Les Violences sexuelles et sexistes au Togo comprennent toutes les formes de violences commises généralement par des hommes contre les femmes sur le territoire togolais. Regroupées sous le générique violence basée sur le genre, elles concernent la violence conjugale, le viol, le harcèlement sexuel, le mariage forcé, le lévirat, les mutilations génitales féminines (MGF), etc.
En effet, au moins 43% des femmes sont une fois victimes d'une de ces formes de violence. Malgré l'existence de certaines dispositions légales pour y faire face, beaucoup de victimes ne poursuivent pas les auteurs. En , Wanep-Togo, une organisation de la société civile, s'inquiète de la progression des violences sexuelles et sexistes au Togo. Formes de violence De nombreuses femmes ne dénoncent pas la violence dont elles sont victimes ou renoncent à le faire le plus souvent pour des raisons socio- économiques, déplore l’Organisation Mondiale Contre la Torture (OMCT) dans son rapport sur la en 2002.
En 2010, les violences physique et sexuelle représentent respectivement et des violences basées sur le genre au Togo. Près de la moitié des femmes togolaises sont déjà victimes de toute violence. Lévirat et mariage forcé Le lévirat reste une pratique culturelle répandue dans plusieurs régions au Togo. Des veuves sont ainsi forcées à se marier à un frère de leur défunt mari. Celles qui s'y opposent sont souvent dépouillées des biens dont elles héritent.
Tout comme le lévirat, le mariage forcé se pratique encore au Togo. Le taux de prévalence du mariage des enfants dépasse dans certaines régions du pays. Une fille sur quatre subit le mariage forcé avant d'atteindre l'âge adulte. Nombreuses jeunes filles sont contraintes à l'abandon scolaire pour le mariage forcé notamment à Kpendjal dans les régions de Savane au Togo.
Marcel Kpodzro, de l'ONG La voix des enfants du Togo explique que : .
Viol De 2020 à 2022, environ se sont plaintes auprès de 23 centres d'écoute des violences qu'elles subissent au Togo. En , une fillette de s'est suicidée dans le village d’Asrama à Haho après s'être victime d'un mariage arrangé par son père.
De janvier à , la polyclinique de Vogan enregistre de viol. En 2024, une fillette de se fait violer par un camarade d'école.
Violence conjugale Une étude réalisée en 2010, sur les violences basées sur le genre (VBG) souligne que de femmes ont subi des violences physiques au sein de leur ménage au Togo.
En 2019, au moins 1000 plaintes téléphoniques de violences conjugales sont répertoriées chaque jour par le centre d'écoute du Groupe de réflexion et d’action Femme, démocratie et développement (GF2D).
Selon une enquête d'Afrobaromètre en 2019, la moitié des hommes au Togo cautionne la violence physique envers les femmes. Les résultats d'une enquête démographique de 2023 et 2024 révèlent que des femmes togolaises sont victimes de violences physiques ou sexuelles à partir de l’âge de .
Mesures contre les violences sexuelles et sexistes Le , les autorités togolaises établissent un protocole de prise en charge des victimes de violences basées sur le genre avec l'appui financier de la Banque Mondiale.
Le Code pénal togolais punit le viol de 5 à de réclusion suivie d'une amende de 2 à de francs CFA et lorsque l’auteur dispose d'une autorité sur la victime, la peine est portée jusqu'à de réclusion en plus d'une amende allant à de francs CFA.
En 2024, un numéro vert est rendu public pour dénoncer les viols au Togo. Le , le parlement vote une loi pour protéger des apprenants contre les violences sexuelles au Togo avec comme projet, la création d'un observatoire pour le suivi et l'évaluation des violences sexuelles.
Poursuites judiciaires Entre 2016 et 2019, sont condamnées pour des violences sexuelles commises à l’encontre des femmes et des filles. En , le secrétaire général du ministère de l'Action sociale, de la Solidarité et de la Promotion de la femme est accusé de viol et placé en détention provisoire à la prison civile de Lomé. Plusieurs militantes des droits de la femme appellent à des sanctions convenables pour cette affaire.
Le , la cour d'assises de Lomé condamne un jeune homme âgé à de réclusion criminelle pour avoir violé une fillette de huit ans en 2018. Cette condamnation suscite des vagues de réjouissance dans l'opinion publique et sur les réseaux sociaux.
Activisme Des organisations de la société civile se mobilisent notamment WiLDAF-Togo qui anime la campagne d’activisme contre les violences basées sur le genre au Togo.
En 2018, plusieurs militantes se sont mobilisées devant le ministère de la Promotion de la femme à Lomé, sous le slogan ''Non, c'est non'' après la diffusion du viol d'une jeune femme par son agresseur sur les réseaux sociaux. Le mouvement Négresses féministes, créé en 2020, s'investit dans l'activisme numérique pour dénoncer les violences faites aux femmes.
En 2023, l’association pour la promotion et la protection des enfants et de la jeune fille au Togo (A2PEJF-Togo) déplore le silence des victimes et l'absence de mécanismes efficaces pour le traitement, la gestion ainsi que la prise en charge des victimes.
Références
Voir aussi Articles connexes Condition des femmes au Togo
Liens externes
Ministère des Solidarités, du Genre, de la Famille et de la Protection de l’Enfance
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