L'accident ferroviaire de Saint-Médard-sur-Ille, est la collision le entre un TER et un poids lourd au passage à niveau n°11, à proximité immédiate de la gare de Saint-Médard-sur-Ille, sur la ligne entre Rennes et Saint-Malo dans le nord du département français d'Ille-et-Vilaine. L'accident a fait 3 morts et 61 blessés dont 13 grièvement. Trois accidents avaient déjà eu lieu sur ce passage à niveau les précédentes années dont l'un en 2007 qui avait fait une quarantaine de blessés. Le chauffeur du camion a été condamné pour son imprudence et la SNCF pour ne pas avoir suffisamment pris en compte la dangerosité du passage à niveau.

Accident Le , vers , un poids lourd composé d'un tracteur routier et d'une semi-remorque plateau d'une longueur de 18 mètres, s'engage à faible allure sur le passage à niveau n°11 à Saint-Médard-sur-Ille, situé juste au sud de la gare, permettant à la route départementale D106 de franchir la double voie ferrée. Ayant vu les barrières en sens opposé s'abaisser, le chauffeur routier a voulu faire une marche arrière mais s'est aperçu dans son rétroviseur que les barrières derrière lui se refermaient. Il est alors percuté par un automoteur B 82500 du réseau TER Bretagne qui assurait la liaison entre Rennes et Saint-Malo et transportait 161 passagers, la plupart rentrant de leur journée de travail..

Sous le choc, la cabine du camion se désolidarise de son châssis et est projetée à six mètres, le châssis et le moteur eux à . La remorque est entrainée avec le train sur , battant plusieurs fois le côté droit de la rame, sur la deuxième voiture puis sur la troisième et qu'elle éventre. Le train, malgré l'activation de son freinage d'urgence ne s'immobilise que après le passage à niveau.. Deux des trois voitures déraillent mais aucune ne se couche.

Le Plan rouge est déclenché avec l'installation d'un poste de commandement à Saint-Médard-sur-Ille et d'un poste médical avancé. Le ministre des Transports, Thierry Mariani et le président de la SNCF, Guillaume Pepy, se rendent le soir même sur le lieu de l'accident.

Bilan humain Le bilan final de l'accident est de 3 morts , une soixantaine de blessés dont 13 grièvement. À l'exception du conducteur du camion, légèrement blessé il a réussi s'extraire de sa cabine avec l'aide de témoins de l'accident, toutes les victimes sont passagères du train dont le conducteur est lui indemne.

Enquête Le chauffeur du poids-lourd est un habitué de cette route. Il venait de quitter un chantier à Saint-Médard et se rendait sur un autre. Selon des témoins, lorsqu'il s'engage sur le passage à niveau, le feu du passage à niveau était clignotant et sa sonnerie retentissait depuis déjà une dizaine de secondes. Il indiquera ne pas se souvenir d'avoir vu ou entendu une signalisation.

Cette portion de la voie ferrée permettait de rouler jusqu'à mais le train ne roulait alors qu'à . Ce passage à niveau, malgré des accidents précédents, ne figurait pas dans les passages à niveaux préoccupants de la carte de Réseau ferré de France.. La visibilité depuis le poste de conduite dans le sens Rennes-Saint-Malo (celui de l'accident) n'est que de ..

L'enquête du Bureau d'enquêtes sur les accidents de transport terrestre (BEA-TT) démontrera que la cause première de l'accident est le freinage puis l'arrêt du poids lourd sur le passage à niveau au moment où les demi-barrières s'abaissent, suivi d'une absence de redémarrage immédiat en marche avant pour forcer la barrière.

Dans son rapport de , le BEA-TT souligne deux facteurs qui ont pu jouer un rôle dans l'accident :

..

Le BEA-TT émettra deux recommandations : à destination de Réseau ferré de France, du département d'Ille-et-Vilaine, de la commune de Saint-Médard-sur-Ille et de la préfecture d'Ille-et-Vilaine : de ; à destination de la Direction générale des infrastructures, des transports et de la mer : de .

Il attire aussi .

Le juge d'instruction demande également une expertise accidentologique qui est remise en . Elle retient aussi comme causes de la collision l'inattention du chauffeur du poids lourd mais aussi la configuration du passage à niveau et de ses abords, jugés inadaptés à la circulation des poids lourds, la visibilité réduite de ce passage à niveau pour le conducteur du train, la non-inscription de ce passage-à-niveau sur la liste 2009 des passages-à-niveau préoccupants et les critères inadaptés de l'inscription sur cette liste.

Lors de l'instruction, le chauffeur reconnait sa responsabilité dans l’accident mais RFF et la SNCF nient toute responsabilité.

Le , RFF, devenu SNCF Réseau, puis le , la SNCF, devenue SNCF Mobilités, sont mises en examen des chefs d'homicides et de blessures involontaires. Le , la chambre de l’instruction rejette la requête en annulation de la SNCF de cette mise en examen.

Procès Sept ans après l'accident, le procès se déroule du 16 au devant le tribunal correctionnel de Rennes, avec comme accusés, le chauffeur du poids lourd alors âgé de 41 ans et deux personnes morales, SNCF Mobilités et SNCF Réseau (Réseau ferré de France lors de l'accident). Le chauffeur est condamné à 36 mois de prison avec sursis et l'interdiction d'exercer l'activité de chauffeur poids lourds de plus de 3,5 tonnes pour une durée de 5 ans. Les deux filiales de la SNCF sont elle condamnées à chacune pour et alors que la procureure n'avait requis aucune condamnation contre les filiales de la SNCF. Le tribunal a indiqué que et reprochait à la SNCF à la suite d'un premier rapport du BEA-TT. Les deux filiales de la SNCF font appel et le parquet décide donc de former . Le conducteur sera donc également rejugé.

Le procès devant la cour d'appel se tient du 23 au . La cour reproche à la SNCF de ne pas avoir fait interdire la circulation des poids lourds sur ce passage à niveau et dans son verdict du confirment les condamnations prononcées en première instance. Malgré l'engagement pris devant l'association des victimes par Guillaume Pepy, alors président de la SNCF de ne pas le faire, la SNCF, alors présidée par Jean-Pierre Farandou, se pourvoit en cassation.

Le , la cour de Cassation rejette le pourvoi et la SNCF est définitivement condamnée"Accident de train à Saint-Médard. La SNCF définitivement condamnée ", Ouest-France, 7 décembre 2021.

Suites 14 mois après l'accident, le PN11 est inscrit au Programme national de sécurisation des passages à niveau. Un radar automatique est installé près du passage à niveau et la route est élargie. Il est finalement condamné, un viaduc de de long, franchissant la voie ferrée et le canal, étant construit par le département en aval du passage à niveau et ouvert à la circulation en .. À la gare de Saint-Médard, un passage souterrain pour les piétons et cyclistes, construit par SNCF Réseau et servant aussi à la liaison des deux parties du bourg, est ouvert l'année suivante"Huit ans après le drame au passage à niveau, le viaduc de Saint-Médard-sur-Ille mis en service", Ouest-France, 21 décembre 2019

Références

Voir aussi

Articles connexes Liste d'accidents ferroviaires en France dans les années 2010 Liste des principaux accidents ferroviaires Passage à niveau en France

Liens externes

Rapport du Bureau d'enquêtes sur les accidents de transport terrestre (BEA-TT)

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