Vesna Medenica, née le à Kolašin (RS du Monténégro, Yougoslavie), est une juriste et magistrate monténégrine. Elle dirige la de 2007 à sa démission en 2020. Elle est condamnée en à de prison pour avoir protégé le réseau criminel dirigé par son fils.
Biographie Vesna Medenica naît à Kolašin, en république socialiste du Monténégro (Yougoslavie) le . Après avoir été à l'école et au lycée dans sa ville natale, elle fait ses études en droit à l'université du Monténégro de 1976 à 1980. En 1982, elle réussit le concours du barreau à Belgrade.
Carrière professionnelle La même année, Vesna Medenica est élue juge du tribunal de Kolašin et commence à s'élever dans la hiérarchie. Elle devient l'adjointe du procureur d'État à Podgorica en 1993. Entre et , elle est procureure générale du Monténégro. De 2008 à 2014, elle dirige également le Conseil de la magistrature du Monténégro pendant deux mandats.
Le , Vesna Medenica est élue présidente de la par le Parlement du Monténégro, en remplacement de Ratko Vuković. votent en sa faveur, tandis que 7 s'opposent à sa nomination. Plusieurs députés d'opposition quittent la salle en signe de protestation ; ils accusent la magistrate de ne pas avoir terminé les investigations pour des affaires de crimes de guerre et de protéger les intérêts du pouvoir.
Elle est réélue en 2014 et 2019 à la tête de la Cour suprême, alors que les textes constitutionnels n'autorisent théoriquement que deux mandats consécutifs. Tout au long de sa présidence, l'opposition et les organisations de la société civile se montrent très critiques, l'accusant d'entretenir des liens avec le président Milo Đukanović et le Parti démocratique des socialistes du Monténégro. Les médias révèlent en 2019 qu'elle a réalisé une transaction immobilière non déclarée à l'Agence anti-corruption du pays avec un homme d'affaires proche du président Đukanović. En 2020, un rapport de l'Union européenne critique sa réélection pour un troisième mandat consécutif à la tête de l'institution ainsi que le manque d'indépendance réelle du système judiciaire. Le , elle décide de démissionner sous la pression, déclarant ne pas vouloir faire obstacle aux progrès du Monténégro vers l'adhésion à l'Union européenne.
Procédures judiciaires En , Vesna Medenica est arrêtée alors qu'elle s'apprête à embarquer dans un vol pour la Serbie. Peu de temps auparavant, Europol a fourni à la justice monténégrine des extraits de ses conversations avec son fils Miloš Medenica et un officier de police via la messagerie cryptée Sky ECC, dans lesquelles ils organisent un trafic de cocaïne et de cigarettes dans le port de Bar. Les révélations montrent que la magistrate avait connaissance des activités illégales de son fils, auxquelles elle participait et qu'elle protégeait des poursuites. Le , elle est inculpée dans cette affaire, de même que son fils et plusieurs autres personnes.
Le , elle est condamnée à de prison pour abus de pouvoir. Il lui est reproché d'avoir autorisé un juge de niveau inférieur de Rožaje à continuer d'exercer ses fonctions et de recevoir un salaire malgré les procédures pénales pour violences physiques ouvertes contre lui. L'avocat de Vesna Medenica annonce qu'elle fait appel de cette décision. En , elle est à nouveau condamnée à un an de prison pour avoir incité un autre juge à commettre des infractions pénales.
Fin , plus de trois ans après son inculpation, elle est condamnée en première instance par la Haute Cour de Podgorica à de prison et d'amende pour plusieurs chefs d'accusation liés aux activités criminelles du groupe dirigé par son fils. Vesna Medenica est par exemple reconnue coupable d'avoir utilisé son influence pour protéger le réseau criminel et d'avoir exercé des pressions illégales sur le système judiciaire. Cependant, elle est acquittée par la justice d'un autre chef d'accusation, création d'un groupe criminel, par manque de preuves. Elle fait appel, de même que le parquet qui réclamait une peine de de détention.
À l'issue du procès, la justice condamne 15 autres personnes, dont son fils, et une entreprise pour des faits de trafic, contrebande, corruption, abus de pouvoir et des délits liés aux armes. Malgré son assignation à résidence, Miloš Medenica parvient à prendre la fuite et reste introuvable après son jugement, ce qui provoque le mécontentement du président Jakov Milatović et du Premier ministre Milojko Spajić.
Sanctions américaines En , elle est placée sous sanctions par les États-Unis en même temps que l'ancien maire de Budva Milo Božović en raison de leur implication dans le trafic de stupéfiants, le crime organisé et la corruption.
Références
Catégorie:Naissance en juillet 1957 Catégorie:Naissance en RS du Monténégro Catégorie:Magistrate Catégorie:Juriste monténégrin Catégorie:Droit au Monténégro