Trapèze est le onzième album studio de Jean Guidoni, paru le chez Wagram.
Conçu après sa rupture avec son premier parolier et son agent artistique, l'album marque une évolution de son univers artistique vers une expression plus introspective et personnelle. Les paroles sont principalement écrites par les écrivains Marie Nimier et Jean Rouaud, la dramaturge Éléonore Weber ainsi que par Guidoni lui-même. La musique est composée en grande partie par Daniel Lavoie, Édith Fambuena et Annika Grill. Le musicien Christophe Mali (du groupe Tryo) intervient également comme auteur-compositeur d'une chanson. La réalisation artistique et les arrangements ont été confiés à Édith Fambuena.
Sur le plan musical, Trapèze se distingue par une orientation plus pop rock que les précédents spectacles de Guidoni, ainsi que par une interprétation vocale moins théâtrale et plus feutrée. Les chansons abordent notamment les thèmes de la fatalité, du temps qui passe, de l'idée de néant et de la mort. Plusieurs titres relèvent de l'autoportrait, tandis que d'autres s'inspirent de personnages légendaires empruntés à des d'œuvres littéraires.
À sa sortie, l'album est bien accueilli par la critique. Il est aujourd'hui présenté comme une étape importante dans le renouvellement artistique de Jean Guidoni.
Historique Genèse
Au début des années 2000, Jean Guidoni est à un tournant de sa carrière. Après de courtes retrouvailles avec son parolier Pierre Philippe à la toute fin des années 1990, il arrête définitivement de travailler avec lui, puis rompt aussi sa collaboration avec son fidèle agent artistique Marcel Rothel (qui le suivait depuis ses débuts dans la chanson). Interviewé par le journaliste Bertrand Dicale, le chanteur lui explique qu'il souhaite rompre également avec son passé d'interprète théâtral au service de communautés marginalisées, pour s'orienter vers une chanson plus introspective :
Suite aux mauvaises ventes de son précédent album studio Vertigo, le Toulonnais n'a plus de maison de disques et il commence à rédiger, durant l'hiver 2002, la suite de son autobiographie intitulée Chanter n'est pas jouer. Alors qu'il écoute France Inter, il tombe sur une émission avec l'écrivain Jean Rouaud qui exprime son désir d'écrire des chansons. Il décide alors de le contacter, par l'intermédiaire de l'éditeur musical Laurent Balandras, et un rendez-vous est organisé au cours duquel il rencontre également l'autrice Marie Nimier qui travaille en binôme avec Rouaud. Le couple d'écrivains commence à lui imaginer quelques textes, et l'équipe demande au musicien canadien Daniel Lavoie d'en composer la musique. Du au , leurs premières chansons sont créées sur la scène du théâtre Silvia-Monfort, dont Le Miroir et Maman, maman. Quatre nouveaux textes sont ensuite écrits par Guidoni lui-même sur des compositions d'Édith Fambuena (ex-Valentins) et d'Annika Grill, complétés par trois autres titres signés respectivement par le jeune auteur Léo Arthaud, Christophe Mali (du groupe Tryo). et la dramaturge Éléonore Weber qui venait de concevoir cinq textes pour l'album des Valentins.. Après avoir été signé sur le label indépendant Wagram., Jean Guidoni part à Beyrouth en , pour créer l'album sur scène..
Enregistrement et production vignette|droite|La guitariste Édith Fambuena (à gauche) a réalisé les arrangements et la programmation de l'album.|alt=Vue en pied de deux guitaristes devant un pied de micro, lors d'une émission de télévision. L'album est réalisé et arrangé en grande partie par la guitariste et productrice Edith Fambuena, membre du duo pop rock Les Valentins. avec lequel Jean Guidoni rêvait de collaborer. Il les rencontre et le groupe commence à travailler sur les arrangements de deux chansons. Ravi du résultat, le chanteur se souvient qu'ils . Entre temps, les Valentins se séparent., mais la guitariste décide de continuer le travail déjà effectué, en apportant à ce nouvel opus..
Musicienne réputée et très demandée, notamment par Etienne Daho., Édith Fambuena a fait également une forte impression à Alain Bashung. Selon ce dernier : , pouvant être . De tels qualificatifs peuvent aussi s'appliquer aux qui caractérisent ce disque, à base de guitares évoquant les Shadows, de sons distordus, bruits de vent, crépitements., grésillements de cymbales et claviers fantomatiques. Les arrangements ont été inspirés par de courtes nouvelles écrites par Guidoni, que l'on retrouve en vis-à-vis des paroles de chaque piste dans le livret de l'album, et qui correspondent à l' bâti par le chanteur à partir de chaque chanson achevée.
Placé sous la houlette de l'ingénieur du son Jean-François Delort, l'enregistrement s'est déroulé à Paris, durant les mois de et . Les instruments ont été enregistrés au studio Davout où l'album a été mixé, et les prises de voix ont été effectuées au studio Garage.
Parution et accueil Publié par Wagram Music, l'album sort le .. Aucun single commercial ne voit le jour, hormis des éditions promotionnelles de Je reviens de loin. et La Farce bleue..
La critique accueille plutôt favorablement ce nouveau disque, beaucoup plus pop que les précédents opus du Toulonnais. Olivier Horner, du quotidien Le Temps, décrit un album et un répertoire qui .. Le Monde dresse l'historique de sa création et le chanteur y est présenté comme un qui a . Quelques chansons sont spécialement mises en exergue comme Pise () ou La Farce bleue (). Emmanuel Marolle du Parisien est également enthousiaste et dépeint un , qui .. Dans L'Humanité, Victor Hache constate que Jean Guidoni a renoncé à son et qu', avant de saluer ce .. Le webzine Acid Magazine évoque, quant à lui, un album qui .. Plus mesuré, Daniel Pantchenko semble acter, dans la revue Chorus, le fait que le chanteur sacrifie à la , et il termine sa critique par l'énigmatique :
Une dizaine d'années plus tard, Patrice Demailly de Libération est au contraire frappé par cette , tout en remarquant que les paroles cachent une ..
Caractéristiques artistiques Paroles et musique
Les paroles sont écrites en majorité par le duo Marie Nimier et Jean Rouaud ou par Jean Guidoni. Sous des dehors légers, les chansons sont plutôt sombres et s'articulent autour du thème de la fatalité.. Les textes écrits par Marie Nimier s'inspirent parfois de ses propres travaux littéraires, comme La Naïade qui s'intitulait au départ Sirène, titre du premier roman de l'autrice. Le chant de Guidoni y est comparé à celui des dangereuses sirènes de la mythologie grecque. L'Ogre, basé sur l'un des rêves de Marie Nimier retranscrit par la suite dans son roman La Reine du silence., dépeint un inquiétant croquemitaine pédophile., et rappelle des chansons plus anciennes écrites par Pierre Philippe.
Contrairement aux textes de Vertigo qui traitaient surtout de sujets politiques ou sociaux., de nombreuses chansons de Trapèze relèvent de l'autoportrait. Dans le refrain de Je reviens de loin, le Toulonnais évoque la , tandis que Pise et surtout Le Miroir s'interrogent sur le temps qui passe, auquel aucun artiste ne peut échapper. Après Le Commandeur (1993) qui rendait hommage à son père disparu, Maman, maman transcrit l'émotion causée par le décès de sa mère. Le spectre de la mort hante également Dernier Bal et la crépusculaire chanson-titre qui décrit une chute . Plus métaphysique, Néant, néon est une réflexion sur dont l'idée a été suggérée au couple Nimier-Rouaud par l'interprète. Co-écrit avec Marie Nimier, le morceau caché Chanter sur le Titanic se moque de façon ironique de l'ancien répertoire du chanteur, avec une voix de qui contraste avec le timbre tamisé qu'il dévoile sur ce disque.
En effet, Jean Guidoni, aidé par Annika Grill, a totalement changé sa manière de chanter pour cet album. Abandonnant temporairement la voix sonore et très articulée qui le caractérise., il opte pour un timbre grave, feutré, qui le rapproche de la nouvelle scène française incarnée entre autres par Benjamin Biolay, Bénabar ou Vincent Delerm.. La musique, nettement plus rock et électrique, que celles des précédents spectacles de l'artiste a été écrite pour moitié par Daniel Lavoie, un musicien avec qui il désirait travailler et dont il aimait les mélodies.. La plupart des autres compositions sont signées par le duo Édith Fambuena et Annika Grill, rejointes par Christophe Mali pour Thé de Chine. Ce dernier profite alors d'une pause de son groupe Tryo pour se remettre au piano afin d'écrire cette unique chanson..
Titre et pochette vignette|redresse=1.1|droite|Le titre est un hommage au film Trapèze (1956) de Carol Reed.|alt=Capture d'écran recadrée d'un film en couleur montrant trois acrobates monté sur un trapèze de cirque. C'est en revoyant le film Trapèze de Carol Reed, avec l'actrice italienne Gina Lollobrigida, que le chanteur a eu l'idée de donner son titre à l'album. La métaphore de l'acrobate perché sur ses agrès sous un traverse d'ailleurs la deuxième strophe de la chanson-titre, et rappelle aussi les choix scéniques effectués par l'artiste tout au long de sa carrière, notamment sur les pistes circulaires du Théâtre en Rond en 1980. ou du Cirque d'Hiver en 1985., où il n'avait pas peur de se mettre en danger.
La photo de pochette en noir et blanc, due au photographe Christophe Gstalder, montre Jean Guidoni de profil, la tête basse et sans maquillage. Assis dans un fauteuil, il tient une cigarette de la main droite et sa silhouette massive contrastée se détache sur un mur gris clair. On retrouve ce même mur écaillé dans l'habillage graphique du livret orné de nombreuses photos également prises par Christophe Gstalder, qui faisait à l'époque équipe avec le graphiste Fabrice Fournier alias Fifou., responsable de la mise en page de l'album pour l'agence Fly.K. Cette pochette d'une grande sobriété reflète le contenu du disque, et détonne par rapport à certains des précédents visuels du Toulonnais qui étaient parfois beaucoup plus provocateurs.
Fiche technique Liste des chansons
Crédits Musiciens
Jean Guidoni : chant Édith Fambuena : guitares, programmation Raphaël Drouin : piano, rhodes, accordéon, programmation Annika Grill : chœurs, programmation Alain Ekpob : basse, chœurs Philippe Entressangle : batterie, percussion Jérémy Maillard : violoncelle
Équipe de production
Édith Fambuena : arrangements, réalisation artistique Raphaël Drouin : arrangements Annika Grill : coaching voix Jean-François Delort : prise de son et mixage Romain Della Val, Mathieu Bameulle : assistants prise de son et mixage Tom Coyne : mastering Christophe Gstalder : photos du livret (pour Fly.K) Fifou : graphisme (pour Fly.K)Crédits du CD .
Notes et références Notes
Références
Annexes Bibliographie . . . .
Liens externes Ressources relatives à la musique :
Catégorie:Album de Jean Guidoni Catégorie:Album musical sorti en 2004