Le zébu mahorais est une race bovine rustique endémique de l'île de Mayotte, reconnue en 2018.

Historique Cette race, implantée à Mayotte depuis le - Séminaire de clôture de la phase 1 des projets du RITA Mayotte (2015-2017)., est ancrée dans les systèmes de productions de l'île depuis les premières importations d'animaux d'élevage durant la période précoloniale. Les analyses génétiques ont montré une forte proximité génétique avec les populations zébu indiennes du berceau d'origine dans la vallée de l'Indus, ainsi qu'une population homogène, peu métissée et peu consanguine.

Les populations de zébus de Mayotte et de Madagascar sont très étroitement apparentées et présentent toutes deux une ascendance prédominante. Elles se sont séparées au lors de l'arrivée des Européens, qui ont transformé le réseau commercial de la région. Leur population bovine ancestrale commune provient d'un métissage entre une population de zébus africains métissés et un zébu indien, survenu vers le , au moment des premiers contacts entre les populations humaines africaines du corridor swahili et les peuples austronésiens d'Asie du Sud-Est aux Comores et à Madagascar. Une forte augmentation de la taille estimée des populations entre le début du et le coïncide avec l'expansion du commerce du bétail.

Dans les années 1990 sont arrivées à Mayotte des races importées, à la productivité en viande et en lait bien supérieure à celle du zébu mahorais. Ceci a conduit à une forte augmentation des demandes d'insémination artificielle et de croisements des zébus avec des taurins importés, auprès de la Coopérative Agricole des Éleveurs de Mayotte (CoopADEM) puis de la Chambre d'Agriculture de Mayotte, conduisant à une dilution progressive de la race zébu mahorais.

Face à la menace de disparition de la race, le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) et la CoopADEM ont caractérisé et fait reconnaître la race en France, officiellement le dans le Journal officiel de la République française, au cours du projet DEFI-ANIMAL 2015-2020, grâce aux résultats des analyses phénotypiques et génétiques. Le statut de la race a été reconsidéré en 2023 lors du projet RACES ANIMALES 2022-2023. Le zébu mahorais est alors devenu en France l'une des races locales menacées d'abandon compte tenu du faible nombre de reproducteurs.

Morphologie Le zébu mahorais est une race rustique de petit format, d'une hauteur au garrot d'un mètre environ. L'animal a plus de squelette que de viande.

La robe peut présenter de très nombreux motifs différents. Elle peut être unie (noir, rouge foncé, rouge clair, gris ou fauve) ou bicolore de type pie. Elle peut présenter des particularités telles que des mouchetures, des bringeures, des panachures, une raie de mulet ou des tigrures. Dans la majorité des cas, elle ne présente aucune particularité.

Quel que soit le motif ou la couleur de la robe, aucun animal ne présente une pigmentation de la peau rose, qui est le plus souvent noire ou brune ou mélangée. Le mufle et les paupières sont le plus souvent noirs.

Les onglons sont constitués en majorité de corne foncée. Le profil de tête est rectiligne. Les poils sont raides, jamais frisés. Les oreilles sont fréquemment à bord droits. La bosse est de taille moyenne et de forme droite. Les cornes, de taille moyenne, peuvent être de différentes couleurs, le plus souvent brunes. Elles peuvent être en croissant, en ligne, en fourche, en V ou en coupe, orientées le plus souvent vers le haut. Le fanon est de taille moyenne. Le nombril est petit à inexistant. Chez les taureaux, le fourreau est moyen à grand. La queue est moyenne à longue. Le profil de dos est le plus souvent descendant vers le garrot, parfois droit. La croupe est inclinée.

Aptitudes La race a développé des aptitudes zootechniques et des qualités d'adaptation particulièrement utiles dans un milieu tropical aux conditions pédo-climatiques et d'élevage difficiles. C'est un animal rustique, résistant aux maladies et au stress hydrique, avec de faibles besoins énergétiques. Il est doté d'aptitudes maternelles (facilité de vêlage) et fonctionnelles (fertilité, longévité et facilité de déplacement) intéressantes pour des exploitations ayant peu de ressources fourragères. La race constitue un réservoir de gènes d'adaptation à des conditions d'élevage défavorables, qui risquent de s'accroître dans le contexte du changement climatique.

Utilisations Cette race est élevée en majorité dans des exploitations traditionnelles en polyculture-élevage, avec un faible niveau d'équipement et un faible recours aux soins vétérinaires et à la provende. Les éleveurs, aux conditions économiques stables comme précaires, sont conscients qu'ils ne peuvent pas répondre aux exigences sanitaires et alimentaires des races croisées. Ils optent pour la race locale, plus facile d'accès et demandant moins d'investissement, et dotée d'une forte valeur culturelle, transmise par leurs ainés. L'animal assure l'autosubsistance du foyer et la sécurisation des biens, en offrant une épargne lors des cérémonies ou des besoins de trésorerie. S'il est grand et vigoureux, il procure aussi du prestige à la famille au sein du village.

Références

Mahorais Catégorie:Faune endémique de Mayotte Catégorie:Race bovine apparentée au zébu Catégorie:Race bovine originaire d'Afrique