Frédéric Robert Léopold Wurmser, dit Frédéric Robert, né le à Paris (4e arrondissement) et mort dans la même ville (11e arrondissement) le Fichiers de décès de l'INSEE, est un musicologue français, spécialiste de la musique du et de l'histoire de La Marseillaise. Il est le fils du journaliste et écrivain André Wurmser et de Louise Cassou, dite Louise Mamiac, femme de lettres. Il est marié à Micheline Wurmser.
Biographie Apprentissages
Né dans une famille lettrée, Frédéric Robert est très tôt initié à la musique, apprenant le solfège et le piano dès l'enfance. Cependant, la guerre oblige sa famille à se réfugier dans la clandestinité à Saint-Paul-de-Mamiac, un hameau situé dans le village de Penne (Tarn). À la Libération, sa famille s'installe à Toulouse où son père, journaliste, fonde Le Patriote du Sud-Ouest. Il fréquente alors, assidument, le Théâtre du Capitole de Toulouse, où il découvre le répertoire lyrique de Georges Bizet, Charles Gounod ou Jules Massenet.
De retour à Paris en 1946, Frédéric Robert fréquente les maisons d'édition musicale de la rue de Rome, en particulier les éditions Eschig. Dans le même temps, il poursuit sa formation musicale en piano, harmonie et contrepoint avant de se présenter au Conservatoire de Paris où il est reçu dans la classe d'histoire de la musique de Norbert Dufourcq. Il obtient d'abord un second prix (1954) puis un premier prix (1955) en histoire de la musique. Durant ces trois années, il approfondit ses connaissances tant en musique du Moyen Âge et du 16e siècle qu'en musique baroque, explorant ensuite le répertoire de Mozart et, enfin, les compositeurs méconnus du 19e siècle, en particulier, le répertoire français de Bizet, Chabrier, l'opéra et l'opéra-comique.
Carrière de musicologue Les ouvrages de musicologie de Frédéric Robert témoignent de cette culture musicale éclectique dès la publication, en 1963, d'un Que-sais-je ? consacré à la musique française du 19e siècle. Il consacre ensuite d'autres ouvrages à l'opéra et à la musique européenne ainsi que de nombreux articles sur la musique des 19e et 20e siècles. Son Que-sais-je ? L'Opéra et l'opéra-comique a fait l'objet d'une traduction en japonais (traducteur : Hide-mizu Kubokawa ; éditeur, Hakusuisha) et d'une traduction en coréen (traducteur : Kim Jeong-sil ; éditeur : Tamgudang).
Grâce à Jean Wiener, il rencontre la plupart des membres du Groupe des Six, notamment Georges Auric et Germaine TailleferreVoir, à ce sujet, l'émission consacrée au Groupe des Six par France Musique en 2025. . Celle-ci lui offre, en 1971, le manuscrit de son Quatuor à cordes, composé en 1919, que Frédéric Robert remettra à la Bibliothèque nationale de France en 2018. Mais c'est avec Louis Durey qu'il va nouer une amitié durable. Il lui consacre un ouvrage, Louis Durey, l'aîné des "Six", paru en 1968. Les nombreuses lettres de Louis Durey à Frédéric Robert ont été déposées, en 2019, à la Bibliothèque nationale de France. En outre, Louis Durey dédie son Poème pour piano (1974), 20e et dernier volet de ses Autoportraits, sur le poème de Guillaume Apollinaire Le Pont Mirabeau, à Micheline et Frédéric Robert.
Devenu professeur certifié d'histoire de la musique et enseignant dans les conservatoires de Montreuil et Drancy, ainsi qu'au Conservatoire de Musique Militaire de l'Armée de Terre de Satory (Versailles), Frédéric Robert soutient, en 1977, une thèse de doctorat de musicologie à la Sorbonne, sous la direction de Jacques Chailley. Consacrée à La Marseillaise et aux œuvres musicales qu'elle a pu inspirer entre 1792 et 1919, elle lui permet de devenir un des meilleurs spécialistes de l'hymne français auquel il consacrera de nombreuses études : Lettres à propos de la Marseillaise (PUF, 1980), puis, à l’occasion du Bicentenaire de la Révolution française, La Marseillaise, préfacé par Michel Vovelle (Nouvelles éditions du Pavillon et Imprimerie nationale, 1989). Cet ouvrage a été offert à tous les chefs d’État présents aux cérémonies du Bicentenaire de 1989 dans une édition reliée rouge à l’initiative du Président de la République François Mitterrand. En 2003, il rédige le livret d'accompagnement d'un coffret CD/DVD édité par le Ministère des Affaires étrangères consacré à l'histoire de La Marseillaise et à destination des ambassades de France à l'étrangerLa Marseillaise de Rouget de Lisle, Ministère des Affaires Etrangères, 2003. (CD audio et DVD).
En 2002, Frédéric Robert propose, dans une lettre au Président de la République française, le transfert des cendres de Rouget de Lisle au Panthéon :
Entre 1987 et 2007, Frédéric Robert anime et donne un grand nombre de conférences dans le cadre des Heures musicales de la Vallée-aux-Loups (maison de Chateaubriand), en collaboration avec Bertrand Pouradier-Duteil. En 2000, il reçoit la médaille Chateaubriand des mains du directeur de la maison, Jean-Paul Clément. Celui-ci l'invitera à faire d'autres conférences pour la Nouvelle Société des Études sur la Restauration à la Fondation Dosne-Thiers.
En 2005, il reçoit le premier prix annuel « La Marseillaise-Conseil général de l'Isère », fondé par le président du département de l'Isère André Vallini, qui lui est remis le 14 juillet 2005 au château de Vizille. Quelques jours auparavant, le 5 juillet, André Vallini organisait un colloque "Autour de La Marseillaise" à l'Assemblée nationale auquel prit part Frédéric RobertRenseignements fournis par Véronique Despine, chargée des collections au Domaine de Vizille - Musée de la Révolution française. vignette|droite|Rouget de Lisle composant la Marseillaise, Auguste de Pinelli, huile sur toile, vers 1875, musée de la Révolution française
Frédéric Robert poursuit ses recherches jusque dans les dernières années de son existence, ainsi qu’en témoignent ses deux derniers ouvrages : La musique française dans l'Europe musicale entre Berlioz et Debussy, 1863-1894 (L'Harmattan, 2017) et Valeur de notes : deux siècles de musique française, 1789-1989 (Presses universitaires du Midi, 2019), préfacé par Joël-Marie Fauquet, ultime ouvrage qui reflète plus de soixante années de recherches musicologiques.
Frédéric Robert fut un ami proche du compositeur Jean-Pierre Guézec, élève de Darius Milhaud et d'Olivier Messiaen, qui avait été son camarade d'études au Conservatoire de Paris. Dans son discours de Médan, il se rappelle lui avoir offert une partition du Rêve d'Alfred Bruneau, d'après le roman de Zola, en lui signalant les accents prédebussystes de cette partition. Il fut également un ami proche du musicologue Yves Gérard et de Léon Nerville, directeur du conservatoire de Montreuil à partir de 1976 et illustrateur sonore pour la télévision.
Il a également beaucoup travaillé avec Darius Milhaud, notamment lors de concerts donnés par la Musique des gardiens de la paix dirigée par Désiré Dondeyne, qu'il présentait. L'un de ces concerts, consacré au Groupe des Six, a été organisé le 14 février 1970 à Issy-les-Moulineaux. Le 28 octobre 1972, Frédéric Robert présente un concert en hommage à Darius Milhaud, à l'occasion de son 80e anniversaire (même orchestre, même direction) avec, au programme, des œuvres de Darius Milhaud, des compositeurs du Groupe des Six, de Satie et de Stravinsky.
Défenseur du chant choral, des orchestres d'harmonie et orchestres militaires Frédéric Robert devient, très tôt, un ardent défenseur du chant choral, militant dès 1954 au sein de la Fédération Musicale Populaire. Il entreprend alors un important travail d'harmonisation de chants populaires pour chœurs et voix masculines. Ses compositions sont déposées à la SACEM à laquelle il adhère à partir de 1960.
Sa rencontre avec Désiré Dondeyne, chef de la Musique des gardiens de la paix, marque un moment important de sa carrière. À deux, ils entreprennent la rédaction d'un trait d'orchestration à destination des orchestres d'harmonie et fanfares, qui sera édité chez Robert Martin en 1969. Cette collaboration, doublée d'une solide amitié, donne lieu à la parution d'une anthologie de la musique française pour harmonie militaire en deux 33 tours, parus chez Erato. Après cela, Frédéric Robert écrira de nombreux textes de présentation des disques parus sous ce label ainsi que pour Calliope et Le Chant du monde. Il est également conférencier lors de concerts donnés par la Musique des gardiens de la paix, sous la direction de Claude Pichaureau, François Boulanger, Philippe Ferro et Gildas Harnois.
En 2012, il devient membre du Comité d'honneur de la Confédération musicale de France, institution qui fédère des milliers d'associations musicales amateures. Dans le journal de la CMF, il publie, entre 1988 et 2006, des articles traitant du répertoire des harmonies ou des livres sur la musique. Puis, entre février 2008 (n°534) et octobre 2016 (n°579), il publie une série de 23 articles intitulée "De la musique au logis à la musicologie" dans laquelle il retrace son parcours de musicologue, véritable autobiographie en six parties : Lancer d'une trajectoire ; Histoire, littérature et musique mêlées ; Des compositeurs et des interprètes (souvenirs épars) ; Littérature et musique mêlées (Alfred Bruneau et Émile Zola, Louis Aragon et Paul Éluard, Paul Valéry) ; Musiques françaises au cœur ; Musicologie et idéologie. Le premier article porte l'épigraphe suivante : "À ma chère Micheline, sans qui je ne serais pas devenu tout à fait ce que je suis."
Zola et la musique
Lorsque paraissent les œuvres complètes d'Émile Zola, aux éditions Tchou (1966-1969), sous la direction d'Henri Mitterand, Frédéric Robert est chargé d'éditer et présenter les drames lyriques écrits par le romancier (entre 1893 et 1902), mis en musique par le compositeur Alfred BruneauFrédéric Robert, dans son discours prononcé à Médan en 1984, évoque sa collaboration éditoriale en ces termes : « Lorsque Henri Mitterand me confia la préface des Poèmes Lyriques pour son édition des Œuvres Complètes de Zola, je fus amené à compléter mes connaissances sur la collaboration Zola-Bruneau, à la faire revivre à la mesure de la tranche si vivante qu'elle inscrivit dans notre histoire lyrique, à la hauteur si possible de la touchante fraternité qu'elle suscita entre deux hommes de talent qui étaient aussi — ne l'oublions pas ! — deux hommes de cœur ! Et rien de plus touchant là encore qu'au-delà de leur mort la persistance de leur union affectueuse, chez leurs descendants. Les générations passent, mais la fraternité demeure ! ». Il s'intéresse alors de près à la musique naturaliste et vériste et collabore régulièrement aux Cahiers naturalistes, dans lesquels il publie une douzaine d’articles entre 1976 et 2008, consacrés à La Marseillaise dans l’œuvre de Zola ou aux nombreuses chansons ayant été inspirées par l’écrivain ou l’affaire Dreyfus. Ces articles ont été à l’origine de son ouvrage Zola en chansons, en poésies et en musique, publié en 2001 aux éditions MardagaVoir, notamment, le compte rendu de Pierre Michel dans les Cahiers Octave Mirbeau (n °9, 2002, p. 311) : "Heureusement, enfin Frédéric Robert vint ! Musicologue blanchi sous le harnois depuis un demi-siècle, il s'est fixé ici un double objectif : d'une part, en fin de volume, il présente brièvement l'oeuvre lyrique de Zola et Bruneau ; d'autre part et surtout, il évoque toutes les chansons populaires inspirées par les romans de Zola."..
Il aborda également cette question des rapports de Zola avec la musique et la chanson dans une conférence-concert, « pour zolistes », chantée et parlée, en vers et en prose, sous le titre Émile Zola de Z à A ou La Symphonie Musicale des Rougon-Macquart, qu’il a donnée à Londres puis, à plusieurs reprises, dans diverses salles de la région parisienne, comme à Drancy ou à l'Institut Curie. Le texte de cette conférence-concert a été déposé à la SACD.