Le Mikoyan-Gourevitch MiG-17 (en ) est un chasseur soviétique mis en service en 1952. Il équipe les forces aériennes des pays du pacte de Varsoviedurant de nombreuses années et reçut le nom de code OTANde Fresco. Le MiG-17 est construit à plus de en URSS et est fabriqué sous licence en Pologne et en Chine. Son successeur est le MiG-19.
Employé par les Nord-Vietnamiens lors de la guerre du Viêtnam, le MiG-17 est avec le Mikoyan-Gourevitch MiG-21 l'un des deux avions qui obligent l'USAF à revoir ses tactiques de combat aérien. En effet, bien qu'assez ancien à cette époque, il se révèle un adversaire coriace pour les pilotes américains, difficile à détecter, très manœuvrable et doté d'un armement très respectable. Les leçons tirées des engagements avec les MiG vietnamiens sont à l'origine de la naissance d'avions comme le General Dynamics F-16 Falcon ou le McDonnell Douglas F-15 Eagle.
Histoire Cet appareil, qui a effectué son premier vol le reprend à peu près les mêmes lignes que le MiG-15. En effet, si ce dernier a connu un grand succès capable d'égaler, voire de surpasser les meilleures productions occidentales, il n'est pas exempt de défauts. Le plus gros problème du MiG-15 est son manque de stabilité aux vitesses transoniques. L'avion a tendance à vibrer et à se cabrer lorsqu'il parvient dans ce domaine de vol, ce qui en fait une mauvaise plate-forme de tir, interdisant d'exploiter ses caractéristiques pourtant supérieures à celles du F-86 Sabre. La tendance au cabrage est particulièrement désastreuse lorsque l'avion est piloté par des aviateurs peu entraînés. Ceux-ci, surpris, laissent parfois l'avion partir en vrille. L'apparition du MiG-15bis contribue à amoindrir ces défauts, mais ceux-ci restent présents.
vignette|gauche|Prototype I-330 L'équipe de Mikoyan et Gourevitch travaille donc sur un nouveau projet, le I-330 ou MiG-15bis 45 pour corriger définitivement les défauts. Les améliorations portent sur une augmentation de la flèche de l'aile qui passe de 35 à 45 degrés, un agrandissement de l'empennage vertical et un rallongement du fuselage de 90 centimètres. Deux prototypes sont alors construits et I.T. Ivachtchenko fait voler le premier le . L'avion montre des performances et une maniabilité supérieures au MiG-15bis. Mais quelques faiblesses persistent, comme des commandes plus dures que celles de son prédécesseur. Il peut être aussi dangereux, comme l'accident d'Ivachtchenko le prouve le , l'avion partant dans un piqué incontrôlable et tuant son pilote qui n'a pas le temps de s'éjecter. Les résultats sont cependant prometteurs et le programme continue avec le deuxième prototype. Deux exemplaires de présérie sont construits et volent en 1951. Finalement, les premiers avions de série sortent de chaîne l'année suivante.
L'avion est progressivement amélioré. Les aérofreins sont agrandis, le moteur Klimov VK-1 cède la place à un Vk-1A plus fiable et un nouveau siège éjectable est monté en 1953. De son côté, Vladimir Klimov a mis au point une variante du Vk-1, le Vk-1F pourvue d'une postcombustion. Ce nouveau moteur est essayé sur un avion hybride composé d'un tronçon avant de fuselage de MiG-15bis, d'ailes de l'un des prototypes du MiG-17, et d'un tronçon arrière de fuselage redessiné. Cet avion composite vole le , piloté par A.N. Tchernoborov. Si la vitesse de pointe évolue peu, le taux de montée et le plafond sont grandement améliorés et la production est décidée en 1952 sous la désignation de MiG-17F. L'avion entre en service l'année suivante et reçoit le code OTAN de Fresco C. Il ne se distingue des premières versions que par l'apparition de lèvres variables de la tuyère du réacteur qui dépassent du fuselage et d'aérofreins à nouveau agrandis. Par la suite les MiG-17F reçoivent des améliorations en cours de production, comme le montage d'un collimateur radar SRD-1 et le montage de missiles air-air R3S (nom de code OTAN AA-2-2 Advanced Atoll). Une variante de reconnaissance, le MiG-17R, est construite à quelques exemplaires, le canon de cédant la place à une caméra. Sur la fin de la vie opérationnelle de l'avion, on voit apparaître des conversions pour l'attaque au sol, le MiG-17AS, sur lesquelles le montage de deux pylônes d'aile supplémentaires permet d'emporter des roquettes non guidées.
vignette|gauche|Gros plan sur le nez d'un MiG-17 PF, montrant le radar Parallèlement aux versions de chasse par beau temps, une version pourvue d'un radar est aussi conçue dont le prototype SP-2 vole en 1951. Cependant, cet avion est abandonné et réservé aux tests futurs, car le radar Korshoon qu'il embarque se révèle impossible à utiliser dans un appareil monoplace. On lui préfère une adaptation du radar RP-1 Izumrud avec deux antennes, une de recherche montée sur le dessus de l'entrée d'air et une de poursuite sur le dessous. Cinq avions de test sont réalisés en 1952, emportant un armement de trois canons de NR-23 avec cent coups chacun. Les avions de série désignés MiG-17P suivirent peu après. Contrairement au MiG-17F, le moteur reste un Vk-1A, sans réchauffe. En effet, la production du Vk-1F se révélant difficile, elle est dédiée aux chasseurs purs. Bien qu'il soit entré en service après le MiG-17F, l'avion reçoit le nom de code de Fresco B et son radar celui de Scan Odd. En opération, le radar très peu puissant ne permet pas au pilote d'opérer de façon indépendante. Il dépend pour l'interception du contrôle au sol qui le guide vers l'objectif. Seule la phase finale de l'interception est réalisée grâce au RP-1. De plus celui-ci se révèle très peu fiable en opérations. Finalement, en 1953, les Vk-1F deviennent disponibles en plus grand nombre et une version motorisée par ce moteur, le MiG-17PF, entre en service. Elle reçoit le nom de Fresco D dans la désignation OTAN. Elle présente en outre de nouveaux aérofreins et un système d'alerte radar Sirena 2. La fin de série reçoit un radar nettement amélioré, le RP-5 Izumrud 2. Certains avions désignés MiG-17PFG sont dotés d'un système de télécommande à partir du sol, Gorizont-1.
vignette|gauche|Un MiG-17 de l'Armée populaire vietnamienne touché par le tir d'un Republic F-105 Thunderchief de l’USAF le 3 juin 1967.
Au milieu de la décennie, on introduit des missiles air-air pour l'interception. Les MiG-17PF sont rééquipés avec quatre missiles RS-2 (code OTAN AA-1 Akali) à guidage radar, l'armement canon étant alors retiré. Environ quarante de ces MiG-17PFU sont réalisés et l'OTAN leur attribue le nom de Fresco E. Les performances et la fiabilité de ces missiles étant médiocres, l'avion est surtout employé pour former les pilotes à opérer sur des intercepteurs plus modernes et efficaces.
Engagements
Les MiG-17 ont été conçus pour intercepter les bombardiers ennemis volant droit et en palier, et non pour le combat aérien avec d'autres chasseurs. Ce chasseur subsonique (Mach .93) était efficace contre des chasseurs-bombardiers américains plus lents (Mach .6-.8) et lourdement chargés, ainsi que contre les principaux bombardiers stratégiques américains pendant le cycle de développement du MiG-17 (comme le Boeing B-50 Superfortress ou le Convair B-36 Peacemaker, toujours propulsés par des moteurs à pistons). Il n'a cependant pas été en mesure d'intercepter la nouvelle génération de bombardiers à réaction britanniques tels que l'Avro Vulcan et le Handley Page Victor, qui pouvaient tous deux voler plus haut. L'introduction par l'USAF de bombardiers stratégiques capables de vitesses supersoniques tels que le Convair B-58 Hustler et General Dynamics F-111 Aardvark a rendu les MiG-17 en dotation de première ligne dans la PVO obsolètes , et ils ont été supplantés par des intercepteurs supersoniques tels que les MiG-21 et MiG-23.
Les MiG-17 n'étaient pas disponibles pour la guerre de Corée, mais ont combattu pour la première fois lors de la Deuxième crise du détroit de Taïwan lorsque les MiG-17 communistes de la RPC se sont affrontés avec les F-86 Sabres de la République de Chine (Taïwan) en 1958. Le , le missile AIM-9 Sidewinder est utilisé lors d'un affrontement entre 32 North American F-86 Sabre et plus de 100 MiG-17. Un total de 31 MiG-17 de la RPC furent abattus - 60 % par des missiles Sidewinder dont ce fut la première utilisation opérationnelle..
Des MiG-17 russes ont abattu un avion de reconnaissance lors de l'incident du Lockheed C-130A-II-LM de l'USAFSS en 1958 au-dessus de l'Arménie près de Yerevan, faisant 17 victimes"The Shootdown of Flight 60528." National Vigilance Park- NSA/CSS via nsa.gov, 15 January 2009. Retrieved: 15 September 2012..
Guerre du Viêt Nam
En 1960, le premier groupe d'environ 50 aviateurs nord-vietnamiens a été transféré à la RPC pour commencer sa formation de transition sur le MiG-17. À ce moment-là, le premier détachement de pilotes de MiG-15 formés en Chine était revenu au Nord-Vietnam, et un groupe de 31 aviateurs avait été déployé à la base de Son Dong de la Force aérienne populaire vietnamienne pour être converti en MiG- 17. En 1962, les premiers pilotes nord-vietnamiens avaient terminé leurs cours de MiG-17 en Union soviétique et en RPC, et retournaient dans leurs unités ; pour marquer l'occasion, les Soviétiques envoyèrent en "cadeau" 36 chasseurs MiG-17 et des avions d'entraînement MiG-15UTI à Hanoï en . Ces aviateurs créeraient le premier régiment de chasseurs à réaction du Nord-Vietnam, le 921stToperczer 2001, p . 12.. En 1965, un autre groupe de pilotes MiG était revenu de l'entraînement à Krasnodar, en URSS, ainsi qu'en RPC. Ce groupe formerait la deuxième unité de chasse du Nord-Vietnam, le 923rd Régiment de combat. Alors que le 923e FR nouvellement créé n'utilisait que des MiG-17, et qu'ils étaient initialement les seuls types disponibles pour s'opposer aux jets supersoniques américains modernes avant que les MiG-21 et MiG-19 ne soient introduits dans le service nord-vietnamien (le régiment 925 FR a été formé en 1969, volant sur MiG-19)Toperczer 2001, pp. 13, 58..
thumb|170px|Un F-105D abat un MiG-17 pendant la guerre du Vietnam, 1967. Les chasseurs-bombardiers américains avaient participé à des sorties de combat en vol sur le théâtre des opérations depuis 1961Anderton 1987, p. 57., et les États-Unis avaient de nombreux pilotes expérimentés de la guerre de Corée et de la Seconde Guerre mondiale, comme le vétéran de la Seconde Guerre mondiale Robin OldsOlds (2010), quatrième de couvertureUSAF Historical Study 85: USAF Credits for Destruction of Enemy Aircraft, World War II (PDF). Des MiG et des pilotes de la VPAF non confirmés seraient opposés à certains des aviateurs les plus expérimentés au combat de l'U.S. Air Force (USAF) et l'U.S. Navy. Le , six MiG 17 ont décollé de la en deux groupes de deux et quatre respectivement, le premier agissant comme appât et le second étant les chasseurs. Leur cible était des avions de la Navy américaine soutenant un ensemble de frappes de 80 avions de l'USAF essayant de détruire le Pont Thanh Hóa. Le chef de groupe de MiG-17, le lieutenant Pham Ngoc Lan, a attaqué un groupe de Vought F-8 Crusader du VF-211 de l' et endommagé un F-8E piloté par le lieutenant Cdr. Spence Thomas, qui a réussi à faire atterrir l'avion à Da Nang Air Base. Un deuxième F-8 abattu a été réclamé par son ailier Phan Van Tuc, mais cela n'est pas corroboré par les listes de pertes de l'USNToperczer 2001, pp. 27-29..