L’intolérance orthostatique (IO) est l'apparition de symptômes invalidants en position debout, qui sont soulagés en position couchée. Il existe de nombreux types d'intolérance orthostatique. L'OI peut être une sous-catégorie de la dysautonomie, un trouble du système nerveux autonome qui survient lorsqu'un individu se lève. Certaines espèces animales atteintes d'hypotension orthostatique sont sensibles aux perturbations circulatoires de la station debout et ont évolué afin de pallier ces difficultés.
On observe un chevauchement important entre les syndromes d'intolérance orthostatique et le syndrome de fatigue chronique (ou encéphalomyélite myalgique) et la fibromyalgie. L'intolérance orthostatique est plus fréquemment observée chez les femmes que chez les hommes (le ratio est de 4:1). La plupart des patients sont âgés de moins de 35 ans. L'IO peut aussi être un symptôme d'une cytopathie mitochondriale.
L'intolérance orthostatique survient chez les humains car se tenir debout est un facteur de stress fondamental; des compensations circulatoires et neurologiques rapides sont nécessaires pour maintenir la pression artérielle, la circulation du sang cérébral et la conscience. Quand un humain se met debout, environ 750 ml de sang thoracique sont transloqués vers le bas. Les personnes atteintes d'IO ne possèdent pas les mécanismes pour compenser ce déficit. Les changements de fréquence cardiaque, de pression artérielle et de circulation cérébrale à l'origine de l'IO pourraient être causés par des anomalies dans les interactions entre le contrôle du volume sanguin, le système cardiovasculaire, le système nerveux et le système de contrôle de la circulation.
Signes et symptômes
L'intolérance orthostatique peut être aiguë ou chronique.
Intolérance orthostatique aiguë L'intolérance orthostatique aiguë se manifeste par des pertes de connaissance temporaires, avec un rétablissement rapide (type malaises vagaux ou syncopes) et des déséquilibres sans perte de connaissance. L'IO se différencie cependant des syncopes causées par des problèmes cardiaques car les déclencheurs de l'évanouissement (la position debout, la chaleur, l'émotion) et les symptômes avant-coureurs (nausée, vision trouble, maux de tête) sont connus. Dr. Julian M. Stewart, un expert en IO du New York Medical College soutient : « Beaucoup de patients souffrant de syncopes n'ont pas d'autres maladies intercurrentes; mis à part les malaises, ils vont bien ».
Symptômes :
Vision altérée (vision floue; corps flottants blancs, gris, ou noirs dans le champ de vision, vison double) Anxiété Intolérance à l'exercice physique Fatigue Maux de tête Palpitations cardiaques, quand le cœur accélère pour compenser la baisse de la pression artérielle Hyperpnée, ou sensation de difficulté à la respiration et à la déglutition Vertiges Sueurs Tremblements Faiblesse musculaire
Une manifestation classique d'une IO aiguë serait un soldat qui s'évanouit après s'être tenu au garde-à-vous pendant une longue période.
Intolérance orthostatique chronique Les patients avec un intolérance orthostatique chronique ont des symptômes sur presque ou tous les jours. Leurs symptômes peuvent être les mêmes que ceux de l'IO aiguë, plus:
Nausées Déficits neurocognitifs, comme des difficultés d'attention Pâleur Sensibilité à la chaleur Troubles du sommeil Autres symptômes vasomoteurs
Causes Les symptômes de l'IO peuvent survenir à la suite de :
Une position debout pendant une longue période (par exemple: être dans une file d'attente, être debout sous la douche, voire assis derrière un bureau), Un environnement chaud (par exemple : températures d'été, foule, bain ou douche chaude, après le sport) Évènements anxiogènes (par exemple : images graphiques, être stressé ou anxieux) Le retour d'un long voyage dans l'espace, quand le corps n'est pas encore réadapté à la gravité Période d'alitement prolongée Hydratation et consommation de sel inadéquate Commotion
Diagnostic Beaucoup de patients sont non ou mal diagnostiqués et ne sont pas pris en charge, ou sont traités pour d'autres troubles.
Les tests actuels pour l'IO, tels que le test de la table basculante, le NASA Lean Test, le protocole aAP (adapted Autonomic Profile), ou l'évaluation de l'autonomie et de l'intégrité vasculaire, peuvent spécifier et simplifier la prise en charge. Les patients présentant des symptômes de dysautonomie peuvent être orientés vers un cardiologue, un neurologue ou un gastroentérologue pour contrôler et traiter leurs symptômes.
Gestion des symptômes Certains patients présentent une amélioration de leurs symptômes, mais pour certains, l'IO peut être sévèrement handicapante et progressive par nature, surtout si elle est causée par une pathologie sous-jacente qui se détériore.
Les manières dont les symptômes apparaissent varient grandement d'un patient à l'autre: un plan de soin individualisé est donc nécessaire.
L'IO peut être traitée de manière pharmaceutique et non pharmaceutique. Les traitements ne guérissent pas l'IO, ils contrôlent les symptômes.
Les médecins spécialistes dans le traitement de l'IO s'accordent pour dire que le traitement primordial est de boire plus de 2 litres (8 verres) de fluides par jour. Une consommation régulière et importante d'eau et d'autres fluides réduit la plupart des symptômes majeurs de l'IO. Typiquement, les patients se portent le mieux lorsqu'ils boivent un verre d'eau toutes les deux heures plutôt qu'une grosse quantité en une seule fois.
Pour la majorité des cas sévères et certains cas moyens, une combinaison de médicaments peut être utilisée. Les réponses individuelles aux traitements varient largement, un médicament qui améliore drastiquement les symptômes d'un patient pourrait empirer ceux d'un autre. Les traitements s'articulent autour de trois problématiques :
Médicaments qui augmentent le volume sanguin
Fludrocortisone (Florinef) Erythropoietin Contraception hormonale
Médicaments qui inhibent l'acetylcholinesterase
Pyridostigmine
Médicaments qui aident à la vasoconstriction
Stimulants (ex: Ritaline ou Dexedrine) Midodrine (ProAmatine) Ephédrine and pseudoéphédrine (Sudafed) Théophylline (à petite dose) Inhibiteurs Sélectifs de la Recapture de la Sérotonine (ISRS - Prozac, Zoloft, Paxil)
Les patients souffrant d'IO peuvent intégrer des habitudes thérapeutiques à leur quotidien, telles que:
Eviter les déclencheurs, comme rester assis longtemps, la position debout et statique, les environnements chauds, ou les médicaments vasodilatateurs Effectuer des exercices de posture et utiliser des contentions élastiques Traiter les pathologies coexistantes Augmenter la consommation de sel et de fluides Faire de l'exercice et de la thérapie physique
Voir aussi
Hypertension orthostatique Hypotension orthostatique Syndrome de tachycardie orthostatique posturale Syncope
Références
Liens externes
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