L'École de la Séparation (en persan : مکتب تفکیک, translittéré : Maktab-e Tafkik), aussi appelée École de Mashhad ou École de la Connaissance du Khorassan est un courant des sciences religieuses chiites à tendance déconstructionniste, dont les partisans insistent sur la séparation des enseignements philosophiques des méthodes de compréhension de la religion. Cette école s’est formée à Mashhad à partir des enseignements de Mirza Isfahani, l’école s’est ensuite développé dans la région du Khorassan au cours des dernières décennies. Le terme « Maktab-e Tafkīk » a été introduit et popularisé pour la première fois par Mohammad Reza Hakimi dans un article portant ce titre publié en . Par la suite, en 1996, il publia un livre du même nom dans lequel il interpréta les positions de cette école et présenta ses fondateurs. Cette école a influencé, au début de la Révolution iranienne, la limitation de la promotion médiatique de certains programmes portant sur l’ésotérisme (ʿirfān) terminologique, et elle conserve encore aujourd’hui des positions critiques, sur le plan scientifique, à l’égard des méthodes courantes de la philosophie et du mysticisme islamiques.

Histoire et origines

Le terme « tafkīk » désigne la distinction entre la révélation divine et les connaissances humaines. Ce concept n’a jamais été nié par les penseurs islamiques et a été pris en considération dès les premiers siècles de l’islam.

Selon le Dr. Ebrahim Dinani, dans son ouvrage « L’aventure de la pensée philosophique dans le monde islamique » :

« Ce qui est proposé de manière générale dans ce courant de pensée, c’est de distinguer les vérités religieuses révélées par Dieu de ce qui est considéré comme le produit de la pensée humaine, et de ne pas les mélanger. Il faut souligner que cette idée n’appartient pas exclusivement à un groupe particulier : tous les penseurs islamiques, dans l’ensemble, s’y montrent favorables et en accord. »

Cependant, l’appellation « Maktab-e Tafkīk » (École de la séparation), avec une série de caractéristiques et de traits liés à la pensée et à la manière de raisonner de ses partisans, est très récente et sans précédent. Ce courant à émerger à Mashhad et s’est manifesté dans la région du Khorassan depuis environ un demi-siècle et a progressivement gagné de nouveaux adeptes. Parmi ceux qui se montrent intéressés par cette pensée, l’expression « Maktab-e Tafkīk » a été mentionnée plus ou moins, et cette idée se faisait entendre à travers leurs propos.

Le Maktab-e Tafkīk est un courant religieux qui a émergé au cours des dernières décennies dans la région du Khorassan. Pour ses opposants, il représente une forme de « akhbarisme moderne » et une approche anti-rationnelle ou anti-philosophique. Les partisans de ce courant rejettent ces accusations et affirment qu’ils servent à la fois la philosophie et la religion à travers cette pensée.

Les adeptes de cette école ne considèrent pas le Maktab-e Tafkīk comme une école récemment apparue ; ils soutiennent qu’il s’inscrit dans la lignée des pieux prédécesseurs chiites, tels que al-Ṭūsī, al-Kulayni, al-Saduq et d’autres juristes et hadithistes anciens. L’une des accusations portées contre cette école par ses opposants est l’akhbârisme, alors que les juristes de cette école adoptent une approche rigoureusement principielle.

Ces dernières années, plusieurs livres ont été écrits et publiés sur le Maktab-e Tafkīk. Certains se sont limités à retracer son histoire, d’autres ont analysé ses doctrines. En 2008, le livre « Théologie divine ou théologie humaine » de Mohammad Reza Hakimi a été publié à ce sujet.

On rapporte que le Maktab-e Tafkīk a été fondé vers 1961 à Mashhad, par Mirza Isfahani, qui, avec Seyyed Musa Zarrabadi et Mojtaba Qazvini Khorasani, compte parmi ses pionniers et fondateurs. Parmi les figures les plus célèbres de cette école, on trouve également Hashem Qazvini, Mirza Javad Agha Tehrani, Mirza Hasan Ali Morvarid et Mahmoud Halabi, tous disciples éminents de Mirza Isfahani. Actuellement, Seyyed Jafar Seydan et Mohammad Reza Hakimi sont des personnalités importantes de cette école. Mahdi Nasiri adopte également des positions proches du Maktab-e Tafkīk et publie la revue Samāt pour promouvoir cette pensée. De plus, certains religieux et marāji‘ chiites critiques de la philosophie et du mysticisme islamique adoptent des positions proches de celles de cette école.

Notes et références

Catégorie:Théologie islamique Catégorie:Chiisme