vignette|Blocage de Tsav 9. Tsav 9 () est une organisation de l’extrême-droite israélienne, formée par des familles des otages enlevés le par les groupes armés palestiniens, dont le Hamas, ainsi que par les personnes les soutenant, dont des réservistes de l’armée israélienne et des colons israéliens de Cisjordanie. Ses effectifs sont estimés à 400 membres. Tsav 9 a organisé des manifestations et des actions contre l’acheminement d’aide humanitaire à Gaza. Le , le Département d'État l’a ajoutée à sa liste des entités sous sanctions pour ces actions d’entraves à l’aide humanitaire vers la bande de Gaza, le qualifiant de groupe extrémiste violent, suivi par l’Union européenne et quelques pays européens à l’été 2024.

En , le Parquet national antiterroriste de Paris a émis un mandat d’amener contre sa porte-parole, Rachel Touitou, pour complicité de génocide, complicité de crime de guerre et incitation au génocide.

Origines

Le groupe est fondé sur Facebook en , à partir d’un appel suivi par 50 personnes. Il appelle à des manifestations dans le monde réel, et de nouveaux adhérents le rejoignent, portant ses effectifs à 400 membres. Ces membres sont des colons israéliens, des réservistes et des familles d’otages enlevés le . Son nom fait référence à l’ordre 8 de l’armée israélienne, l’ordre de mobilisation d’urgence des réservistes israéliens, qui a par exemple été lancé le .

Idéologie

Tsav 9 se décrit comme une organisation apartidaire qui représente des personnes de gauche et de droite, des laïcs et des religieux, des gens issus des villes, des kibboutz et des villages ; et des personnes évacuées lors de la guerre de Gaza, des réservistes et les familles de soldats morts au combat. Malgré les déclarations de l’organisation, elle est décrite comme étant de droite voire d’extrême-droite par certains, y compris par le Times of Israel. Le Département d’État la décrit comme une organisation extrémiste et violente. Tsav 9 est liée à des ONG liées au ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, d’extrême-droite.

Le groupe exige l’arrêt de l’aide humanitaire à Gaza jusqu’à la libération des otages du . Les militants de Tsav 9 croient souvent que le Hamas s’empare de 70 % de l’aide humanitaire à Gaza, d’après une déclaration du directeur du Shin Bet, Ronen Bar. Selon The New Arab, cette opposition à l’aide humanitaire est .

Activités

Ce groupe a conduit plusieurs manifestations contre les camions livrant de l’aide humanitaire durant le génocide de Gaza, notamment par des blocages de routes, des attaques contre les camions et les cargos, et contre les chauffeurs et les soldats de l’armée israélienne.

Le groupe commence des actions dans le monde réel le . Cette première action, qui réunit des dizaines de membres, est un blocage de trois jours d’une centaine de camions d’aide humanitaire au poste-frontière de Kerem Shalom. Le , le groupe bloque un autre convoi pendant six heures. Des centaines de membres de Tsav 9 et du groupe "Mères de soldats des FDI" (Forces de défense d'Israël), bloquent 60 camions venant d’Égypte, forçant 51 d’entre eux à faire demi-tour. Deux jours plus tard, le groupe mène une autre action similaire.

En mars, le groupe accuse l’UNRWA d’aider le Hamas lors d’une manifestation devant le siège de l’UNRWA à Jérusalem.

Le , des membres du groupe bloquent et attaquent un convoi d’aide humanitaire dans le triangle de Latroun près de Jérusalem. Le convoi est bloqué des heures, les pneus sont crevés et le fret endommagé. La police israélienne arrête six personnes ; Tsav 9 affirme qu’un des assaillants a été assommé par les policiers. Le , Tsav 9 organise une manifestation violente contre un chauffeur de camion au point de contrôle de Tarqumiyah.

Le , des membres du groupe pillent puis incendient des camions près d’Hébron, en Cisjordanie.

Le , des membres de Tsav 9 tentent de bloquer un convoi vers Gaza à Kerem Shalom en collaboration avec le groupe extrémiste . Les jours suivants, les militants continuent de bloquer les convois malgré les interventions de la Police aux frontières israélienne et des militants de Standing together.

D’autres actions de blocage de camions ont lieu les 22, 27 et , 13, 17 et et les 4 et au pont Allenby, au port d’Ashdod, à Arad et à Dimona.

Le , un groupe de neufs militants de Tsav 9 bloque de l’aide humanitaire à Kerem Shalom.

Réception Israël

Tsav 9 suscite des réactions mitigées en Israël. Les deux-tiers des Juifs israéliens sont opposés à l’envoi d’aide humanitaire à Gaza, selon un sondage de . Les positions du groupe sont soutenues par les militants et les organisations de l’extrême-droite israélienne, ainsi que par certaines familles de victimes ou d’otages du . Une partie de l’opinion publique critique Tsav 9, car ses actions empireraient la crise humanitaire à Gaza.

Parmi les critiques se trouve Dahlia Scheindlin, journaliste d’Haaretz, qui qualifie l’opposition à l’aide humanitaire de .

Pendant une manifestation en Cisjordanie, Tsav 9 est contré par l’association juive-arabe de Standing together.

Les actions de Tsav 9 sont soutenues par le ministre des Finances Bezalel Smotrich et plusieurs personnalités politiques. Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, ordonne à la police de cesser de protéger les convois en : ces interférences répétées avec les missions de la police ont été examinées par la Cour suprême.

International

Le groupe provoque l’indignation hors d’Israël ; ses attaques contre un convoi à Hébron, le , sont condamnées par le conseil à la sécurité nationale des États-unis, Jake Sullivan, qui qualifie ces actes de

L’ONG Democracy for the Arab World Now appelle à des sanctions.

Le , le département d’État sanctionne Tsav 9 : Le Département d’État sanction Tzav 9 en appliquant la section 1 (a)(i)(A) de l’Executive Order (E.O.) 14115.

Actions envers Tsav 9 En ligne

Les comptes de Tsav 9 sur Instagram et Facebook ont été suspendus en , pour violation de la politique visant les atteintes aux personnes, document qui prévoit que les . Cependant Arab News indique que le groupe continue ses activités sur Instagram sous un pseudonyme différent.

Sanctions

Le , le Office of Foreign Assets Control du département du Trésor des États-Unis a mis le groupe sur sa liste d’organisation sanctionnée, gelant tous ses biens aux États-Unis et interdisant à ses citoyens de soutenir Tsav 9.

Le , l’Union européenne prend aussi des sanctions, suivie le même jour par la Belgique, la France et Monaco.

Actions judiciaires

En , le parquet national antiterroriste français ouvre une information judiciaire visant deux franco-israéliennes, l’avocate Nili Kupfer-Naouri d’Israël is Forever et Rachel Touitou de Tsav 9, pour . Cette information judiciaire fait suite au dépôt d'une plainte par plusieurs ONG contre des faits de blocage de l’acheminement de l’aide humanitaire à destination de l’enclave palestinienne.. En , le parquet délivre des mandats d'amener à l’encontre de ces deux personnes. Une dizaine d’autres personnes seraient concernées par cette procédure« Deux Franco-Israéliennes soupçonnées de "complicité de génocide" », L’Orient-Le Jour, 2 février 2026..

Notes

Catégorie:Sentiment anti-palestinien Catégorie:Racisme en Israël Catégorie:Association ou organisme ayant son siège en Israël Catégorie:Fondation en 2024 Catégorie:Extrême droite en Israël Catégorie:Organisation non gouvernementale impliquée dans le conflit israélo-palestinien