La Ligue républicaine de la défense nationale à outrance est une association républicaine proche du mouvement blanquiste fondée en lors du Siège de Paris.

Histoire

Fondation et organisation Entre octobre et , en plein Siège de Paris, la Ligue républicaine de la défense nationale à outrance est fondée à l'initiative des principales figures du Comité de vigilance du 1er arrondissement : Eugène Châtelain, Napias-Piquet, Constant Martin ainsi que Théodore Sapia, dans l'orbite du Comité central républicain des Vingt arrondissements. Le but de la Ligue serait non seulement « la résistance à outrance, tant contre les Prussiens que contre les ennemis de la République », mais aussi de jouer un rôle analogue à celui du Club des jacobins de 1793. Le socialiste Émile Leverdays explique en effet : « C'est le défaut d'organisation qui a toujours perdu la démocratie ; qu'elle sache une fois se discipliner, rien ne lui résistera. In hoc signo vinces. Dès à présent qu'elle le fasse à Paris, et, aussitôt, les communications rétablies entre la tête de la France et ses membres, que le mouvement rayonne en tous sens, dans toutes les villes de nos provinces. De même qu'autrefois l'affiliation des Jacobins, la Ligue républicaine de la défense nationale à outrance, après avoir sauvée l'honneur et l'indépendance de la patrie, sauvera aussi l'avenir de la Révolution. »Fixée au domicile d'Eugène Châtelain, au 129 rue Saint-Honoré, la Ligue reçoit les adhésions aux locaux du journal de Blanqui La Patrie en danger au 78 rue d'Aboukir (2e arrondissement), par Antoine Arnaud dans le 3e, Garnier dans le 4e, Édouard Roullier dans le 5e, par Charles Beslay pour le 6e, et par les comités pour les 8e, 9e et 10e. Selon Maurice Choury, la Ligue est alors un « point de rencontre pour les blanquistes et les internationaux. »

Le journal La Résistance : journal de la Ligue républicaine La Ligue s'organise dans les arrondissements de Paris et son animateur dans le 14e, Théodore Sapia, réussit à prendre la direction du journal La Résistance fondé par le tailleur de pierre Henri (Hélie) Myard (1825-?). Le journal paraît d'abord comme « Organe démocratique et socialiste du XIV arrondissement, Rédaction administration, Myard, 10 rue de la Maison-Dieu » et se transforme progressivement à partir du numéro 5 en « Journal de la Ligue républicaine, secrétaire Hourtoule, 42 rue du Château » avec changement au numéro 9, de secrétaire et de domiciliation, puis au numéro 12, une nouvelle domiciliation au 19, faubourg St-Denis. vignette|410x410px|La Résistance, journal de la Ligue républicaine, n°8 du 8 décembre 1870.

Branches et ramifications Le , la Ligue ouvre, dans les locaux de l'École Turgot, un Club de la solidarité qui fait appel à la participation des inventeurs pour organiser la défense nationale et qui, le , à la suite de la proposition du dénommé Blanc, adopte la motion suivante : « En présence de la France en danger, toutes les inégalités doivent disparaître et pour sauver la patrie il est urgent de proclamer le rationnement absolu et gratuit de tous les aliments qui existent dans Paris. La communauté du danger et des besoins impose la communauté en vivres. »Aussi, la Ligue est contrainte de se développer parallèlement à un Club central du Comité républicain socialiste des vingt arrondissements de Paris ayant installé son siège dans les mêmes locaux que la Ligue et disposant d'un Comité directeur similaire composé de Châtelain, Napias-Piquet, Arnaud, Garnier, Jean-Louis Pindy et Jean-Baptiste Dumay.

Déclaration

Préambule « La Ligue républicaine de la défense à outrance fait appel à l'initiative individuelle de tous les véritables républicains. L'heure suprême est venue ! Tous nous avons le droit de défendre la République et nos foyers comme nous l'entendons. Ce droit est au-dessus de tous les autres. Elle engage tous les hommes énergiques à se grouper, à constituer leurs cadres et à faire adhésion à la Ligue républicaine. Ils devront élire un chef et un sous-chef de section par dix hommes, et un chef et un sous-chef de groupe par cent hommes. Les groupements se feront par groupes ou par compagnies. Tous les cahiers d'adhésion devront porter en tête l'engagement ci-dessous et mentionner les noms, prénom, adresse, bataillon, compagnie et profession de chaque adhérent. Tous les cahiers d'adhésion devront être adressés au siège de la Commission, 129, rue Saint-Honoré. »

Engagement « Les adhérents de la Ligue républicaine de la défense à outrance s'engagent à défendre la République et la Patrie et s'opposent à toute idée d'armistice et de traité de paix avec l'ennemi tant qu'il occupera le territoire français, de quelque part qu'elle vienne. Ils déclarent qu'ils luttent pour la liberté du monde et l'avènement de la République universelle. Ils s'engagent, en outre, à reconnaître les chefs, essentiellement révocables, qu'ils auront élus et à se conformer au règlement dont ils ont eu connaissance et qu'ils ont librement accepté. Ils prennent pour mot de ralliement la devise républicaine de 1793 : « La République ou la mort. » »

Membres

Eugène Châtelain

Claude Dominique Napias Charles Beslay Édouard Vaillant Constant Martin Émile Leverdays (1822-1890) Théodore Sapia Eugène Dupas (1820-1882) Pierre Girard

Notes et références

Sources primaires

Émile Leverdays, La résistance à outrance et la ligue républicaine, Paris, Berthélemy, 1870.

Sources numériques

Pierre-Henri Zaidman, Pierre Théodore Emmanuel Sapia : Aux origines de la Commune, un blanquiste inconnu, Partie 1, Gavroche, revue d'histoire populaire, n° 121, janvier-février, 2022.

Bibliographie

Jean Dautry, Lucien Scheler, Le Comité central républicain des vingt arrondissements de Paris, septembre 1870-mai 1871: d'après les papiers inédits de Constant Martin et les sources imprimées, éditions sociales, 1960. Maurice Choury, La Commune au cœur de Paris: d'après les documents inédits de la Préfecture de police, les Archives nationales, les Archives historiques de l'armée et les sources imprimées, éditions sociales, 1967, pp.104-105.

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