Cet article dresse la liste des députés béninois élus au suffrage universel direct au scrutin de liste à la représentation proportionnelle siégeant à l'Assemblée nationale.
Cette dixième législature inaugure une transformation majeure du système parlementaire béninois, avec un mandat étendu à sept ans au lieu de cinq précédemment, conduisant les élus jusqu'en 2033. La législature a pour président Joseph Djogbénou, élu à l'unanimité des 109 députés le .
Cette législature se caractérise par l'absence totale de l'opposition à l'hémicycle. Les 109 sièges sont répartis entre deux partis de la mouvance présidentielle : l'Union progressiste le renouveau (UPR), qui obtient 60 sièges, et le Bloc républicain (BR), avec 49 sièges. Le parti Les Démocrates, dirigé par l'ancien président Boni Yayi, n'a pas atteint le seuil de 20 % des suffrages requis pour participer à la répartition des sièges, conformément au cadre électoral en vigueur.
Les députés sont rééligibles et représentent la Nation tout entière. Ils ont été installés le au Palais des gouverneurs à Porto-Novo, conformément aux dispositions de la loi 2024-13 du modifiant et complétant la loi 2019-43 portant code électoral.
Contexte électoral
Scrutin couplé du 11 janvier 2026
Les députés de la législature ont été élus lors du double scrutin du , qui a permis d'élire simultanément les 109 députés de l'Assemblée nationale et les conseillers communaux et municipaux des 77 communes du pays. La campagne électorale s'est déroulée du au .
Les résultats provisoires publiés par la Commission électorale nationale autonome (CENA) le donnent l'Union progressiste le renouveau en tête avec 41,15 % des suffrages exprimés, suivie du Bloc républicain avec 36,64 %. Le parti Les Démocrates obtient 16,14 %, la FCBE 4,86 % et le MOELE-BÉNIN 1,21 %.
Les résultats définitifs sont proclamés par la Cour constitutionnelle du Bénin le , confirmant la répartition des 109 sièges entre l'UPR (60 sièges) et le BR (49 sièges).
Renouvellement parlementaire
Les élections de marquent un renouvellement sans précédent du Parlement béninois. Sur les 109 sièges de la législature, 52 députés n'ont pas réussi à se faire réélire ou n'ont pas été candidats, tandis que 57 autres conservent leur mandat, portant le taux de renouvellement à 47,7 %, un chiffre inédit depuis l'avènement du régime parlementaire en 1991.
Les législatives marquent également le retour de plusieurs anciens députés absents du Parlement depuis quelques années. Claudine Prudencio, Boniface Yèhouétomè, Cyriaque Domingo, Joseph Anani, Antoine N'Da, Charles Gagnon et Jean-Eudes Okoundé rejoignent à nouveau l'Assemblée pour la législature. Par ailleurs, six députés issus de la précédente opposition (LD) — Michel Sodjinou, Constant Nahum, Léansou Do Régo, Denise Hounmènou, Chantal Adjovi et Joël Godonou — ont été repositionnés sur les listes UPR et BR, et ont réussi à reconquérir leurs sièges.
Un fait politique majeur de ce scrutin réside dans l'élection de tous les ministres du président Patrice Talon engagés dans la course, traduisant l'implantation territoriale de l'exécutif et la discipline des électorats acquis à la majorité présidentielle.
Installation et organisation
Cérémonie d'installation
Les 109 députés de la législature ont été officiellement installés le dimanche au Palais des gouverneurs à Porto-Novo. La cérémonie a été conduite par le bureau d'âge présidé par le doyen Antoine N'Da, assisté des deux plus jeunes députés, Youssouf Issa et Faridatou Traoré Yacoubou.
La session inaugurale a été marquée par la lecture de la décision EL 26-001 du portant proclamation des résultats définitifs des élections législatives du , l'affichage de la liste des députés élus, la décision portant validation des mandats de Michel Sodjinou et de Koussonda Moukaram Adjibadé de la Cour constitutionnelle, l'appel nominal des élus et la déclaration solennelle d'installation des 109 députés.
Bureau de l'Assemblée nationale
Le bureau de l'Assemblée nationale a été élu à l'issue de l'installation des députés. Joseph Fifamè Djogbénou, président de l'Union progressiste le renouveau et seul candidat au perchoir, a été plébiscité à l'unanimité avec 109 voix pour, 0 voix contre et 0 abstention.
La composition du bureau reflète un partage des responsabilités entre les deux partis de la mouvance présidentielle :
Président : Joseph Fifamè Djogbénou (UPR) 1 vice-président : Barthélémy Kassa (BR) 2 vice-président : Mahougnon Kakpo (UPR) 1 questeur : Amadou Djibril Labiou (UPR) 2 questeur : Chantal Ahyi (BR) 1 secrétaire parlementaire : David Houinsa (UPR) 2 secrétaire parlementaire : Inoussa Chabi Zimé (BR)
Quelques jours après son accession au perchoir, Joseph Djogbénou a procédé aux premières nominations de son entourage administratif. L'ancien député de la circonscription électorale, Abou Torou, a été nommé directeur de cabinet du président de l'Assemblée nationale, avec la charge de coordonner l'activité du cabinet et d'assurer l'interface entre la présidence et les différents services parlementaires.
Groupes parlementaires
Les groupes parlementaires ont été officiellement constitués le mercredi en séance plénière au Palais des gouverneurs.
Le groupe Union progressiste le renouveau, dont la déclaration constitutive a été lue par le député Bonaventure Aké Natondé, est composé de six membres à son bureau. Aké Natondé en assure la présidence. Le groupe a affirmé sa volonté de contribuer à l'enracinement de la démocratie et à la prise en compte des attentes des populations au cours de la mandature 2026-2033.
Le groupe Bloc républicain a été officialisé par Assan Séïbou, qui en assure la présidence. Hervé Hêhomey occupe le poste de premier vice-président. Sofiatou Schanou et Michel Sodjinou sont respectivement premier et deuxième rapporteur, tandis que Gounou Abdoulaye en est le secrétaire. Dans son adresse, Assan Séibou a exposé l'engagement du groupe en faveur de la mise en œuvre des politiques publiques, du dialogue parlementaire, du service de l'intérêt général et de l'accompagnement de la vision Bénin 2060.
Un fait notable : aucun des six anciens députés issus du parti Les Démocrates ayant rallié la majorité présidentielle — Michel Sodjinou, Joël Godonou, Constant Nahum, Denise Hounmènou, Chantal Adjovi et Léansou Do Régo — ne figure dans le bureau de l'Assemblée nationale, restant cantonnés à de simples sièges de députés.
Commissions permanentes
L'Assemblée nationale a procédé, le mercredi en séance plénière, à la constitution des cinq commissions permanentes et à la désignation des membres de leurs bureaux. Les 109 députés ont ainsi réparti les responsabilités au sein de ces organes techniques, chargés d'examiner les propositions et projets de loi avant leur passage en plénière.
L'Union progressiste le renouveau, formation majoritaire, obtient la présidence de trois commissions, tandis que le Bloc républicain en obtient deux. La séance a également permis d'officialiser l'ensemble des membres composant les bureaux des commissions.
Spécificités de la 10 législature
Mandat de sept ans
L'innovation majeure de cette législature réside dans sa durée exceptionnelle. Les récentes modifications constitutionnelles ont porté le mandat parlementaire de cinq à sept ans, une durée qui mènera les députés jusqu'en 2033. Cette extension transforme profondément le rythme démocratique béninois et confère une responsabilité renforcée aux dirigeants du Parlement.
Cette durée de sept ans synchronise le calendrier législatif avec une vision de long terme, promettant une cohésion institutionnelle propice aux grands chantiers de développement. Cependant, cette extension modifie également la dynamique démocratique habituelle, suscitant des interrogations parmi les observateurs de la scène politique béninoise.
Absence d'opposition
La législature se distingue par l'absence totale de formations d'opposition dans l'hémicycle, une configuration qui rappelle celle de la législature de 2019, où les deux mêmes formations, totalement acquises au président Patrice Talon, s'étaient également retrouvées seules à siéger.
Cette situation résulte de l'application du seuil électoral de 20 % des suffrages requis pour participer à la répartition des sièges, conformément au cadre électoral en vigueur. Le parti Les Démocrates, avec 16,14 % des voix, n'a pas franchi ce seuil.
Lors d'une rencontre avec la presse le à Cotonou, un observateur déclarait : . Cependant, une partie de l'opinion publique et des observateurs estiment que la discipline de parti et la logique de majorité risquent de limiter l'expression de voix véritablement dissonantes au Parlement.
Avec une Assemblée nationale largement acquise à la cause du président Patrice Talon, la législature apparaît comme un test majeur pour les institutions béninoises. Si cette configuration peut faciliter l'adoption rapide des réformes et des projets de loi du gouvernement, elle place aussi une responsabilité accrue sur les épaules des députés de la majorité. L'enjeu central sera de démontrer que l'Assemblée nationale peut demeurer un espace de débat, de contrôle et de redevabilité, au-delà des appartenances partisanes.
Liste des députés
La liste intégrale des 109 députés et de leurs suppléants élus lors des élections législatives du a été publiée par la Commission électorale nationale autonome (CENA) dans les résultats provisoires. Les députés sont répartis dans 24 circonscriptions électorales correspondant aux différentes zones géographiques du pays.
Les 109 sièges se répartissent entre l'Union progressiste le renouveau (UPR) avec 60 députés et le Bloc républicain (BR) avec 49 députés. Chaque circonscription dispose d'un nombre de sièges variable, allant de 3 à 8, en fonction de son poids démographique.
Tableau récapitulatif par circonscription
Circonscription Communes Sièges UP-R BR 1 Kandi, Malanville, Karimama 4 3 1 2 Gogounou, Banikoara, Ségbana 4 3 1 3 Boukoumbé, Cobly, Matéri, Tanguiéta 4 1 3 4 Kérou, Kouandé, Natitingou, Ouassa-Péhunco, Toucountouna 5 2 3 5 Allada, Kpomassè, Ouidah, Toffo, Tori-Bossito 6 4 2 6 Abomey-Calavi, Sô-Ava, Zè 8 5 3 7 Nikki, Bembéréké, Sinendé, Kalalé 5 3 2 8 Pèrèrè, Parakou, Tchaourou, N'Dali 6 2 4 9 Bantè, Dassa-Zoumé, Savalou 4 1 3 10 Ouèssè, Glazoué, Savé 4 1 3 11 Aplahoué, Djakotomey, Klouékanmè 4 3 1 12 Dogbo, Lalo, Toviklin 4 1 3 13 Djougou 3 0 3 14 Bassila, Copargo, Ouaké 3 1 2 15 Cotonou (1 au 6 arrondissement) 4 3 1 16 Cotonou (7 au 13 arrondissement) 5 3 2 17 Athiémé, Comé, Grand-Popo 3 2 1 18 Bopa, Lokossa, Houéyogbé 4 3 1 19 Adjarra, Aguégués, Porto-Novo, Sèmè-Kpodji 6 4 2 20 Adjohoun, Akpro-Missérété, Avrankou, Bonou, Dangbo 6 4 2 21 Adja-Ouèrè, Ifangni, Sakété 4 3 1 22 Kétou, Pobè 3 2 1 23 Abomey, Agbangnizoun, Bohicon, Djidja 5 3 2 24 Covè, Ouinhi, Zagnanado, Za-Kpota, Zogbodomey 5 3 2 Total 109 60 49
Liste nominative détaillée
La liste ci-dessous présente les 109 députés élus par circonscription, avec leurs suppléants respectifs, telle que publiée par la CENA.
1 circonscription (Kandi, Malanville, Karimama) — 4 sièges
Union progressiste le renouveau (3 sièges) Amadou Djibril Labiou (suppléant : Tamou Yarou Magazi Wahabou) Issa Youssouf (suppléant : Seni Zibo) Sabi Mohamed Djamilatou — siège réservé aux femmes (suppléante : Amadou Poulo Aïssatou)
Bloc républicain (1 siège) Dandakoé Inoussa (suppléant : Noma Abdoul Kader)
2 circonscription (Gogounou, Banikoara, Ségbana) — 4 sièges
Union progressiste le renouveau (3 sièges) Tamou Bio Sarako (suppléant : Yéro Moussa) Mora Sanni Saré Malick (suppléant : Issa Issifou) Chabi Goro Baké — siège réservé aux femmes (suppléante : Bani Mora Hélène)
Bloc républicain (1 siège) Sabi Yo Sanni Innocent (suppléant : Gounou Kankani Gourassobi Raymond Bernard)
3 circonscription (Boukoumbé, Cobly, Matéri, Tanguiéta) — 4 sièges
Union progressiste le renouveau (1 siège) N'Ouémou Kounèmè Domitien (suppléant : Gnammi Kouami)