René Ponsin, né le à Cœuvres-et-Valsery (Aisne) et mort le à Falkenstein (Haut-Palatinat), est un travailleur civil français requis en Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale. Engagé dans l’action catholique clandestine auprès de prisonniers de guerre français, il est arrêté par les autorités nazies en raison de ses activités religieuses interdites, déporté au camp de concentration de Buchenwald, puis exécuté lors d’une marche d’évacuation.

Son décès est reconnu par l’Église catholique comme un martyr « par haine de la foi » (odium fidei), et il est béatifié le parmi un groupe de cinquante martyrs français du nazisme...

Biographie

Formation chrétienne et vie familiale René Ponsin naît le à Cœuvres-et-Valsery, dans le diocèse de Soissons, au sein d’une famille catholique. Il est le fils d’Henri Ponsin et de Marguerite Boudin. Il reçoit le sacrement du baptême le dans sa paroisse natale.

Le , lors d’une permission, il épouse Lucienne Vigneron (née le ) en l’église de Saint-Brice-sous-Forêt. Le couple s’installe au 44, rue de Paris, puis au 46, avenue des Tilleuls. De leur union naît une fille, Anne-Marie, le . En raison d’un danger de mort imminent, l’enfant est ondoyée le jour même à leur domicile par l’abbé R. Chuette, curé de la paroisse. Elle recevra ultérieurement les compléments du baptême le .

Engagement catholique et travail en Allemagne Avant son départ en Allemagne, René Ponsin exerce la profession de commis épicier à Saint-Brice-sous-Forêt. Il appartient, de notoriété publique, à la mouvance de la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC), mouvement d’action catholique alors très implanté dans les milieux ouvriers.

En , il est requis pour le STO (Service du travail obligatoire) en Allemagne. Affecté à une usine de Cologne, il entre en contact avec des prisonniers de guerre français, parmi lesquels des scouts catholiques. Il s’engage alors dans une activité religieuse clandestine visant à soutenir spirituellement ces prisonniers.

Action catholique clandestine et répression À Cologne, René Ponsin participe activement à la vie religieuse des prisonniers de guerre du Kommando 624. Pour ce faire, il s’introduit illégalement dans le camp en empruntant un uniforme militaire, afin d’assister à la messe dominicale et de prendre part à des réunions d’action catholique. En tant que travailleur civil, il facilite également l’envoi de courrier pour les prisonniers, moins exposé à la censure.

Il contribue à l’organisation d’une action catholique structurée entre travailleurs requis et prisonniers de guerre. Dans le cadre de la politique nazie visant à transformer les prisonniers de guerre en travailleurs civils , il proteste auprès des autorités allemandes contre des pratiques contraires à la dignité humaine, notamment l’installation d’une maison close destinée à détourner les prisonniers de toute résistance morale et religieuse. Cette intervention aboutit à la fermeture de l’établissement.

Ces activités religieuses, explicitement interdites par le décret nazi du réprimant l’action catholique française parmi les travailleurs en Allemagne, motivent son arrestation. René Ponsin est arrêté le par la Staatspolizei de Cologne et incarcéré à la prison de Bauweiler.

Déportation et mort Le , il est déporté au camp de concentration de Buchenwald, où il reçoit le matricule 20846. Il effectue sa période de quarantaine au Block 48 du Grand camp, puis intègre le Block 10 au Grand camp. Le , il est transféré au Kommando de Dora., puis le au Kommando d'Harzungen chargé des travaux de creusement au chantier B3 et au Kommando d'Ellrich-Juliushütte. chargé des chantiers de la Mittelwerk..

Lors de l’évacuation des camps à l’approche des forces alliées, René Ponsin est abattu d’un coup de feu le à Falkenstein, au cours d’une marche d’évacuation. Selon la reconnaissance ecclésiale ultérieure, sa mort survient dans un contexte de persécution liée à son engagement chrétien.

Reconnaissance du martyre Le , le pape Léon XIV promulgue un décret du dicastère pour les causes des saints reconnaissant le martyre de cinquante Français morts sous le régime nazi entre 1944 et 1945 en raison de leur foi chrétienne, parmi lesquels figure René Ponsin.

Cette reconnaissance établit que sa mort est survenue , en lien direct avec son engagement dans l’action catholique clandestine auprès de prisonniers de guerre.

La messe de béatification. est célébrée le à la cathédrale Notre-Dame de Paris, sous la présidence du cardinal Jean-Claude Hollerich. qui, à l’issue de la célébration, a solennellement béni l’icône du nouveau Bienheureux martyr.

Le , Benoît Bertrand, évêque du diocèse de Pontoise, a solennellement inauguré l’icône officielle du Bienheureux René Ponsin en l’église Saint-Brice de Saint-Brice-sous-Forêt..

Notes et références

Articles connexes Martyrs français de la Seconde Guerre mondiale Bienheureux martyrs bénédictins de Barbastro Action catholique

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