Guillaume Faye, né le à Angoulême et mort le dans le ., est un essayiste, journaliste et théoricien politique d'extrême droite français.
Dans les années 1970-1980, il est l’un des principaux théoriciens de la Nouvelle Droite, dans le cadre du Groupement de recherche et d'études pour la civilisation européenne (GRECE). Il rompt un temps avec la politique et travaille notamment comme animateur de radio sur Skyrock, sous le pseudonyme de Skyman. À partir de 1998, il revient dans le débat des idées politiques, en contribuant à la création et au développement de ce qui va devenir la mouvance identitaire.
Il est l'inventeur des concepts d'« ethnomasochisme » et d'« archéofuturisme ».
Biographie Jeunesse et études Guillaume Faye naît le . à AngoulêmeChapô de .. En 2001, à l'occasion d'un long entretien, il déclare : .. Il dit avoir été d'abord situationniste.
Il est diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris (section Service public, promotion 1973). et indique être . À Sciences Po, après le départ de Jean-Yves Le Gallou., il anime de 1971 à 1973 le Cercle Pareto.
Premier passage au (1970-1986) thumb|upright|gauche|Guillaume Faye intègre le (logo) en 1970.
Guillaume Faye milite au GRECE à partir de 1970, à l'invitation de Dominique Venner. Influencé durant cette décennie par Henri Lefebvre., il est alors l'une des principales plumes du où il traite les problèmes économiques et occupe le poste de secrétaire aux études et recherches.. Il contribue à diffuser certains des grands thèmes des extrêmes droites radicales des années 1970-1980 : défense de l'« identité » culturelle et biologique contre le métissage, euro-fédéralisme, soutien à l'Iran de Khomeini, antisionisme, etc. D'après le sociologue Michel Wieviorka, . Il est notamment secrétaire général de l’Association de défense des travailleurs immigrés arabes en Europe. En fait, il prône le de ces travailleurs immigrés, pour et . À l'été 1979, il participe au « serment de Delphes », qui, dans le cadre d'un de la en Grèce, réunit une trentaine de cadres néo-droitiers..
Parallèlement, au début des années 1980, il dispense des cours de sociologie de la sexualité à l’université de Besançon.
D'après Nicolas Lebourg, il joue le . Robert Steuckers, ancien membre du , considère qu'il est . Il manifeste également une préoccupation pour le thème de la modernité , qu'il redéfinit comme la redécouverte du passé des cultures holistes, antérieur à la conscience chrétienne, et comme . Nicolas Lebourg ajoute qu'il .. Philippe Lamy relève qu'il prend en 1985 la défense de l'ouvrage de Jean-Yves Le Gallou, La Préférence nationale, réponse à l'immigration, .
Guillaume Faye crée le collectif Avant-guerre, destiné à développer des projets artistiques, dans un style qui annonce déjà son futur concept d'« archéofuturisme ». En 1984, en compagnie du peintre Olivier Carré et de la sœur de ce dernier, il enregistre une cassette, Scène de chasse en ciel d'Europe. Le scénario, inspiré de l'incident du Vol Korean Air Lines 007 en 1983, narre le prélude de l'affrontement entre l'« Occident décadent et cosmopolite » et la Fédération, « notre immense patrie aux cent-treize provinces ». La cassette est diffusée dans un premier temps sur plusieurs radios libres. Elle donne lieu, en 1985, à une bande dessinée, Avant-guerre, dont le scénario est écrit par Guillaume Faye et les planches réalisées par Éric et Jean-Marc SimonAvant guerre, fiche sur bedetheque.com.
Départ du GRECE Selon Nicolas Lebourg, Guillaume Faye aurait été exclu du GRECE fin 1986, et son éviction aurait été notamment causée par ses références à Jean Thiriart.. Selon Robert Steuckers, en revanche, Guillaume Faye serait parti de lui-même en avril-, en raison de désaccord sur l'évolution du GRECE et de la façon dont il était traité par Alain de Benoist.. Il justifie ainsi son départ : . Plus tard, il publie dans son ouvrage L'Archéofuturisme (1998) un mémorandum, dans lequel il souligne les responsabilités d'Alain de Benoist dans ce qu'il considère comme l'échec de la « nouvelle droite ». Il estime qu'elle s'est enlisée dans des « impasses », telles un paganisme folklorique, un « gauchisme révisé », ou un « fétichisme pour des mots creux ». Il estime que le concept de nouvelle droite a fait faillite car « désormais grevé de trop d’ambiguïtés ».
En 1987, il donne une dernière conférence au nom du , à Bruxelles, sur la , qu'il présente comme le totalitarisme mou de la démocratie. Le politologue Stéphane François indique que .
Durant la période où il est membre du , outre sa participation à Éléments et à Nouvelle École, il travaille comme journaliste au Figaro Magazine, à Paris Match, à VSD., et est animateur sur La Voix du Lézard.
Après avoir quitté le GRECE, Guillaume Faye participe aux activités de Ker Vreizh, une « maison bretonne » située dans le quartier Montparnasse à Paris, animée par Yann-Ber Tillenon et Goulven Pennaod. Ce groupe breton édite alors la revue Diaspad, au sein d’un « Cercle Maksen Wledig », nom celtique de l’empereur romain Maxence. La même année, Faye publie, avec l’aide de deux de ses amis, Bertrand Burgalat et Falavigna, un journal, J’ai tout compris, qui ne publiera que quatre numéros. Mais il va désormais s'éloigner du combat politique pour une longue période.
Excursion hors de la politique (1987-1997) De 1987 à 1997, Guillaume Faye se tient éloigné de la politique. Grâce à l'amitié de Pierre Bellanger, PDG de Skyrock, il anime à partir de 1990 la nouvelle émission matinale (« Les Zigotos ») de la station sous le pseudonyme de Skyman, aux côtés d'Arthur puis de Bruno Roblès, alors que son identité réelle est inconnue des auditeurs. D'après Emmanuel Lemieux, son programme . Il collabore également à L'Écho des savanes, écrit des scénarios pour des bandes dessinées. Il participe à l'émission Télématin sur France 2 de 1991 à 1993. Il participe également aux premiers numéros de la revue Gaie France, journal homosexuel néonazi et ouvertement pédophile, et défend l' au nom du paganisme...
L'un de ses plus célèbres canulars est une mise en scène consacrée à l'art contemporain. Faye se présente à une galerie d'art sous l'identité d'un artiste-peintre lituanien imaginaire, ami personnel du nouveau président de la Lituanie dé-soviétisée. En vingt-quatre heures, Faye et deux de ses amis, tous trois fortement alcoolisés, peignent une vingtaine de toiles, représentant des phallus en érection. Le lendemain, ils exposent les toiles dans la galerie. Un public nombreux, composé de critiques d'art et d'amateurs, afflue à l'exposition, et la plupart des toiles sont vendues au prix fort. Le jour suivant, Faye et ses amis remboursent les acheteurs en expliquant qu'il s'agissait d'un canular.
Référence de la mouvance identitaire (1997-2019) Réintégré au GRECE en 1997. où il rejoint le courant animé par Pierre Vial, il tient un discours nettement plus virulent sur la question raciale et fortement islamophobe. Nicolas Lebourg qualifie ce changement d'orientation de « retour aux positions d'Europe-Action ». Pour Stéphane François, .
À partir de 1998, il publie plusieurs livres de réflexion qui font de lui l'un des principaux inspirateurs de la mouvance identitaire. Ses nouvelles positions sont très éloignées de la ligne tiers-mondiste et anti-occidentale qu'il défendait lors de son premier passage au Voir par exemple son article « Pour en finir avec la civilisation occidentale », Éléments , avril 1980., quand il prônait la création d'un axe Europe-tiers-monde pour lutter contre l'hégémonie américaine. Il se distancie ensuite de l'anti-américanisme de la Nouvelle Droite, qu'il avait lui-même largement contribué à théoriser. Pour lui, désormais, l’Amérique n'est que l'adversaire principal et non plus l'ennemi principal, qui, lui, « est composé des masses allogènes qui colonisent l'Europe, de tous ses collaborateurs (États étrangers ou cinquième colonne) et de l'islam ». Il faut donc, selon lui se différencier des États-Unis et « pratiquer l'euro-centrisme » pour fonder une Europe forte et unie afin de traiter avec eux en égal et non en vassal.. Il vice-préside l'association Breizheurop..
Dans L'Archéofuturisme, paru en 1998, il appelle à et fait l’éloge de la « mentalité européenne » faustienne qui se manifesterait dans .. Nicolas Lebourg estime que le concept . Stéphane François juge quant à lui qu'il . Guillaume Faye y déplore par ailleurs que le n'ait pas pratiqué l'entrisme au sein du Front national plutôt que de s'opposer à lui, ce qui aurait ainsi empêché selon lui que des cadres du tels que Pierre Vial et Jean Mabire ne se rallient au parti lepéniste. Alain de Benoist commente durement l'ouvrage« Je lis, rapidement, L'Archéofuturisme, de Guillaume Faye. Comme dans tous les livres qui, depuis au moins un siècle, relèvent de la rhétorique de l'urgence, le style est haletant et l'avenir exclusivement conçu sous forme d'apocalypse (la “conjonction des catastrophes”). Ce qui frappe, c'est la façon dont l'auteur ne trouve rien à opposer à l'époque actuelle qui n'en soit pas la surenchère, qui n'en représente pas l'intensification : contre l'univers de la maîtrise et de l'aliénation de soi, toujours plus de volonté de domination ; contre la démonie technicienne, encore plus de déchaînement technicien ; contre le primat de l'efficience et le matérialisme pratique, les idées réduites à leur seule valeur instrumentale ; contre la montée de l'intolérance, le recours à l'exclusion généralisée ; contre le mouvement pour le mouvement, la fuite en avant. Rien d'“archaïque” ni de “futuriste” ici, ni même de postmoderne, seulement l'exponentielle de la modernité et tous les ingrédients de l'autodestruction. Pour finir, Faye dépeint un univers de fiction où je n'aimerais pas vivre. Prométhée contre Zeus : en termes jüngeriens, un tel livre se situe du côté des Titans », cf. Dernière année, notes pour conclure le siècle, éd. L'Âge d'Homme, 2001, 183..
En 1999, il prend la parole au Club de l'horloge — il le fera une nouvelle fois en 2002. En 2000, il publie La Colonisation de l'Europe qui connaît un succès important dans les milieux identitaires.. Nicolas Lebourg relève qu'il y et résume sa thèse selon laquelle . Il y affirme également la supériorité de la civilisation européenne sur les autres. Pour le politologue Stéphane François, cet ouvrage lance le thème du refus de l'islam au sein de la mouvance identitaire. Avec ce livre, Guillaume Faye et son éditeur sont condamnés chacun à d’amende par la chambre correctionnelle de Paris pour incitation à la haine raciale.
D'après Stéphane François, son livre intitulé Pourquoi nous combattons. Manifeste de la Résistance européenne (Paris, L'Æncre, 2001), .. Guillaume Faye présente lui-même son livre comme . Le Bloc identitaire choisit le sanglier comme logo en référence à la couverture de l'ouvrage..
Dans Avant-guerre : chronique d'un cataclysme annoncé (2002), le sociologue Michel Wieviorka note que . Dans un article publié sur son site en 2015, il défend l'idée que les États-Unis soutiendraient les islamistes et l'État islamique.. Dans un chapitre intitulé , Guillaume Faye se situe comme et . Tout en reprenant, selon Michel Wieviorka, , il estime que et que la : . Il cite également William Luther Pierce, selon Michel Wieviorka. Stéphane François relève qu'à l'extrême droite, Guillaume Faye n'est pas le seul à adopter une attitude « philosémite » par haine de l'islam, mentionnant .
En 1999, il signe pour s'opposer à l'intervention de l'OTAN dans la guerre du Kosovo la pétition « Les Européens veulent la paix », initiée par le collectif d'extrême droite Non à la guerre..