Une spirale de pureté (en anglais : purity spiral) est un concept sociologique développé par les sociologues Bradley Campbell et Jason Manning dans leur ouvrage paru en 2018, The Rise of Victimhood Culture. Il désigne une dynamique de groupe au sein de mouvements idéologiques, politiques ou religieux, par laquelle les membres rivalisent de zèle, ce qui conduit à la condamnation et à l'exclusion de leurs propres membres pour des écarts de « pureté moral » (en anglais : moral purity) plus en plus infimes par rapport aux normes du groupe.
Selon ces auteurs, ce phénomène s'inscrit dans l'émergence d'une « culture de la victimisation » (en anglais : victimhood culture), où le statut moral d'un individu tendrait à être évalué en fonction de son degré d'oppression perçue. Dans ce cadre, la spirale de pureté s'articule autour des notions de privilège et d'identité. Campbell et Manning avancent que la concurrence pour faire valoir son statut de victime pousse les militants à s'en prendre à des membres de leur propre camp. Ainsi, des personnes elles-mêmes issues de groupes marginalisés peuvent se voir reprocher de détenir des privilèges inavoués ou de manquer de pureté militante.
Les sociologues soulignent que cette mécanique s'auto-entretient par la peur de l'ostracisme, engendrant un climat de surveillance mutuelle et d'autocensure parmi les militants. Ils concluent que, bien que ces purges internes visent à maintenir l'intégrité idéologique du mouvement, elles s'avèrent paradoxalement contre-productives : en s'aliénant des alliés et des personnalités influentes, ces groupes épuisent leurs membres, favorisent les scissions internes et entravent leur capacité à étendre leur base de soutiens.
Références
Bibliographie
Catégorie:Concept sociologique