Decio Bacchi, né le 28 novembre 1876 à Polesella et mort en 1935 à Milan, est un syndicaliste et journaliste italien.

Biographie

Socialisme en Polésine Fils d'Aniceto, premier secrétaire municipal de Polesella après le rattachement de la Vénétie à l'Italie, Decio Bacchi étudia d'abord les mathématiques avant de s'engager activement dans le milieu socialiste local, organisant des ligues et des clubs ouvriers.

Condamné pour antimilitarisme et collecte de fonds pour les grévistes de Molinella aux côtés de Gino Piva en 1898, il trouva alors refuge en Suisse auprès de son camarade socialiste exilé, Mario Tedeschi.

Syndicalisme révolutionnaire à Milan En 1908, il s'installa finalement à Arezzo, où il devint secrétaire de la Chambre du Travail de 1908 à 1910, puis s'installa à Milan où il devint l'un des plus importants dirigeants ouvriers milanais notamment comme chef du Fascio operaio socialista.

Le chercheur Leonardo Raita explique que « Bacchi n'était pas un syndicaliste de la première heure ; de ce fait, il ne participa pas activement aux débats entre théoriciens et organisateurs. Son passage au syndicalisme révolutionnaire fut assez tardif et résulta, pour ainsi dire, d'une conversion forcée, remontant à 1912, année où il devint secrétaire du Fascio à Milan, puis de la Ligue milanaise des tourneurs et ajusteurs, jouant un rôle clé dans la scission au sein de la FIOM lors du congrès extraordinaire d'Alessandria en 1912 ».

Au sein de l'Unione Sindacale Italiana (USI), il s'illustra par la suite comme l'un des dirigeants syndicaux les plus compétents du monde des métallurgistes. Devenu co-responsable, avec Filippo Corridoni, de l'Unione Sindacale Milanese (USM), il fut arrêté à plusieurs reprises pour grèves et résistance à la police.

L'Interventionnisme, l'après-guerre et le fascisme En , avec Corridoni, Amilcare De Ambris, Attilio Deffenu, Michele Bianchi, Ugo Clerici et d'autres, il signa le manifeste interventionniste des Faisceaux d'action internationaliste. En 1916, il fut nommé, en tant que représentant des ouvriers, membre du Comité Régional Lombard de Mobilisation Industrielle, dont il démissionna l'année suivante à la suite de son ordre de mobilisation sur le front. De retour à Milan en juillet 1919, il reprit le poste de secrétaire de l'USM et participa aux activités de la nouvelle Unione Italiana del Lavoro (UIL).

En 1922, il se « retira de la vie politique » en se consacrant, à partir de 1925, à la profession de journaliste auprès du journal philo-fasciste La Sera. Inscrit au Groupe des syndicalistes fascistes corridoniens (Gruppi dei sindacalisti fascisti corridoniani) de Milan, il fut appelé à occuper le poste de secrétaire des Syndicats fascistes des ouvriers, employés et techniciens de la métallurgie en juillet 1927. En 1928, il s'installa à Rome et, ayant abandonné « les idées subversives autrefois professées », il adhéra au Parti national fasciste (PNF) et fut radié du registre des subversifs. « Ami personnel » de Mussolini, il dénonça la corruption au sein du système corporatiste entrainant progressivement son isolement.

Après une tentative — qui lui vaudra une mise en demeure et la réouverture de son dossier au Casier Politique Central (CPC) — pour obtenir un poste au niveau national au sein des syndicats fascistes, il retourna à Milan où il mourut en 1935.

Notes et références

Bibliographie

Leonardo Raito, La parabola di Decio Bacchi. Dal socialismo degli albori all’interventismo, CLEUP, 2020.

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