Giuseppe Mingrino, né le à Castrogiovanni et mort le en 1958, est un homme politique socialiste italien.

Député socialiste et membre fondateur de l'organisation antifasciste Arditi del Popolo, il devient dans les années 1930 un agent provocateur dans le milieu des exilés en France pour le compte de l'OVRA. Biographie

Interventionnisme et syndicalisme Instituteur et membre du Parti socialiste italien (PSI), Giuseppe Mingrino publie en 1912 des articles dans le périodique d'Ancône La Volontà tout en oscillant entre socialisme et anarchisme. Devenu interventionniste durant la Première Guerre mondiale, il s'engage comme volontaire chez les arditi. Capitaine des arditi multi-décoré, notamment de la médaille d'argent, il est affecté au Corps d'armée de Gênes pour le renforcement du « front intérieur » après la défaite de Caporetto.

Démobilisé, il réintègre le PSI en décembre 1918 et s'occupe de questions syndicales en Sicile, organisant les conflits des mineurs de soufre (zolfatari). Par la suite, il entre à la rédaction de l'Avanti ! et s'engage dans la campagne électorale de l'automne 1919. Au début de 1920, il s'établit à Terni en tant que responsable de la Chambre du Travail et du périodique ouvrier La Turbina. Son arrestation lors d'une distribution de tracts antimilitaristes aux soldats le contraint à changer de région. Transféré à Piombino, il prend la tête de la section socialiste et du syndicat de la métallurgie, collabore au journal La Fiamma et, durant l'été, attise des luttes syndicales qui aboutissent à l'occupation des usines.

Membre dirigeant des Arditi del Popolo À la fin de l'année, il passe à la direction de la Chambre du Travail de Pise, tout en promouvant la constitution de noyaux d'Arditi del Popolo dans plusieurs villes de Toscane. Devenu l'un des principaux représentants de l'organisation antifasciste, Mingrino est agressé à plusieurs reprises par les chemises noires qui par la suite publient à son encontre un avertissement : « Si le député communiste Mingrino franchit les limites de Florence, il sera supprimé ».

Au sein des Arditi del Popolo, Mingrino prônait le maintien des liens avec les partis, contrairement à la position d'autres dirigeants comme Argo Secondari, qui défendaient l'autonomie de l'organisation, et dirigea le périodique L'Ardito del popolo. Suite à des désaccords internes, Mingrino assuma la direction politique des Arditi del Popolo, tandis que Secondari conserva la direction militaire et technique. Cette réorganisation entraîna une plus grande intégration de l'organisation aux structures des partis prolétariens, réduisant son autonomie initiale et la rendant perméable aux infiltrations.

Activité à la Chambre des députés et affaire de cocaïne Après l'essoufflement des Arditi del Popolo, Mingrino s'engage plus activement au sein du courant maximaliste (favorable à la fusion avec les communistes) du PSI. En tant que député, depuis 1921, ses interventions à la Chambre concernaient surtout la situation de l'ordre public, notamment dans le contexte des violences squadristes qu'il condamna. Lors de la séance du 20 juillet 1921, il déclara : « Vous, les fascistes, vous êtes des voleurs et des lâches ! Je vous défie un par un ! Vive les Arditi del Popolo ! ».

Mingrino est arrêté le 9 janvier 1924 à Rome par la garde des finances « en flagrant délit de contrebande de 3 kilogrammes de saccharine et de 300 grammes de cocaïne ». L'épisode le discrédite complètement sur le plan personnel, l'excluant de toute forme d'activité politique ou syndicale. De plus, le 18 février, il est condamné en appel à 3 mois et 15 jours de réclusion, avec une sentence immédiatement exécutoire, pour port d'armes sans déclaration.

Agent provocateur fasciste en France Exilé en France pour échapper à la prison, Mingrino se présente sur place comme socialiste mais fait l'objet d'un ostracisme de la part des exilés : « L'ex-député Mingrino a été expulsé depuis plus de deux ans pour des raisons totalement étrangères à la politique, mais seulement d'ordre moral. [...] Les camarades des sections de France, particulièrement, devront éviter tout rapport, même personnel, avec l'ex-député Mingrino et empêcher que celui-ci n'abuse d'un titre qui lui a été publiquement retiré depuis longtemps » (Avanti !, 26 mars 1926).Par la suite, Mingrino se mit au service du régime fasciste par le biais de la Direction générale de la Sûreté Publique (PS), qui lui conseilla d'afficher des positions d'extrême gauche afin de mener à bien son œuvre de provocation. Il aurait été mandaté par le régime pour éliminer Francesco Nitti, opération qui ne se concrétisa finalement pas. Avec Vittorio Ambrosini, il participa à l'opération pour piéger Cesare Rossi.

Après la Seconde Guerre mondiale, son nom est apparu parmi les personnes incluses dans la liste des espions de l'OVRA publiée en 1946 dans la Gazzetta Ufficiale.

Notes et références

Bibliographie

Paolo Spriano, Storia del Partito comunista italiano: Da Bordiga a Gramsci, Einaudi, 1967, pagina 144. Concetto Solano, Partito Comunista d'Italia: Manifesti e altri documenti politici, Pigreco, 2021. Mimmo Franzinelli, L'Amnistia Togliatti. 1946. Colpo di spugna sui crimini fascisti, Feltrinelli, 2016.

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