La crise de 2026 à Cuba débute le , dans le sillage de l'intervention américaine au Venezuela, au cours de laquelle les forces spéciales américaines capturent le président vénézuélien Nicolás Maduro et son épouse Cilia Flores, allié clé du gouvernement communiste cubain, et interrompent l'approvisionnement de l'île en pétrole vénézuélien, tout en affichant leur volonté de provoquer un changement de régime à Cuba avant la fin de l'année.
Les États-Unis commencent à entraver les livraisons de pétrole à destination de Cuba, en visant notamment des entreprises comme Pemex, la compagnie pétrolière publique mexicaine, et en menaçant de sanctions tarifaires les pays qui refuseraient de se conformer à cette politique.
La stratégie américaine, dans la continuité de l'embargo mis en place en 1962, est souvent décrite comme une politique de : elle laisse entrevoir un compromis si les élites cubaines acceptent de négocier, mais fait planer, en cas de refus, le risque d'un étranglement économique susceptible de provoquer une révolte de la faim. Le président américain Donald Trump appelle Cuba à et plaisante en présentant Marco Rubio comme le , laissant entendre qu'il pourrait jouer un rôle central dans une éventuelle transition.
Pour plusieurs observateurs, cette crise constitue la confrontation la plus grave entre Washington et La Havane depuis la crise des missiles de 1962.
Contexte Les États-Unis maintiennent un embargo contre Cuba depuis 1962. Son intensité a toutefois varié au fil du temps, avec un net rapprochement sous la présidence de Barack Obama. Dès le début de son second mandat, Donald Trump rétablit et durcit fortement la politique de sanctions à l'égard de l'île, dans une logique de .
L'économie de Cuba dépend fortement des importations de pétrole, en provenance principalement du Venezuela et, plus récemment, du Mexique. La dégradation persistante de la situation économique et du réseau électrique de l'île a alimenté les ainsi que les . En , dans le cadre de l'escalade régionale autour du Venezuela, les États-Unis interceptent des pétroliers chargés de brut vénézuélien à destination de Cuba et annoncent un blocus des exportations pétrolières vénézuéliennes.
Le , le décret exécutif 14380 est signé ; il entre en vigueur le . Il déclare l'état d'urgence nationale aux États-Unis et autorise l'imposition de droits de douane supplémentaires sur les importations en provenance des pays qui fournissent, directement ou indirectement, du pétrole à Cuba. Dans le même contexte, Washington affiche ouvertement sa volonté d'accentuer la pression sur le régime cubain, Donald Trump appelant le gouvernement de Miguel Díaz-Canel à .
Impacts Selon le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme, le blocus et la pénurie de carburant qui en découle menacent l'approvisionnement alimentaire de Cuba et désorganisent les réseaux d'eau ainsi que les hôpitaux du pays. Cette pénurie entrave la récolte des cultures et compromet les efforts déployés en faveur de la souveraineté alimentaire. Elle freine également les opérations d'aide menées par le Programme alimentaire mondial après l'ouragan Melissa. En réponse, le gouvernement cubain ferme les écoles et les universités et restreint les transports publics. Faute de carburant pour les camions de ramassage, les déchets s'accumulent à La Havane comme dans d'autres villes du pays.
Coupures de courant Sous l'effet de la pression américaine, Cuba connaît de graves perturbations de son approvisionnement énergétique, qui provoquent une dans les provinces orientales de Guantánamo, Santiago de Cuba, Holguín et Granma, tandis que l'ouest de l'île, y compris La Havane, subit également de fortes tensions électriques.
Le , la température la plus basse enregistrée à Cuba atteint dans une station météorologique de la province de Matanzas, ce qui affecte négativement l'agriculture cubaine.
Crise du carburant des avions Le , Cuba annonce qu'elle ne pourra plus ravitailler d'autres avions dans ses aéroports en raison de la pénurie de carburant. Le même jour, Air Canada suspend ses vols vers le pays ; Rossiya et Nordwind Airlines l'imitent deux jours plus tard, invoquant elles aussi la persistance des pénuries de carburant sur l'île.
Incendie d'une raffinerie à La Havane Le , un incendie se déclare dans une installation stratégique de traitement du carburant à La Havane, faisant craindre une aggravation de la crise énergétique que traverse Cuba sous l'effet du blocus pétrolier imposé par les États-Unis. Un important panache de fumée s'élève au-dessus de la baie de La Havane depuis la raffinerie Nico López, attirant l'attention des habitants de la capitale, avant de se dissiper à mesure que les pompiers parviennent à maîtriser le sinistre. Le ministère cubain de l'Énergie et des Mines précise que l'incendie, survenu dans un entrepôt de la raffinerie, a finalement été éteint et que ses causes font l'objet d'une enquête. Selon le ministère, aucun blessé n'est à déplorer et le feu ne s'est pas propagé aux zones voisines. Il ajoute que l'activité se poursuit normalement à la raffinerie Nico López. Le foyer se situait à proximité de l'endroit où deux pétroliers étaient amarrés dans le port de La Havane.
Autres effets des pénuries Le , il est annoncé que le Festival del Habano, festival annuel consacré au cigare, est annulé en raison de la provoquée par le imposé par les États-Unis.
Le , la crise du carburant qui frappe Cuba sous l'effet des sanctions américaines se mue aussi en crise des déchets et de la santé publique : faute de carburant, de nombreux camions de collecte sont immobilisés, entraînant l'accumulation d'ordures dans les rues de La Havane ainsi que dans d'autres villes et localités du pays. À La Havane, seuls 44 des 106 camions-poubelles, soit environ 41,5 %, sont encore en mesure de fonctionner, ce qui ralentit fortement la collecte, tandis que les déchets s'amoncellent aux coins des rues, rapporte Reuters en s'appuyant sur le média d'État Cubadebate.
La société minière canadienne Sherritt International la suspension de ses activités sur son site minier de Moa.
Attaques Le , lors d'une fusillade survenue près de Cayo Falcones après la violation des eaux cubaines par un hors-bord immatriculé aux États-Unis, la garde côtière cubaine tue quatre personnes à bord. Six autres passagers sont blessés puis arrêtés, tandis que les enquêteurs cubains affirment avoir découvert à bord du matériel tactique présumé. Le soutient que le navire américain est à l'origine de l'échange de tirs et qu'un commandant cubain a été blessé. Les autorités annoncent ensuite l'arrestation, sur le territoire cubain, d'un septième individu accusé d'avoir apporté un soutien logistique.
Actions internationales Guatemala Le , le annonce le lancement d'un retrait progressif de la brigade médicale cubaine. Cette décision s'inscrit dans le contexte des pressions exercées par les États-Unis, qui présentent ces missions médicales comme une forme de . Or les revenus générés par les médecins cubains envoyés à l'étranger constituent l'une des principales sources de devises du gouvernement cubain.
Mexique Après l'enlèvement de Nicolás Maduro, les États-Unis accentuent leur pression sur le Mexique afin qu'il réduise ses livraisons de pétrole à Cuba, Donald Trump menaçant d'imposer des droits de douane à tout pays approvisionnant l'île en brut. Le Mexique suspend temporairement ses expéditions vers Cuba à compter du , et la présidente Claudia Sheinbaum présente cette interruption comme .
Nicaragua En , le gouvernement nicaraguayen met fin à l'entrée sans visa pour les citoyens cubains. Depuis son instauration en , dans le contexte de la pandémie de Covid-19, cette ouverture constituait une voie de sortie privilégiée pour fuir Cuba, empruntée par des milliers de migrants. Il n'est pas établi que cette mesure résulte d'une demande directe de l'administration américaine, mais elle s'inscrit dans une série de concessions accordées par le pouvoir de Daniel Ortega.
Venezuela Le , les États-Unis délivrent une licence autorisant les entreprises à revendre du pétrole vénézuélien au secteur privé cubain. Le département du Trésor précise que cet échange doit .
Réactions Gouvernement cubain Dans un premier temps, Miguel Díaz-Canel adopte une rhétorique belliciste contre et appelle la population à se préparer à une , tout en organisant des manifestations officielles contre le blocus pétrolier imposé par les États-Unis. Cependant, le , après un blackout, son ton s'adoucit : il déclare que , tout en excluant toute négociation sur ce qu'il considère comme des affaires intérieures cubaines.
Opposition cubaine Le , El País recueille les propos de plusieurs dissidents cubains, parmi lesquels José Daniel Ferrer, Manuel Cuesta Morúa et Rosa María Payá. Leurs réactions mêlent espoir et prudence, avec une mise en garde contre d'éventuelles manipulations, notamment l'hypothèse selon laquelle le régime cubain pourrait interrompre les pourparlers une fois sa position stabilisée.
Autres pays : Le président américain Donald Trump affirme que et que les États-Unis se montreront si le gouvernement cubain accepte de conclure un accord. : Le président cubain Miguel Díaz-Canel affirme que les États-Unis mènent une dans le but de déstabiliser . : Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva condamne le blocus pétrolier imposé par les États-Unis et appelle à l'acheminement d'une aide humanitaire en faveur des Cubains. : Les autorités canadiennes mettent en garde contre la décision de Cuba de ne plus ravitailler les avions canadiens dans ses aéroports et appellent leurs ressortissants à regagner le pays. : Le ministre chinois des Affaires étrangères, , déclare : , avant d'ajouter : : La présidente mexicaine Claudia Sheinbaum met en garde contre le risque d'une crise humanitaire. : Le président russe Vladimir Poutine condamne les initiatives américaines et affirme que la Russie continuera d'acheminer du pétrole vers Cuba malgré les menaces de blocus.
Autres En , des militants annoncent le lancement de la flottille Nuestra América, destinée à tenter de briser le blocus américain et à acheminer une aide humanitaire vers Cuba en pleine crise. L'initiative est organisée par et réunit notamment des membres de la Global Sumud Flotilla, qui avait déjà tenté de forcer le blocus israélien de la bande de Gaza.
Notes et références
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