vignette|Commémoration organisée en à Pierrefitte-sur-Seine en présence du maire, Michel Fourcade. vignette|redresse|L'Esclavage, statue de Jean-François Etcheto () au parc Beaumont de Pau. Sur le socle est inscrit : .

La Journée nationale des mémoires de la traite et de l'esclavage et de leurs abolitions (anciennement dite journée commémorative du souvenir de l'esclavage et de son abolition) est une journée nationale consacrée en France au souvenir des souffrances infligées par l'esclavage et à ses abolitions, en et en en France.

Instaurée en , elle est célébrée en métropole le en mémoire du jour de l'adoption, le , par le Sénat en deuxième lectureAprès son adoption définitive le , la loi tendant à la reconnaissance de la traite et de l'esclavage en tant que crime contre l'humanité est promulguée par le président de la République le et publiée au Journal officiel de la République française le ., de la loi reconnaissant l'esclavage comme un crime contre l'humanité, dite loi Taubira.

Choix de la date du La proposition de loi initiale de Christiane Taubira avançait le en référence à la condamnation par le congrès de Vienne, le , de la traite négrière transatlantique, . Faute de consensus, le choix de cette date est renvoyé à un comité..

La date de commémoration est l'objet de dix-huit mois de débats. L'historien Marcel Dorigny rappelle les raisons du choix de ne pas retenir le , ni le , dates respectives de la première (décret du ) et de la seconde (décret du ) abolition de l'esclavage en France..

Sur proposition de Maryse Condé, présidente du Comité pour la mémoire de l'esclavage, le président de la République, Jacques Chirac, fixe cette date au , jour de l'adoption en de la loi Taubira. En vertu du décret du Décret du fixant la date en France métropolitaine de la commémoration annuelle de l'abolition de l'esclavage, JORF, , , texte , NOR PRMX0609202D. la est célébrée pour la première fois le .

Autres dates

Outre-mer Toutefois, cette mémoire est aussi célébrée à d'autres dates dans les départements d'outre-mer. : le à Mayotte, le en Martinique, le en Guadeloupe, le en Guyane, le (fête de la liberté) à La Réunion.

Ces journées de commémoration, qui sont fériées outre-mer, sont instaurées par la loi du Loi du relative à la commémoration de l'abolition de l'esclavage, JORF, , , 1995. et par son décret d'application du Décret du relatif à la commémoration de l'abolition de l'esclavage, JORF, , , 3407... Ce décret est modifié par le décret du Décret du modifiant le décret du relatif à la commémoration de l'abolition de l'esclavage, JORF, , , texte , 7373, NOR OMEO1130763D.. qui ajoute : le à Saint-Martin, le à Saint-Barthelémy.

Dans une circulaire du relative à la traite négrière, l'esclavage et l'abolitionCirculaire du relative aux commémorations de la traite négrière, de l'esclavage et de leurs abolitions, JORF, , , texte , 7323, NOR PRMX0811026C., le Premier ministre, François Fillon, officialise également la date du comme la journée du souvenir des victimes de l'esclavage colonial, alors organisée depuis dix ans ce jour-là par des associations ultramarines en mémoire de l'abolition de l'esclavage le et de la marche silencieuse du qui a contribué à la mobilisation en faveur de la loi Taubira..

La loi sur l'égalité réelle outre-mer de instaure officiellement le comme « journée nationale en hommage aux victimes de l'esclavage colonial ».. L'historienne Myriam Cottias, qui a présidé, de à , le Comité national pour la mémoire et l'histoire de l'esclavage, déplore cette seconde date, estimant que cette double commémoration officielle porte en elle des mémoires , avec un pour les Blancs abolitionnistes et un pour les Noirs victimes : .

Journées internationales L'ONU fixe elle la « Journée internationale pour l'abolition de l'esclavage » au , alors que l'UNESCO retient le en souvenir de la nuit du au où éclata en Haïti une révolte d'esclaves, prélude à l'indépendance du pays. Le , l'Assemblée générale des Nations unies a proclamé par sa résolution 62/122 qu'à partir de , le serait chaque année la Journée internationale de célébration du bicentenaire de l'abolition de la traite transatlantique des esclaves..

Mémorial et musée Lors de cette journée le , le président de la République François Hollande annonce avoir décidé la création d'une . Cette , cette fondation doit diffuser et rassembler . Cette fondation doit réfléchir avec la mairie de Paris à l'édification d'un . L'économiste franco-béninois Lionel Zinsou préside la mission de préfiguration de cette fondation..

Deux ans plus tard, le , à l'occasion du de la signature du décret d'abolition de l'esclavage dans les colonies françaises, le président de la République Emmanuel Macron s'engage à faire ériger à Paris un mémorial qui rende hommage aux victimes de l'esclavage.

Échec du premier projet de mémorial dans le Jardin des Tuileries Un premier projet de mémorial est envisagé dans le jardin des Tuileries.. Le site est doublement symbolique puisqu'en , la Convention nationale y procéda à la première abolition de l'esclavage, tandis qu'en , à l'Hôtel de la Marine, proche du jardin, fut signé l'acte définitif d'abolition.

Un premier appel à projets est lancé en , puis annulé en . Plusieurs associations dont CM 98 contestent en effet la présélection de cinq artistes (les Français Julien Creuzet, Gaëlle Choisne et Jean-François Boclet, le Congolais Sammy Baloji en duo avec le Nigérien Emeka Ogboh, et une Afro-Américaine, Adrian Piper.), estimant que l'inscription des noms des affranchis en en Guadeloupe, Guyane, Réunion et Martinique n'était pas suffisamment prise en compte dans ce choix..

Lancement d'un nouveau projet dans les jardins du Trocadéro Deux ans plus tard, un second projet de mémorial est lancé, qui vise à mieux intégrer les demandes des associations mémorielles.

Son nouvel emplacement est décidé le , lors d'une réunion du comité de pilotage au ministère des Outre-mer, présidée par Philippe Vigier, ministre chargé des Outre-mer, et Serge Romana, président de la fondation Esclavage et Réconciliation. Ce sont les jardins du Trocadéro qui sont retenus..

Dans un communiqué, le ministère des Outre-mer et la ville de Paris soulignent que ..

Le , lors de la cérémonie officielle à la Rochelle, le Premier ministre Gabriel Attal déclare que le monument serait , soit le . Cependant le , lors de son audition par la délégation aux outre-mer de l'Assemblée nationale, Serge Romana, le co-président du comité de pilotage, estime que le délai de réalisation pourrait être plus long : ..

Le nouveau projet doit inclure un « archipel des noms », avec l'inscription de et d'esclaves affranchis en en Guadeloupe, en Guyane, à La Réunion, et en Martinique. Il rendra également hommage aux esclaves sans noms . Son coût est estimé à d'euros.

Le , Journée nationale en hommage aux victimes de l'esclavage, Emmanuel Macron, président de la République, annonce que la réalisation du projet est confiée au paysagiste Michel Desvigne et l'agence d'architecture Philippe Prost. Il souligne que ce mémorial ..

Faits marquants vignette|Sculpture Le Cri, l'Écrit de Fabrice Hyber au jardin du Luxembourg.

La journée du donne lieu chaque année à une cérémonie nationale. À quatre exceptions près (, , et ), cette cérémonie se déroule dans le jardin du Luxembourg, et depuis , autour de la sculpture commémorative Le Cri, l'Écrit de Fabrice Hyber, en présence du président de la République ou du Premier ministre, et du président du Sénat ou son représentant.

La première cérémonie nationale est présidée par le président de la République Jacques Chirac, dans le jardin du Luxembourg, à proximité du Grand Bassin, en présence de Christian Poncelet, président du Sénat. Elle est marquée par l'exposition La forêt des mânes de Léa de Saint Julien et l'interprétation par Jacques Martial d'un Cahier d'un retour au pays natal d'Aimé Césaire.

Dans son discours, Jacques Chirac proclame : .

C'est à l'occasion de la cérémonie du , qui se déroule juste après la victoire de Nicolas Sarkozy à l'élection présidentielle, que la sculpture commémorative Le Cri, l'Écrit de Fabrice Hyber est inaugurée dans le jardin du Luxembourg, en présence de Christian Poncelet, président du Sénat. La cérémonie est marquée par la participation des deux présidents de la République, Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy.

Le nouveau chef de l'État souligne dans son discours l'importance d'intégrer l'histoire de l'esclavage dans les manuels scolaires : ..

La cérémonie nationale a lieu pour la première fois hors du jardin du Luxembourg, à Bordeaux, en présence de Michèle Alliot-Marie, ministre de l'Intérieur, de l'outre-mer et des collectivités territoriales, et de Yves Jégo, ministre des Outre-mer, à l'occasion de l'inauguration des nouvelles salles permanentes du Musée d'Aquitaine baptisées Bordeaux, le commerce atlantique et l'esclavage.

Le président de la République Nicolas Sarkozy inaugure une stèle dans le jardin du Luxembourg, à proximité de la sculpture Le Cri, l'Écrit, rendant hommage de la France aux esclaves des colonies françaises pour leurs luttes pour leur dignité et l'idéal de liberté, l'égalité et la fraternité. Le président prononce à cette occasion un discours..

vignette|Mémorial ACTe de Pointe-à-Pitre.

La cérémonie nationale se déroule pour la seconde fois hors du jardin du Luxembourg, en Guadeloupe, où le président François Hollande inaugure le mémorial ACTe de Pointe-à-Pitre.

La cérémonie parisienne a lieu dans le jardin du Luxembourg, en présence de Manuel Valls, Premier ministre, et Gérard Larcher, président du Sénat. Elle est précédée par un concert de Daby Touré sous le kiosque à musique et inclut une visite de l'exposition du CNMHE Traites, travail forcé et abolitions dans le monde atlantique (/), sous le préau du jardin.

Cette cérémonie est marquée par une prise de parole du président de la République. Emmanuel Macron confirme qu'un mémorial sera érigé à Paris, en , à la mémoire des victimes de l'esclavage et que la Fondation pour la mémoire de l'esclavage (FME) sera installée dans l'Hôtel de la Marine, à Paris. Le président déclare également un renforcement des moyens pour le Mémorial ACTe de Guadeloupe..

Marquée la pandémie de Covid-19, la cérémonie se déroule à huis clos, dans un format très restreint, en présence du Premier ministre Édouard Philippe et du Président du Sénat Gérard Larcher. Très brève, elle se limite à un dépôt conjoint de deux gerbes au pied de la sculpture, suivi d'une minute de silence et d'une Marseillaise interprétée par Karine Deshayes..

La cérémonie se déroule en présence d'Emmanuel Macron, du président du Sénat Gérard Larcher, et du président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand, et en absence de public, en raison de la pandémie de Covid-19. À l'occasion du de la loi Taubira, la comédienne guyanaise Yasmina Ho You Fat lit une partie du discours prononcé par l'ancienne Garde des Sceaux devant l'Assemblée nationale en . L'air traditionnel guadeloupéen « » est interprété par deux lauréats du concours « Voix des Outre-mer » et plusieurs projets sont présentés par les lycéens lauréats du concours la Flamme de l'égalité.

La cérémonie met à l'honneur la mulâtresse Solitude, symbole de lutte des esclaves pour leurs libertés, et Joséphine Baker, première femme noire à être entrée au Panthéon. Des évocations musicales et littéraires sont interprétées par la chanteuse réunionnaise Christine Salem et par les lycéens lauréats du concours de la Flamme de l'égalité. La cérémonie présidée par Emmanuel Macron, se déroule en présence de Gérard Larcher..