Raoul Coutard, né le à Paris et mort le à Labenne (Landes), est un directeur de la photographie et réalisateur français, lié au mouvement de la Nouvelle Vague.
alt=Une patrouille du Corps expéditionnaire français dans le sud du Vietnam, en 1951.|vignette|352x352px|Une patrouille du Corps expéditionnaire français dans le sud du Vietnam, en 1951, photographiée par Raoul Coutard.
Biographie Jeunesse Issu d'une famille parisienne modeste et à sensibilité communiste, il voit dans son enfance de nombreux films soviétiques. Il pratique la photographie et réussit un concours d'entrée dans une école de chimie, à laquelle il doit renoncer, ses parents n'ayant pas les moyens de lui payer des études. Il s'engage dans l'armée française en 1944, et part pour l'Indochine combattre les Japonais jusqu'en 1945. Il rentre en France métropolitaine, puis repart en 1946 idem note 1.
Guerre d'Indochine De 1946 à 1947, il commande une section dans le nord du Laos en tant que sergent dans l'infanterie coloniale ; il devient ensuite reporter photographe. Fin 1950, il est photographe pour le SPI, service de presse et d'information de l'armée française, lors de la chute de Cao Bang. Le général de Lattre de Tassigny ordonne alors l'abandon des scènes reconstituées photographiées, préférant intégrer des photographes lors des opérations militaires, dont Raoul Coutard sera un des photographes accrédités, avec le cameraman Pierre Schoendoerfferin Raoul Coutard, L'Impériale de Van Su : Ou comment je suis entré dans le cinéma en dégustant une soupe chinoise, Éditions Ramsay, Paris, 2007, ..
Il couvre notamment la guerre d'Indochine pour Radar, Life et Paris Match, documentant notamment l'installation des troupes française dans la cuvette de Diên Biên Phu. Il sympathise avec le général vietnamien Le Van Kim et sa rencontre avec Pierre Schoendoerffer, qui lui présente par la suite Georges de Beauregard et Pierre Braunberger, est déterminante.
Il part tourner en Afghanistan La Passe du diable de Pierre Schoendoerffer et il y rencontre Joseph Kessel. L'écrivain est à l'origine du film, dont il racontera la genèse et le tournage dans son livre Le Jeu du roi.
Après des débuts d'opérateur avec quelques plans dans le film collectif d'images d'explorateurs À chacun son paradis (1956) de Luciano Emmer et Robert Enrico, il entame une longue collaboration avec Pierre Schoendoerffer, pour lequel il photographie en particulier La Section (1964) et le Crabe-tambour (1977), ce dernier lui valant un César de la meilleure photographie.
Directeur de la photographie Son travail remarqué sur À bout de souffle (1960), de Jean-Luc Godard, fait de lui le chef opérateur le plus en vue de la Nouvelle Vague. Tout comme Schoendoerffer, Godard lui restera longtemps fidèle, lui confiant la prise de vues de certains de ses meilleurs films comme Vivre sa vie (1962), Le Mépris (1963), Alphaville (1965) et Pierrot le Fou (1965). Après avoir pris leurs distances au moment des événements de Mai 68, les deux hommes se retrouvent pour Passion (1982).
Coutard collabore entre-temps avec François Truffaut à des films aussi remarquables que Jules et Jim (1962) et La mariée était en noir (1967), et signe l’image de Lola (1960) de Jacques Demy, de Chronique d'un été (1960) de Jean Rouch et Edgar Morin, de Tire-au-flanc 62 (1962) de Claude de Givray, de La Poupée (1962) de Jacques Baratier et de Vacances portugaises de Pierre Kast (1962).
Il signe encore la photo de Z (1969), L'Aveu (1970) de Konstantinos Costa-Gavras, ainsi que La Diagonale du fou (1984) de Richard Dembo.
Un inventeur au service des réalisateurs Son utilisation de la lumière naturelle, le jeu marqué des contrastes en noir et blanc comme en couleurs et la mobilité de sa caméra ont véritablement révolutionné la photographie de cinéma. Remarquable technicien, il adapte des méthodes de tournage de documentaire à la fiction, ou invente même des techniques pour pouvoir tourner la nuit sans éclairage additionnel, à faible coût de production, en utilisant de la pellicule noir et blanc pour photographe, avec un développement spécial :
Toujours pour Jean-Luc Godard, dans À bout de souffle, il remplace les rails de travelling par une chaise-roulante pour handicapé où il est assis, caméra à l'épaulein Raoul Coutard, L'Impériale de Van Su : Ou comment je suis entré dans le cinéma en dégustant une soupe chinoise, Éditions Ramsay, Paris, 2007, .. Pour la scène dans la chambre de bonne, il s'installe sur la corniche du toit à l'extérieur de la fenêtreidem p.67., sa petite taille lui permet de tenir et filmer Belmondo et un acteur dans une cabine d'ascenseur. Il réalise, pour le film La 317e section de Pierre Schoendoerffer, des trucages en direct pendant la priseidem , et utilise pour Tirez sur le pianiste de François Truffaut des lampes « d'amateurs » pour éclairer la nuitidem .
Metteur en scène Comme metteur en scène, Raoul Coutard a réalisé Hoa-Binh (1970), une évocation d’un épisode de la guerre d'Indochine, La Légion saute sur Kolwezi (1979), sur l'opération militaire de 1978 au Zaïre, et SAS à San Salvador (1982).
Mort Atteint de la maladie de Parkinson, Raoul Coutard meurt le à 92 ans, dans une clinique de Labenne (Landes) près de Bayonne.
Ses obsèques sont célébrées dans l'intimité le en l'église Notre-Dame à Boucau, puis son corps est incinéréCarnet Sud-Ouest.
Filmographie Cinéma Comme directeur de la photographie
Comme réalisateur 1970 : Hoa-Binh 1980 : La légion saute sur Kolwezi 1982 : SAS à San Salvador
Télévision Comme directeur de la photographie 1974 : Une nuit en Lorraine d'après une nouvelle de Claude Chevalier Hapert avec Alain Marcel production FR3 Nord Picardie 1992 : Maigret (série télévisée), épisode Maigret et les plaisirs de la nuit de José Pinheiro
Publications
Guerre morte…il y avait une guerre d’Indochine, de Jean-Pierre Dannaud. Illustrations photographiques de Michel Aubin, Edouard Axelrad, Werner Bischof, Marcel Bourlette, Robert Bouvet, Daniel Camus, Raymond Cauchetier, Paul Corcuff, Raoul Coutard, Guy Defive, Dervoust, Yves Fayet, Pierre Ferrari, Ernst Haas, Jacques Jahan, Francis Jauréguy, Fernand Jentile, Georges Liron, René Martinoff, Missions étrangères, Nguyen Manh Danh, Jacques Oxenaar, Jean-Marie Pelou, Jean Péraud, Jean Petit, S.I.V.N., Raymond Varoqui. Supplément à la revue Indochine Sud-Est Asiatique, Imp. Georges Lang, Paris, 1954. La Pensée Moderne, 1973 , ouvrage autobiographique. .
Bibliographie
Distinctions Récompenses Liste non exhaustive Festival de Cannes 1970 : Prix de la première œuvre pour Hoa-Binh Prix Jean-Vigo 1970 pour Hoa-Binh César 1978 : César de la meilleure photographie pour Le Crabe-tambour Festival de Cannes 1982 : Grand Prix technique pour Passion Mostra de Venise 1983 : Prix technique pour Prénom Carmen (partagé avec François Musy pour son travail sur le son pour le même film) American Society of Cinematographers Awards 1997 : Prix international
Nominations et sélections Liste non exhaustive BAFTA Awards 1968 : Meilleure photographie dans la catégorie « noir et blanc » pour Le Marin de Gibraltar Festival de Cannes 1970 : sélection officielle en compétition pour la Palme d'or pour Hoa-Binh César 1983 : César de la meilleure photographie pour Passion
Notes et références
Voir aussi Presse . . .
Filmographie 1986 : Les Yeux brûlés, film documentaire français réalisé par Laurent Roth en 1986, sorti en 2015. 2017 : Raoul Coutard. J'ai pas une tête de mort (30 min) 2025 : Nouvelle Vague, long métrage de fiction français réalisé par Richard Linklater, revenant notamment sur le tournage d'À bout de souffle
Liens externes
Raoul Coutard, sur Cinematographers.nl
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