Luigi Razza, né le à Vibo Valentia et mort le au Caire, est un syndicaliste, journaliste et homme politique fasciste italien.

Il est le frère de Domenico Razza.

Biographie

Syndicaliste révolutionnaire et interventionniste Luigi Razza naquit à Monteleone di Calabria (aujourd'hui Vibo Valentia) de Leone et Carmela De Luca. Après sa petite enfance, son père, gardien de prison, fut muté à Noto, en Sicile, il entra au lycée « Di Rudini », dont il obtint le baccalauréat en 1912. Après ses études secondaires, il s'intéressa au syndicalisme révolutionnaire et fut envoyé dans les Pouilles comme dirigeant de l'Union Sindacale Italiana (USI) par Filippo Corridoni. Il écrivit dans L'Avanguardia, organe de l'Unione Sindacale Milanese (USM) fondée par Corridoni en mars 1913.

En 1914, il s'installa à Milan, où il obtint une licence en droit. Il y rencontra Mussolini, qui l'engagea comme rédacteur à Il Popolo d'Italia. Au début de la Première Guerre mondiale, il fut réformé à plusieurs reprises pour cause de douleurs thoraciques et de santé fragile ; ses frères Domenico et Giuseppe, nés à Monteleone respectivement le et le , furent également réformés pour la même raison. Malgré cela, il parvint à s'engager volontairement en 1916 avec le grade de sous-lieutenant dans la Brigade Volturno. Il combattit dans le Val Posina, dans le Trentin et sur le mont Cimone, où il reçut deux Croix de guerre pour sa bravoure. Durant cette période, il collabora activement aux journaux de tranchées.

Les premières années du fascisme Après la guerre, dans la ville libre de Trente, il devint rédacteur en chef du journal socialiste Il Popolo, fondé en 1900 par Cesare Battisti, et correspondant du Popolo d'Italia. Secrétaire du Faisceau d'action révolutionnaire interventionniste, il participa en 1919 à la fondation des Faisceaux de combat italiens et, en 1920, fut nommé secrétaire du Fascio de Trente. Il fut l'un des sansepolcristi à rejoindre la franc-maçonnerie nota 91.. Son frère Domenico Razza, également issu des rangs socialistes, adhérera au fascisme et deviendra en 1939 membre de la Chambre des faisceaux et des corporations pour le secteur de l'Agriculture.

Avec la montée du fascisme, Razza devint, après la Marche sur Rome, membre du Grand Conseil du fascisme et du Conseil national des Corporations. En 1923, il fut nommé vice-secrétaire général de la Confédération des corporations syndicales fascistes et en 1924 élu député sur la Liste nationale.

Carrière syndicale et politique vignette|336x336px|Luigi Razza dans les années 1930. En , la Confédération nationale des corporations syndicales fut scindée en six confédérations (industrie, agriculture, commerce, transports et navigation, banque, travailleurs maritimes et aériens, professions libérales et artistes). Razza devint secrétaire de la Confédération nationale des travailleurs agricoles. En 1929, il fut réélu député au Parlement italien puis, en 1930, fut nommé commissaire au sein du nouveau Commissariat aux migrations et à la colonisation intérieure, rattaché à la Présidence du Conseil des ministres. Il fut réélu député en 1934. L'apogée de sa carrière politique fut atteinte le , lorsqu'il fut nommé ministre des Travaux publics dans le gouvernement de Mussolini.

Mort Il resta en fonction jusqu'au , date de sa mort dans un accident d'avion au-dessus d'Almaza ( Le Caire ), alors qu'il se rendait en Érythrée. L'avion, parti de Guidonia, fit escale au Caire pour la nuit. Le matin du , dix minutes après le décollage, une explosion provoqua le crash de l'appareil, entraînant la mort des sept occupants (trois passagers et quatre membres d'équipage). L’incident provoqua immédiatement une vive émotion, y compris dans la presse étrangère, et l’on parla même d’attentat, mais les causes réelles ne furent jamais élucidées. De fait, la commission d’enquête dépêchée par le gouvernement italien déclara rapidement qu’il était impossible de déterminer les raisons de l’incident.

La ville coloniale de Massah, en Cyrénaïque, fut nommée en son honneur.

Entre syndicat et corporation : la pensée de Luigi Razza vignette|Monument à Luigi Razza à Vibo Valentia. |342x342pxHomme politique mais surtout organisateur syndical, Luigi Razza fut un des théoriciens de la structure corporative du régime. Dans une étude consacrée à l'action de Razza, l'historien Giuseppe Parlato écrit que « si l’on souhaite identifier un point fort de l’action politique et syndicale de Luigi Razza, il faut le reconnaître dans sa référence constante aux « origines » du syndicalisme fasciste ».

Selon Parlato, les origines de la pensée corporative de Razza « plongent leurs racines dans la culture du syndicalisme révolutionnaire, qui constitue à son tour – une fois dûment actualisé – le repère permanent à partir duquel Razza élabore sa propre vision syndicale et corporative. En réalité, cet élément forme le fil conducteur de la pensée du syndicaliste calabrais. Partant du célèbre « autogouvernement des catégories » issu de l’expérience syndicalo-révolutionnaire, Razza s’efforce de le concilier avec le « fascisme réalisé » des années 1930 » : « En filigrane, entre les lignes, transparaît la conviction que le syndicalisme détient une supériorité culturelle et politique par rapport aux solutions que Mussolini lui-même propose pour bâtir le système corporatif – une supériorité issue des études approfondies et de l’action intense menée par les syndicats avant l’avènement du fascisme. »Ayant identifié très tôt le rôle politique du syndicat, dans un article de mars 1921, Razza le qualifia d'« arène de culture prolétarienne » (« palestra di cultura proletaria »), faisant « ainsi référence, de manière significative, à cette pédagogie syndicale qui avait toujours constitué la force du syndicalisme révolutionnaire et qui se transmit ensuite au syndicalisme fasciste ».

Numéro deux de l’ensemble de l’appareil syndical fasciste, juste derrière Edmondo Rossoni, Razza approuva pleinement le projet de ce dernier de former un « syndicat unique », autrement dit un « organisme de producteurs capable de gérer à la fois la politique économique et la politique sociale ». Avec l’entière approbation de Razza, ce syndicat unique devait former un « front politique susceptible d’influencer tant la ligne de Mussolini que, surtout, les stratégies de la Confindustria (Confédération générale de l'industrie italienne), qui cherchait à établir un rapport direct avec le chef du gouvernement ».

En 1925, Razza posa deux questions incontournables : la reconnaissance juridique du syndicat fasciste et, surtout, l’attribution de nouvelles fonctions aux corporations syndicales :« Pour Razza, le syndicat ne devait plus se limiter aux seuls conflits collectifs ; il lui fallait acquérir un rôle dans la régulation de la production. Autrement dit, il voulait faire de la corporation l’organe économique central de l’État fasciste, capable de le transformer en un véritable État social. À défaut, prévint-il, il y aurait « pleine autonomie du syndicat ». La loi Rocco fit échouer cette ambition : par la réforme du ministre de la Justice, le droit de grève fut supprimé, privant ainsi le syndicat de son arme la plus puissante pour préserver son indépendance. »

Notes et références

Bibliographie

Pietro Neglie, Sindacalismo rivoluzionario e agitazioni contadine: ruolo e attività di Luigi Razza, Annali della Fondazione Ugo Spirito, XI (1999), pp. 123-130. Giuseppe Parlato, Luigi Razza. Tra sindacato e corporazione, Rivista calabrese di storia del '900, n°2, 2022. Giuseppe Parlato, La sinistra fascista: storia di un progetto mancato, Il Mulino, Bologna 2000.

Nazareno Salimbeni, Luigi Razza - Uomo da non dimenticare, Mapograf, 1998. Florence Fanto, La vita la politica a Vibo Valentia dal 1918 al 1940, Mapograf, 2003. AA. VV., In memoria di Luigi Razza, Stab. tip. del genio civile, Roma, 1935. Beneduci Carlo, Il monumento a Laugi Razza di Fortunato Longo tra storia, arte e società, Vibo Valentia Monteleone, 2005. Dotto Salvatore, Luigi Razza di Calabria: menzogna e delitto di Stato, Giarre, 2002. Razza Luigi, Pubblicazione in memoria di Luigi Razza a cura di Giuseppe Pisani, Vibo Valentia tip. G.Froggio, 1935. Lischi Dario, In memoria di Luigi Razza. A cura della Confederazione Fascista dei lavoratori dell'agricoltura di Pisa, Nistri Lischi, 1936.

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