté

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À la clarinette (en système Boehm) en particulier, les auriculaires sont largement sollicités avec à portée. En fait, il s'agit de double-commandes évitant les glisser entre clésNéanmoins, il existe certains rares traits où l'enchaînement de notes nécessite de faire glisser l'auriculaire entre deux clés sur les clarinettes système Boehm. comme pour le passage do-si grave dans le grave du saxophone (favorisé par ailleurs par des rouleaux). Une même note est alors accessible avec deux doigtés distinctsCertaines clarinettes système Boehm disposent d'une clé de transfert supplémentaire du grave ( médium) à l'auriculaire gauche ; ce type de clarinette est généralement dénommée ..

Clé d'extension de registre Lorsque tous les doigts bouchent des trous, ou lorsqu'ils sont tous libérés, il est possible d'intervenir sur une clé pour obtenir, sur le même registre, soit une note supplémentaire plus grave en bouchant un trou (cas des notes si et grave au saxophoneCertains modèles de saxophone baryton descendent jusqu'au la grave., grave pour la clarinette, patte de si grave sur la flûte traversière), soit une note plus haute en ouvrant un trou supplémentaire (cas du la médium à la clarinette qui contribua à sa première grande améliorationVoir article sur la clarinette ancienne. ).

Clé d'octave ou de douzième (quintoiement) Sur tous ces instruments, cette clé permet le basculement à l'harmonique supérieure. Il s'agit souvent d'un orifice de petite taille placé près de l'embouchure et manœuvré par le pouce de la main gauche.

Sur le saxophone, cette clé est double, même si le mécanisme d'aujourd'hui rend le fait complètement transparent. Les modèles plus anciens disposaient de deux clés actionnées par le pouce gauche, l'une pour les notes allant du Ré au Sol#, ouvrant un orifice en haut du fût principal, et une autre à partir du La, actionnant la clef du bocal. La plupart des solutions modernes reposent sur le principe du palonnier.

Dans le cas de la clarinette, cette clé fait passer à l'harmonique impaire suivante, qui est à la douzième (une octave plus une quinte) de la note initiale . Il s'agit donc d'une clé de douzième, et non pas, contrairement aux autres instruments, d'une clé d'octave, même si on la nomme parfois ainsi par abus de langage.

Les grandes clarinettes modernes (clarinette basse, clarinette contralto, clarinette contrebasse) disposent d'une double clé de douzième automatique, également appelée double clé de registre automatique.

Clé de dièse (#) À partir d'un doigté donné, l'action sur une clé ouvre un orifice qui hausse la note d'un demi ton, en provoquant un raccourcissement de la colonne d'air. C'est le cas du Sol# aigu de la clarinette actionné par l'auriculaire de la main gauche, via une spatule excentrée.

Clé de bémol (♭) À partir d'un doigté donné, l'action sur une clé ferme un orifice qui baisse la note d'un demi ton, en allongeant la colonne d'air. Cette démarche est celle appliquée sur la flûte à bec avec les doigtés fourchés. Moins courant sur les instruments à clefs (ce qui explique certainement une préférence de ces musiciens pour les dièses au détriment des bémols), c'est le cas du Si♭ fourche sur le saxophone ou la clarinette.

Inventé par le flûtiste bavarois Theobald Boehm, le système Boehm et ses anneaux sur les flûtes et les hautbois offre cette possibilité. En effet, une telle clé doit rester fermée pour toutes les notes inférieures.

Clé de justesse Les anneaux du système Boehm agissent sur des trous supplémentaires à ceux gérés directement par les doigts. Cela permet un raccourcissement sélectif de la colonne d'air en fonction du doigté. Cela apporte un grand confort d'exécution, ne requérant aucune correction ni des doigts ni de l'embouchure.

Clé de correction Les modèles de clarinettes haut de gamme disposent généralement d'une option de clé de correction actionnable au pouce droit pour corriger l'intonation du fa et du mi grave.

Sur une option du modèle de la clarinette Récital de chez Selmer, un mécanisme active automatiquement une clé de correction située sur le pavillon distinguant les clés à actionner dans le grave (registre du chalumeau) de celles de l'aigu (registre du clairon); de ce fait, le fa grave (qui quintoie sur le do clairon) ne demande plus de correction.

Clé de substitution Ces clés auxiliaires sont destinées à l'exécution de note sur un autre doigté. Leur emploi pour une note maintenue est parfois peu recommandée en raison de la sonorité ou la justesse peu satisfaisante ; elles sont alors utilisées dans l'exécution des trilles. Par exemple, les 4 grandes clés sur le corps haut de la clarinette actionnées par le flanc de l'index de la main droite donnent l'accès à un Si ou un Do clairon, tout en restant dans le registre du chalumeau.

Exemple illustré

Sur la clarinette, on retrouve la plupart de ces clés. Comme sur les autres instruments, il arrive que plusieurs fonctions soient attribuées à une même clé. Les repères sur image ci-contre renvoient aux commentaires suivants : O : c'est un orifice directement bouché par le doigt. A : clé de La médium, permet d'étendre le registre par un trou supplémentaire, lorsque tous les doigts sont dégagés. B : une clé de type anneau, qui force aussi la fermeture de D (Mi♭ fourche dans le registre grave). C : clé du Do# chalumeau ou Sol# clairon. Elle est actionnée par l'auriculaire, les trois autres doigts bouchant leur trou respectif. D : clé de justesse. Le tampon permet de libérer plus que la simple libération du trou du majeur (Ré au Mi). Cette clé intervient dans le doigté du Mi♭ fourche (registre grave). En agissant directement sur le tampon avec le majeur gauche, doigté peu académique sur la clarinette mais disponible sur les saxophones, on obtient le même effet. E : clés d'extension pour les notes graves. Le trou bouché se trouve à l'extrémité de la clarinette (30 cm plus loin). Ces clés sont doublées avec les commandes de l'auriculaire de la main droite. F : clés de trilles (aussi nommées clés de cadence). La main droite agissant le plus souvent sur une, mais parfois sur deux clés, d'où la disposition des touches.

Le repère (1) montre un axe longitudinal de clé et le repère (2) un axe tangentiel. Sur l'axe (1), sont guidées deux clés distinctes.

Autres exemples :

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Technologie Terminologie

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Une clé est constituée des éléments suivants : La calotte équipée d'un tampon assure l'action de bouchage sur l'orifice ; son maintien fermé est assuré par le ressort. Le trou peut être ouvert par défaut ou fermé par défaut. La spatule est la partie en contact des doigts du musicien. La tringlerie (axe) relie ces éléments.

Sur l'exemple ci-contre d'une clé directe de clarinette (celle du La médium), on distingue : La spatule actionnée par l'index de la main gauche. Le corps de la clé constitué d'une nervure centrale appelée biseau. Le tampon collé dans la calotte. Le ressort à lame assurant le maintien en position fermée. Le point d'appui se situe donc derrière l'axe, du même côté que la spatule. Le liège servant de butée lorsque la clé est ouverte. Collé sous la clé, il contribue, en partie, à la justesse de la note obtenue en permettant de régler la levée. La charnière où vient s'insérer l'axe à vis qui maintient la clé. La vis maintenant le ressort.

Cinématique