Noël-Gabriel-Luce VillarSes prénoms étaient Noël-Gabriel-Luce. Mais Gabriel était son prénom habituel., né le à Toulouse et mort le à Paris, est un homme d'Église, enseignant et homme politique français, professeur à Toulouse en 1776, évêque constitutionnel de la Mayenne en 1791, député à la Convention nationale en 1792, membre de l'Institut de France en 1795, inspecteur général de l'Université sous le Premier Empire.

Biographie Origine Il était fils d'un chirurgien de Toulouse ; il étudia au Collège de l'Esquile, dirigé par les Prêtres de la doctrine chrétienne, s'affilia encore jeune. à leur congrégation.

Noël-Gabriel-Luce Villar a plusieurs frères.. Raymond Villar eut en tout treize enfants, dont six garçons.

Famille

Enseignement Il professe au Collège de l'Esquile l'éloquence et la rhétorique à Toulouse. En 1775, à l'âge de , il se révèle par une Ode sur le rétablissement du Parlement [de Toulouse]Recueil des Jeux Floraux, année 1776 (mais la pièce est de 1777), , « par M. P. Villar, prêtre de la Doctrine chrétienne, professeur d'éloquence au collège de l'Esquille »., qui obtint un premier accessit au concours spécialOuvert sur ce sujet. par l'Académie des Jeux Floraux. En 1777, il obtient le prix réservé de l'Académie des Jeux Floraux, pour une Epitre à un courtisanRecueil des Jeux Floraux, 1776.. En 1778, il envoie aux Jeux Floraux une Ode sur le despotisme orientalLa pièce, sans obtenir de prix, est néanmoins publiée dans le Recueil des Jeux Floraux..

Il est vers 1778 envoyé au Collège de la FlècheOù les Prêtres de la doctrine chrétienne avaient été appelés en 1776 pour remplacer les Jésuites. Il devient, en 1786, recteur de cet établissement, où il remplaçe le Père Corbin, nommé sous-précepteur du Dauphin Louis-Joseph de France, fils de Louis XVI. En 1787 il fut appelé comme recteur au Collège de Bourges, également dirigé par les Prêtres de la doctrine chrétienne. Son départ est regrettéComplainte des pensionnaires du collège royal de la Flèche sur le départ projeté de leur Principal, qui venait d'être nommé recteur d'un nouveau collège. Dans les Œuvres de M. [P. Fétu] de la S*** Ch. Reg. Amsterdam, aux dépens de la Compagnie, 1787. Un volume in-18. mais il ne tarde pas à être rappelé à la Flèche où il est reçu avec joieTant par les professeurs que par les élèves dont il avait su s'attirer l'affection. : C'était un excellent professeur. On louait fort la variété de ses connaissances, la pureté de ses mœurs, la bonté de son âme. Robert Marchant de BurbureEssais historiques sur la ville el le collège de La Flèche, Angers, 1803..

Révolution française à La Flèche thumb|alt=Gravure en couleur montrant une foule en liesse sur le Champ-de-Mars.|Une délégation fléchoise est présente à la Fête de la Fédération le . Gabriel Villar adopta les principes de la Révolution française, mais la timidité de son caractère le préserva de tout excès, comme de grands périls. il est nommé, en 1790, officier municipal de la ville de la Flèche. Il prononce en cette qualité, le , un discoursDiscours à MM. les électeurs des Gardes nationales du district de la Flèche, assemblés, le 22 juin 1790, dans la maison commune de la dite ville, pour la nomination de leurs députés à la Fédération de Paris, par M. Villar, S. D. C., officier municipal. de 5 pages. aux gardes nationales du district de la Flèche, dans lequel il affirmait son adhésion au nouvel ordre de chosesLe discours se terminait par un parallèle entre Henri III, cœur lâche et pervers, esprit artificieux et bizarre, héros dans les combats, vil esclave sur le trône, voilant sa perfidie sous les dehors de la clémence et de la popularité et Louis XVI, âme droite, confiante et pure, modèle de grandeur et de simplicité tout ensemble, ne cherchant que la vérité et n'en redoutant point les for mes sévères, ami des hommes et se souvenant toujours qu'il commande à des hommes.

Dans les premiers jours de l'année 1791, Noël-Gabriel-Luce Villar prête, en même temps que tous les autres professeurs du Collège de la Flèche, le serment exigé des ecclésiastiques par la Constitution civile du clergéProcès-verbaux de l'Assemblée Nationale. , séance du au soir. La nouvelle de ce serment avait déjà été communiquée à l'Assemblée par une lettre dont Eustache Livré, avait donné lecture dans la séance du . in Le Point du Jour, T. 18, , du , ..

Evêque constitutionnel de la Mayenne

L'Élection La Constitution civile du clergé crée un diocèse correspondant au territoire du département de la Mayenne, avec Laval comme siège. Le clergé refuse de concourir à l'élection de l'évêque qui est effectuée dans l'église de la Trinité de Laval, le . Un grand nombre de laïques imitent cet exemple; certaines prennent part néanmoins aux opérations électoralesAu mois de juin 1790, à la nomination des autorités civiles on avait réuni ; il n'y en avait que 272 à l'élection de l'évêque. L'élu est Michel Thoumin des VauxpontsMichel Thoumin des Vauxponts, chanoine, archidiacre et vicaire général dès 1773, chapelain de Saint-Blaise et Sainte-Catherine en la collégiale de Saint-Merry, à Paris, possédait encore la dignité de l'archidiaconat lorsque la Révolution le chassa de Dol. Il émigra en 1792 en Angleterre ; décédé à Dorchester, près d'Oxford, le 2 mars 1796 (ref. M. Tresvaux, l'Église de Bretagne, ). Il était né à Mayenne., qui refusa, avec l'approbation de Pie VI sur ce choixUrbain-René de Hercé, évêque de Dol, espérant que le Saint-Siège pourrait régulariser et approuver l'érection du siège de Laval avait supplié son grand vicaire de donner son acquiescement. Presque en même temps que les députés des électeurs rentraient à Laval avec un refus écrit, un envoyé d'Urbain-René de Hercé y arriva avec une lettre de ce dernier annonçant l'acceptation. Avant de se prononcer définitivement, Michel Thoumin des Vauxponts prit l'avis du Saint-Siège. La réponse de Pie VI ne lui parvint que le ; elle approuvait entièrement sa première détermination. Au reste, en voyant presser l'exécution de la loi sur le serment, Michel Thoumin des Vauxponts y était revenu de lui-même et avait prévenu la lettre pontificale par la démission qu'il avait adressée le 22 au directoire du département. (Isidore Boullier, Mémoires ecclésiastiques.). Le Avant l'ouverture des opérations électorales, François-Gaspard de Jouffroy de Gonsans, évêque du diocèse du Mans, adresse ses protestations et ses avis. Il s'élevait, non contre l'érection d'un siège épiscopal à Laval, à laquelle, disait-il, il s'était dans tous les temps déclaré prêt à consentir, pourvu qu'elle fût faite canoniquement; mais contre une élection illégitime, coupable et invalide, à laquelle il invitait paternellement les fidèles à ne pas concourir.. C'est alors que l'on songea pour remplacer Michel Thoumin des Vauxponts par Noël-Gabriel-Luce Villar, recommandé par les députés de la Sarthe à leurs collègues de la MayenneLettre manuscrite de Michel-René Maupetit, à Joseph François Dupont-Grandjardin, en date du : « On nous assure que M. De Vauxpont a envoyé sa démission et qu'on va procéder à une nouvelle élection. Les députés de la Sarthe regrettent beaucoup qu'on n'ait pas nommé pour évêque le P. Villar, supérieur du collège de la Flèche, qu a prêté le serment. C'est un homme ferme, qui joint à beaucoup d'esprit et de talent les vertus les plus éminentes... ». Autre lettre du : « Informez-vous du P. Villar, supérieur du collège de la Flèche j'en ai entendu parler comme d'un homme du premier mérite. Voilà ce qu'il nous faut dans un moment comme celui-ci. M. Enjubault de la Roche l'a recommandé à Laval; Lalande en écrit à Ernée.... », qui s'empressèrent, à leur tour, de proposer sa candidature aux électeurs. Il est connu des électeurs de la MayenneAu sein de la bourgeoisie lavalloise et des autres villes du département de la Mayenne, persiste à cette époque la tradition d’envoyer les enfants achever leur formation au collège de La Flèche. Plusieurs des citoyens appelés à participer à la désignation d’un nouvel évêque connaissent personnellement le père Villar, ancien élève ou enseignant de cet établissement. Ils ont pu apprécier son caractère et conservent à son égard une estime et une affection marquées. Ces liens favorisent un engagement actif en faveur de sa candidature, qu’ils soutiennent avec un zèle particulier afin d’assurer son succès. : sur exprimés élisent Noël-Gabriel-Luce Villar, évêque constitutionnel de la Mayenne, sous la présidence de Pierre-Jean Sourdille de la Valette. La nomination Dès que le résultat du vote eut été proclamé, deux commissaires, Jérôme Frin de CorméréAncien élève du collège de la Flèche. et Jean-Baptiste TellotAncien élève du collège de la Flèche., sont désignés pour se rendre à La FlècheLa nouvelle de sa nomination est accueillie avec joie par les Doctrinaires et les habitants de la Flèche. Un Te Deum fut chanté pour célébrer cet heureux évènement afin d'annoncer à Noël-Gabriel-Luce Villar sa nomination et l'inviter à les accompagner à Laval, où il devait déclarer officiellement, devant le corps électoral, s'il acceptait l'évêché qui lui était offert. Dès le au soir, il arrive avec eux à Laval. Les deux commissaires chargés de la mission rendirent compte à l’Assemblée électorale de la réussite de leur démarche. Noël-Gabriel-Luce Villar est alors présenté à l’assemblée et déclara officiellement accepter l’épiscopat. Plusieurs allocutions furent prononcées, notamment par le président de l’Assemblée Pierre-Jean Sourdille de la Valette, le nouvel évêque lui-même et M. Jacquet, clerc tonsuréÀ l'assemblée électorale où Noël-Gabriel-Luce Villar était admis, le président Pierre-Jean Sourdille de la Valette lui débita quelques compliments suivis d'une longue diatribe contre le clergé égaré par des mandements incendiaires ou des libelles qui ne respirent que la désobéissance aux lois. Il y répondit par la voix du Peuple est la voix de Dieu.. La séance se conclut par un déplacement solennel vers l’église de la Trinité de Laval, où une messe pontificale suivie d’un Te Deum fut célébrée en l’honneur de l’événement. Dans la journée, Noël-Gabriel-Luce Villarr reçut les visites des autorités locales avant de regagner La Flèche pour régler ses affaires personnelles en attendant sa consécration. Avant de se séparer, les membres de l’Assemblée électorale adressèrent à l’Assemblée nationale une lettre officielle, lue lors de la séance du , pour l’informer de cette nominationProcès-verbaux de l'Assemblée nationale, ; Le Moniteur universel de 1791, du ; Le Point du Jour, T. 27, , ..

L'attente vignette|Collection générale des brefs et instructions relatifs à la révolution françoise par , 1798. Cependant, Noël-Gabriel-Luce Villar ne se presse pas de se faire sacrer. Que ce soit en raison de scrupules de conscience le poussant à envisager une démission, ou pour d’autres motifs. Il laissa s’écouler tout le mois d’avril avant de se rendre à Paris, où devait se tenir la cérémonie. Ce retard suscita l’inquiétude de ses électeurs, craignant qu’il ne suive l’exemple de Michel Thoumin des Vauxponts en retirant son acceptation. Il avait adressé une lettreTraduction de la lettre de M. Villar à notre Saint Père le Pape, in-4 de 4 pages, sans lieu et sans nom d'imprimeur. le au pape Pie VI pour solliciter sa bénédiction, mais il ne reçut aucune réponseNoël-Gabriel-Luce Villar écrivit au pape pour entrer en communion avec lui. Vous laisserez descendre vers moi quelques-unes de ces paroles pleines de sagesse et d'entendement qui feront désormais mon amour et ma joie.. La lettre apostolique Caritas, condamnant l'élection de huit évêques nommés avant Gabriel Villar, devait en tenir lieu. Le sacre